Syrie: Erdogan accueille Poutine et Rouhani pour un sommet tripartite
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Syrie: Erdogan accueille Poutine et Rouhani pour un sommet tripartite

Il s'agit du cinquième sommet entre M. Erdogan, dont le pays soutient l'opposition, et Vladimir Poutine et Hassan Rohani, garants du régime de Damas, depuis 2017

(Montage) De gauche à droite : le président iranien Hassan Rouhani à New York, le 22 septembre 22 ; le président turc Recep Tayyip Erdogan à Londres le 15 mai 2018 et le président russe Vladimir Poutine le 7 juin 2018 à Moscou. Ils sont réunis à Téhéran le 7 septembre pour un sommet tripartite sur le sort de la province d'Idleb, en Syrie. (Crédits : AFP PHOTO / AFP PHOTO et SPUTNIK)
(Montage) De gauche à droite : le président iranien Hassan Rouhani à New York, le 22 septembre 22 ; le président turc Recep Tayyip Erdogan à Londres le 15 mai 2018 et le président russe Vladimir Poutine le 7 juin 2018 à Moscou. Ils sont réunis à Téhéran le 7 septembre pour un sommet tripartite sur le sort de la province d'Idleb, en Syrie. (Crédits : AFP PHOTO / AFP PHOTO et SPUTNIK)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan accueille lundi ses homologues russe et iranien à Ankara pour un nouveau sommet sur la Syrie, qui devrait être dominé par l’offensive du régime de Damas sur le dernier bastion rebelle d’Idleb.

Il s’agit du cinquième sommet entre M. Erdogan, dont le pays soutient l’opposition, et Vladimir Poutine et Hassan Rouhani, garants du régime de Damas, depuis 2017.

Mais au moment où la victoire de Bachar al-Assad semble de plus en plus acquise, la priorité pour Ankara est de se prémunir d’un nouvel afflux massif de réfugiés en provenance d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Malgré des appels à un cessez-le-feu, cette zone, où vivent environ 3 millions de personnes, est sous le coup d’une offensive du régime syrien.

Ankara y dispose, en vertu d’un accord conclu l’année dernière avec Moscou, de douze postes d’observation dont l’un est désormais encerclé par les troupes de Damas.

Le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan au Palais Konstantinovsky Palace près de Saint-Pétersbourg, le 9 août 2016. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)

L’objectif du sommet est d’examiner « les développements en Syrie, à Idleb en particulier, mais aussi les démarches à faire conjointement dans la période à venir pour la cessation du climat de conflit, la mise en œuvre des conditions nécessaires pour le retour volontaire des réfugiés et l’instauration d’une solution politique », a déclaré la présidence turque dans un communiqué.

Des bombardements sporadiques se poursuivent à Idleb, malgré un fragile cessez-le-feu décrété le 31 mars, à l’issue de quatre mois de bombardements du régime et de l’allié russe qui ont tué, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), plus de 960 civils.

« Dans cette zone, un grand nombre de terroristes sont toujours présents (…), et des combattants continuent de tirer sur les positions des forces gouvernementales », a déclaré vendredi le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov.

Affirmant qu’une grande partie des problèmes de la Syrie ont été résolus, Rouhani a également mentionné, avant de s’envoler pour Ankara dimanche, Idleb comme l’un des principaux enjeux de ce sommet.

« Questions non résolues »

Il a également évoqué l’est de l’Euphrate, où la Turquie a conclu avec les Etats-Unis un accord y prévoyant la mise en place d’une zone tampon qui séparerait la frontière turque des zones syriennes contrôlées par une milice kurde, appuyée par Washington mais considérée comme « terroriste » par Ankara.

L’un des objectifs de cette « zone de sécurité » pour Ankara est de pouvoir y renvoyer certains des plus de 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie.

Moscou souhaite avancer sur la création d’un comité constitutionnel chargé de la rédaction de la constitution pour l’après-guerre.

Cela accorderait à M. Poutine une victoire politique à ajouter à ses victoires militaires, estime Dareen Khalifa, analyste à l’International Crisis Group.

Elle appelle toutefois à ne pas trop attendre de la rencontre des trois dirigeants.

Même s’ils réussissent à se mettre d’accord sur la composition du comité, « cela laisse de nombreuses questions non résolues sur l’avenir du processus politique, y compris la capacité et la volonté du régime d’entreprendre toute forme de réforme politique », ajoute Mme Khalifa.

Le président turc, à droite,Recep Tayyip Erdogan (R) et le président iranien, à gauche, Hassan Rouhani avant leur rencontre au palais présidentiel d’Ankara, le 16 septembre 2019 (Crédit : ERDEM SAHIN / POOL / AFP)

Les trois dirigeants auront également des entretiens bilatéraux avant le sommet, qui se terminera avec une conférence de presse au cours de laquelle il doivent présenter une déclaration commune.

Le régime Assad a reconquis environ 60 % du territoire avec l’appui militaire de Moscou, de l’Iran et du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Outre le secteur d’Idleb, les vastes régions aux mains des forces kurdes lui échappent dans l’est du pays.

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