Surveillance des bureaux de vote israéliens renforcée
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Surveillance des bureaux de vote israéliens renforcée

En dépit des avertissements de perturbation des votes, 5 000 observateurs spécialement désignés pourront filmer sans autorisation préalable de la commission centrale électorale

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Un homme avec son chien vote dans un bureau de Rosh Haayin, le 17 septembre 2019. (Crédit : Jack GUEZ / AFP)
Un homme avec son chien vote dans un bureau de Rosh Haayin, le 17 septembre 2019. (Crédit : Jack GUEZ / AFP)

S’adressant samedi à plus d’un millier de militants de Kakhol lavan, le dirigeant du parti Benny Gantz a répété une accusation qu’il a faite à plusieurs reprises ces derniers jours pendant la campagne, avertissant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu « va perturber la journée des élections ».

« Il l’a fait dans le passé et le fera par des moyens plus sophistiqués en ce jour d’élection », a déclaré M. Gantz, sans fournir de détails. Il faisait apparemment référence aux tentatives passées du Likud de réfréner la participation des électeurs dans les communautés arabes en plaçant des caméras cachées dans les isoloirs, ou en poussant la Commission centrale électorale à placer ses propres dispositifs. « Nous nous préparons à tous les scénarios et je vous invite à être vigilants sur le terrain et à signaler tout soupçon de falsification et de tromperie. C’est important ».

Pour prévenir toute irrégularité, et toute revendication de celle-ci, la Commission centrale électorale a une fois de plus cartographié les bureaux de vote supposés problématiques dans tout le pays et leur enverra des observateurs, équipés de caméras.

Comme pour l’élection de septembre, les observateurs doivent filmer et signaler tout événement inhabituel pendant le vote ou le dépouillement ultérieur des résultats. Au total, la commission déploiera 5 000 représentants pour surveiller le vote dans tout le pays, soit 2 000 de plus qu’en septembre.

Cependant, contrairement à septembre, les moniteurs pourront désormais filmer sans avoir à demander au préalable une autorisation spécifique à la commission centrale électorale, une limitation critiquée lors des dernières élections et levée par le nouveau président de la commission, le juge de la Cour suprême Neal Hendel. Selon la décision de Hendel sur la question, ils peuvent filmer chaque fois qu’il y a « une crainte raisonnable de préjudice matériel à l’intégrité des élections ».

Une caméra cachée sur un observateur du Likud, dans un bureau de vote d’une ville arabe, lors des élections du 9 avril 2019. (Crédit : Hadash-Taal)

La question des caméras dans les isoloirs est apparue initialement lors de la première des trois élections en 2019-2020.

Le jour des élections d’avril 2019, les militants du Likud ont introduit des caméras cachées dans 1 200 bureaux de vote dans les régions arabes. La société de marketing politique qui a orchestré l’opération s’est vantée sur Facebook que l’opération avait contribué à faire baisser la participation des Arabes, qui avait en effet diminué lors de la course d’avril. Le Likud lui-même a nié que c’était le but des caméras, et la société a rapidement supprimé le message.

La Commission centrale électorale, chargée par la loi de gérer les élections parlementaires israéliennes, a interdit au Likud de prendre des mesures similaires en septembre, ce qui a conduit Netanyahu à tenter sans succès de faire passer à la Knesset un projet de loi qui aurait permis aux observateurs des partis d’amener des caméras dans les bureaux de vote.

Mais tout en interdisant l’utilisation de caméras par les militants, la commission électorale a décidé de mettre en place sa propre équipe d’observateurs, équipés de caméras, qui ont été envoyés pour surveiller les procédures dans certains bureaux de vote soupçonnés d’irrégularités.

Au même moment, la veille du vote de septembre, le Likud de Netanyahu a installé des dizaines de caméras à l’extérieur des bureaux de vote dans les villes arabes, et a ensuite divulgué ce fait aux médias, apparemment dans le cadre d’une tentative visant à décourager les membres appartenant au groupe minoritaire de voter.

Des Arabes israéliens votent lors des élections parlementaires israéliennes dans un bureau de vote à Kafr Manda près de Haïfa, le 17 septembre 2019. (Photo par Ahmad GHARABLI / AFP)

Ces efforts ont été largement perçus comme faisant partie de la stratégie de campagne du Likud axée sur les craintes de l’aile droite de l’influence arabe, avec l’avertissement de Netanyahu tout au long des campagnes précédant les deux élections nationales précédentes que les factions politiques arabes anti-sionistes étaient sur le point, grâce à leur prétendue influence sur le leader de Kakhol lavan Gantz, de prendre le contrôle du gouvernement israélien.

Cependant, la campagne semble se retourner contre elle, selon les analystes et les dirigeants arabes. Le taux de participation global des Arabes a fortement augmenté entre avril et septembre, de près d’un cinquième, pour atteindre 59,1 % des électeurs éligibles de la communauté, un chiffre encore inférieur de 10 points au taux de participation global de 69 %. Le pourcentage d’électeurs arabes ayant voté pour des partis à majorité arabe a également augmenté, passant d’environ 71 % en avril à 81 % en septembre – bien que certains aient soutenu que cela était dû à la décision des factions arabes de se regrouper sur une seule liste à la Knesset entre les deux votes.

L’affirmation du Likud concernant les irrégularités dans le vote de la communauté arabe n’a pas été étayée par des preuves, et une enquête de police sur la fraude électorale n’a révélé qu’une altération minime, certains cas connus de fraude bénéficiant au Likud lui-même ou au parti ultra-orthodoxe Shas.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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