Circoncision: le parti danois au pouvoir divisé risque la dissolution
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Circoncision: le parti danois au pouvoir divisé risque la dissolution

Près de 50 000 personnes ont signé une pétition pour interdire la circoncision non médicale, la qualifiant de violation des droits de l'enfant et contraire à la culture européenne

Image illustrative d'une brith mila britannique à Jérusalem le 12 décembre 2011. (Yonatan Sindel / Flash90)
Image illustrative d'une brith mila britannique à Jérusalem le 12 décembre 2011. (Yonatan Sindel / Flash90)

JTA – Un vote imminent au parlement danois sur la circoncision non médicale des garçons risque de causer la dissolution du parti au pouvoir, ont rapporté les médias locaux.

Le conflit interne concerne une pétition mise en ligne en février,  appelant à une interdiction de la pratique. La pétition a reçu 92 pour cent de l’objectif de ses auteurs, à savoir recueillir 50 000 cosignataires en août. Dans l’éventualité d’atteindre ce nombre, la pétition deviendra un projet de résolution sur lequel le parlement pourra voter.

Le mois dernier, le ministre de la Défense, Claus Hjort Frederiksen, du parti centriste Venstre, a déclaré que son parti voterait contre la résolution, a rapporté le journal Berlingske. Mais plusieurs membres affirment qu’ils voteraient en faveur, selon le rapport. Si ces derniers quittent le parti, cela pourrait mettre en péril la coalition.

Dans toute l’Europe, les coutumes juives et musulmanes de la circoncision non médicale sont attaquées par des libéraux qui affirment qu’il s’agit c’est une violation des droits de l’enfant et les nationalistes prétendent qu’elle est étrangère à la culture européenne.

En plus de Venstre, le Parti libéral et le Parti populaire conservateur ont déclaré qu’ils s’opposeraient au projet de résolution basé sur la pétition, a déclaré mardi le rabbin Pinchas Goldschmidt, président de la Conférence des rabbins européens. Mais les deux autres partis ont déclaré qu’ils autoriseraient leurs législateurs à voter librement sur la question, a rapporté Berlingske.

« C’est un signe encourageant », a déclaré Goldschmidt, qui se trouve cette semaine à Riga, la capitale lettone, avec le comité permanent de son organisation pour discuter de la protection de la circoncision et d’autres pratiques religieuses en Europe.

Le débat au Danemark coïncide avec les délibérations en Islande sur un projet de loi qui a été présenté cette année pour interdire la circoncision. Dans le cadre d’un lobbying intensif mené par des groupes juifs, un comité parlementaire a déclaré la semaine dernière qu’il conseillait au Parlement d’abolir le projet de loi, réduisant ainsi considérablement ses chances d’être voté.

« Les développements au Danemark et en Islande, ainsi que la levée des interdictions temporaires en Allemagne en 2012, montrent que l’éducation et l’intervention peuvent avoir un impact sur le débat, et je suis sûr que ce sera aussi le cas si la motion est votée au Danemark », a déclaré Goldschmidt.

La question est « d’une importance critique parce qu’une interdiction de milah signe la fin d’une communauté juive », a ajouté Goldschmidt, en utilisant le mot en hébreu pour la circoncision.

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