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Suite à la flambée de l’immobilier, une agence partage ses commissions avec des ONG

Alors que les honoraires des agents immobiliers augmentent avec le prix des biens, Social Nadlan propose de reverser les sommes supplémentaires gagnées grâce à la hausse des prix

Un couple regarde des annonces immobilières dans la ville côtière de Netanya, le 29 juillet 2015. (Crédit : Sebastian Scheiner/AP)
Un couple regarde des annonces immobilières dans la ville côtière de Netanya, le 29 juillet 2015. (Crédit : Sebastian Scheiner/AP)

Comme le reste du pays, Dan Harpaz a vu les prix de l’immobilier faire des bonds inouïs – plus 17,8 % depuis le début de l’année. La fin de l’inflation immobilière lui paraissant improbable, cet entrepreneur de Ramat Hasharon s’est mis à la recherche d’un moyen de transformer cette hausse des prix en quelque chose de positif.

Cette quête a débouché sur un partenariat avec Kevin Ziv-El, un investisseur spécialisé dans les technologies, la gestion de patrimoine et l’immobilier, et qui, lui aussi s’intéressait au secteur et à la manière de le rééquilibrer.

Le résultat – qui vient d’être lancé – est Social Nadlan, une plateforme destinée aux acheteurs et aux vendeurs de biens immobiliers en Israël, qui reverse une partie des frais de courtage qui accompagnent les transactions immobilières à des organisations caritatives.

L’idée est inspirée de l’acteur Paul Newman, et plus précisément de la marque de produits alimentaires Newman’s Own, qui reverse 100 % de ses bénéfices – 750 millions de dollars à ce jour – provenant de ses ventes de sauces et autres produits à des œuvres caritatives consacrées aux enfants.

Harpaz voulait trouver un moyen de générer des financements pour quelques-unes des 15 000 organisations à but non lucratif certifiées en Israël sans que les gens aient le sentiment qu’il leur soutire de l’argent.

Les agents immobiliers tirent leur revenu des commissions qu’ils perçoivent lorsqu’ils présentent des acheteurs à des vendeurs et vice-versa. La commission se situe généralement entre 1,5 % et 2 %, avec un minimum de frais fixes pour les propriétés moins chères. Pour une transaction de 2 millions de shekels, cela représente 30 000 à 40 000 shekels.

Dan Harpaz, créateur de Social Nadlan. (Crédit : Autorisation Dan Harpaz)

« J’ai eu un moment ‘et si’ », a déclaré Harpaz au Times of Israel, « et je me suis dit que ce serait bien si une partie de cette commission pouvait être reversée à des œuvres de charité au lieu d’être uniquement des bénéfices de l’agence. »

Social Nadlan agit comme une plateforme pour les acheteurs et les vendeurs, en présentant les maisons à vendre de diverses agences immobilières désireuses de travailler avec elle et en contactant les acheteurs potentiels, en Israël et à l’étranger, afin de les apparier. Chaque fois qu’une transaction a lieu via Social Nadlan, un pourcentage de la commission est reversé à la plateforme et non à l’agent.

Cela peut sembler être un accord particulièrement peu intéressant pour les agents immobiliers, mais les agents perçoivent rarement la totalité de la commission sur les transactions. En effet, ils les partagent plutôt avec d’autres agences avec lesquelles ils collaborent afin d’élargir leur champ d’action et leurs chances de conclure des affaires. La seule différence dans ce cas est que l’agence partenaire donne sa part.

Kevin Ziv-El, cofondateur de Social Nadlan. (Crédit : Autorisation Dan Harpaz)

Social Nadlan, ne garde que le strict nécessaire pour couvrir ses frais de fonctionnement et garantit qu’au moins 50 % des frais de courtage qu’elle reçoit sont reversés à une association caritative choisie par le payeur.

Bien que la plateforme n’en soit qu’à ses débuts, elle présente déjà plusieurs centaines de propriétés à Jérusalem, Tel Aviv, Herzliya, Netanya, Modiin et ailleurs. Elle offre aux agents une exposition supplémentaire et permet aux acheteurs de choisir parmi les agents qui ont été présélectionnés par la plateforme.

« Je pense que de nombreux acheteurs, en particulier ceux qui viennent de pays anglophones où le système est très différent, n’aiment pas payer une commission aux agents immobiliers », a déclaré M. Harpaz. « Ils se sentent un peu mieux en sachant qu’une partie de cet argent va à une bonne cause ».

La plateforme ne traite qu’avec des organismes de bienfaisance qui ont été vérifiés pour s’assurer qu’ils sont correctement gérés et supervisés, et travaille également avec JGive, qui crée automatiquement des connexions avec d’autres organismes de bienfaisance pré-vérifiés.

Interface de l’organisme de bienfaisance pour Social Nadlan. (Crédit : Social Nadlan)

L’opération n’en est qu’à ses débuts et, jusqu’à présent, les volumes sont (relativement) faibles. Mais elle a commencé à se développer et cherche également à s’associer à de grands promoteurs, afin de leur permettre de vendre de nouveaux projets directement sur la plateforme.

Harpaz admet que le marché actuel est difficile. L’offre est limitée et ce qui se vend se fait rapidement, souvent par le bouche-à-oreille, éliminant complètement les intermédiaires que sont les agents immobiliers et donc leurs commissions.

Mais il y voit aussi une opportunité pour les agents immobiliers en difficulté qui sont heureux de sortir des sentiers battus en termes de marketing et de partenariat, en se disant qu’une commission réduite – et qui contribue à une bonne cause – est préférable à pas de commission du tout.

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