Téhéran et Moscou dénoncent les sanctions américaines contre Ankara
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Téhéran et Moscou dénoncent les sanctions américaines contre Ankara

Système de défense anti-aérienne dernier cri et l'un des fleurons de l'industrie russe, les S-400 sont incompatibles avec les systèmes de l'Otan dont la Turquie est membre

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif participe à une conférence de presse à Caracas, au Venezuela, le 5 novembre 2020. (Matias Delacroix/AP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif participe à une conférence de presse à Caracas, au Venezuela, le 5 novembre 2020. (Matias Delacroix/AP)

Le ministre iranien des Affaires étrangères a fermement condamné mardi les sanctions américaines contre la Turquie imposées par Washington pour l’acquisition par Ankara du système de défense aérienne russe S-400, évoquant un « mépris du droit international ».

Les Etats-Unis ont annoncé lundi l’imposition de sanctions à l’agence gouvernementale turque chargée des achats d’armes, le SSB, lui interdisant tout permis d’exportation d’armes et sanctionnant financièrement son président, Ismail Demir, ainsi que d’autres dirigeants de cette agence.

Système de défense anti-aérienne dernier cri et l’un des fleurons de l’industrie militaire russe, les S-400 sont incompatibles avec les systèmes de l’Otan dont la Turquie est membre.

« Nous condamnons fermement les récentes sanctions américaines contre la Turquie et nous nous tenons aux côtés de son peuple et de son gouvernement », a tweeté le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, en utilisant le hashtag « #NeighborsFirst (les voisins d’abord).

Il a dénoncé la volonté répétée des Etats-Unis d’imposer des sanctions illustrant leur « mépris du droit international ».

La Turquie et l’Iran sont deux puissances régionales voisines aux relations historiquement complexes.

Elles s’opposent sur de nombreux dossiers, mais ont renforcé ces dernières années leur coopération dans quelques secteurs, comme l’énergie, et sont farouchement hostiles à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Lors d’un discours prononcé juste avant l’annonce lundi de la décision américaine, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait exprimé sa « tristesse » de voir « les discours sur les sanctions » se prévaloir aux Etats-Unis et au sein de l’Union européenne.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a appelé lors d’une tournée en novembre au Moyen-Orient, à poursuivre la politique de « pression maximale » face à l’Iran.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov tient une conférence de presse lors de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 28 septembre 2018. (Crédit : Stephanie Keith / Getty Images / AFP)

La Russie a aussi dénoncé comme « illégitimes » les sanctions américaines.

« Il s’agit d’une nouvelle manifestation d’une attitude arrogante à l’égard du droit international, une manifestation des mesures coercitives unilatérales et illégitimes que les États-Unis utilisent depuis de nombreuses années, depuis des décennies à droite et à gauche », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l’agence Ria Novosti.

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