Syrie : pas d’amnistie pour les crimes de guerre, déclare Al Hussein
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Syrie : pas d’amnistie pour les crimes de guerre, déclare Al Hussein

"Lorsqu'on sait qu'il y a une quinzaine d'autres villes assiégées, il ne s'agit pas simplement d'un crime de guerre, mais bien d'un crime contre l'humanité, si cela est confirmé par un tribunal", a déclaré le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme

Zeid Raad al-Hussein, haut commissaire pour les droits de l'Homme aux Nations unies. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Zeid Raad al-Hussein, haut commissaire pour les droits de l'Homme aux Nations unies. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Aucune amnistie ne doit être envisagée pour les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre commis en Syrie dans le cadre des pourparlers engagés à Genève, a déclaré lundi le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Nous avons une position de principe aux Nations unies, qui est qu’aucune amnistie ne doit être accordée à ceux soupçonnés de crimes contre l’humanité ou crimes de guerre », a-t-il dit lors d’une conférence de presse dans la ville suisse.

« Nous espérons qu’au cours des négociations (sur la Syrie) les médiateurs insisteront bien évidemment sur ce point auprès des parties au conflit. »

M. Al Hussein a exprimé l’espoir qu’après « 5 ans de ce spectacle macabre (…) d’exécutions publiques » en Syrie, les négociations sous l’égide du médiateur de l’ONU Staffan de Mistura « vont mettre un terme à ces abus horribles des droits de l’homme, aux violations de la loi humanitaire internationale ».

Evoquant les pourparlers de Genève entre le régime de Damas et l’opposition syrienne, le haut commissaire a rappelé que « dans ce genre de circonstances, lorsqu’on envisage la fin d’un conflit, des amnisties sont prises en considération ».

« Dans le cas de la Syrie, nous sommes ici pour rappeler à tous que partout où il y aura des allégations de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, aucune amnistie ne pourra être admise », a-t-il martelé.

« Lorsqu’on voit la famine imposée à la population de Madaya, et lorsqu’on sait qu’il y a une quinzaine d’autres villes assiégées, il ne s’agit pas simplement d’un crime de guerre, mais bien d’un crime contre l’humanité, si cela est confirmé par un tribunal », a-t-il estimé.

Madaya, où plus de 40.000 personnes vivent assiégées depuis des mois par les forces prorégime de Damas, est devenue un symbole des souffrances endurées par la population civile en Syrie depuis le début de la guerre en 2011.

Selon l’organisation Médecins sans frontières (MSF), 46 personnes sont mortes d’inanition à Madaya depuis le 1er décembre.

Le sort de cette ville est un des points sensibles des négociations de paix de Genève.

Les principaux groupes d’opposition syriens réclament l’application d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU demandant l’arrêt des bombardements des zones civiles et un accès humanitaire aux zones assiégées.

Deux localités chiites, Foua et Kafraya, sont elles encerclées par les rebelles dans la province d’Idleb (nord-ouest), mais la situation y est jugée moins catastrophique qu’à Madaya.

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