Rechercher

Tollé en Allemagne: un néo-nazi inhumé dans la tombe d’un musicologue juif

L'évêque de l'Eglise évangélique de Berlin-Brandebourg a reconnu que l'inhumation du négationniste "était une terrible erreur et un événement choquant au regard de notre histoire"

L'évêque Christian Stäblein se rend sur le lieu de sépulture de Max Friedländer, un musicologue juif protestant.
L'évêque Christian Stäblein se rend sur le lieu de sépulture de Max Friedländer, un musicologue juif protestant.

L’inhumation près de Berlin d’un néo-nazi dans la tombe d’un musicologue juif a suscité un tollé dans la capitale allemande et entraîné le dépôt d’une plainte du commissaire à l’antisémitisme.

Henry Hafenmayer, un éminent néo-nazi de 48 ans, a été enterré dans la tombe de Max Friedländer, un Juif prusse, au cours d’une cérémonie à laquelle des extrémistes de droite ont assisté.

Friedländer était mort des suites d’une attaque à Berlin en 1934. D’origine juive, il était membre de l’église protestante.

« Le caractère explosif de l’inhumation d’un extrémiste de droite sur la tombe d’un protestant d’origine juive, cette manière d’offrir une sorte de tribune à des membres de l’extrême-droite, en deuil, n’avaient été prévus », a écrit sur son site internet l’église évangélique de Berlin-Brandenburg et de Haute Lusace silésienne, qui administre le tombeau.

Hafenmayer, 48 ans, décédé des suites d’une maladie, était devenu un héros de l’extrême-droite après avoir été condamné à la prison pour des courriers antisémites et négationnistes envoyés aux institutions publiques, a noté le journal Guardian.

L’urne contenant les cendres du néo-nazi a été inhumée le 9 octobre dans l’ancienne tombe du musicologue, située dans le cimetière protestant de Stahnsdorf, au sud de la capitale allemande.

Malgré la présence de la pierre tombale du musicologue, décédé en 1934, les autorités religieuses protestantes chargées de la gestion du cimetière ont donné leur accord pour cette inhumation, en présence de nombreux néo-nazis dont plusieurs déjà condamnés par la justice, selon des médias allemands.

Durant les obsèques, un voile noir dissimulait la pierre tombale, devant laquelle avaient été déposées la photo du défunt et de nombreuses couronnes mortuaires, certaines décorées d’une croix de fer.

Face au tollé, l’évêque de l’Eglise évangélique de Berlin-Brandebourg, Christian Stäblein, a reconnu que « l’inhumation d’un négationniste dans la tombe de Max Friedländer était une terrible erreur et un événement choquant au regard de notre histoire ».

L’avocat de Hafenmayer avait initialement demandé une parcelle plus centrale pour accueillir l’urne mais cette demande avait été rejetée de peur que l’endroit ne devienne un lieu de rassemblement pour les extrémistes, selon le Guardian.

« Nous devons immédiatement voir ce que nous pouvons faire » pour revenir sur cette situation, a-t-il ajouté. L’Eglise évangélique locale avait pourtant dans un premier temps donné son accord à l’inhumation, au prétexte que « toute personne a droit à un lieu de repos final ».

Le commissaire berlinois à la lutte contre l’antisémitisme, Samuel Salzborn, a annoncé le dépôt d’une plainte pour ce « trouble de la paix des morts » et un « dénigrement de la mémoire des défunts ».

« L’intention ici est évidente: les extrémistes de droite ont délibérément choisi une tombe juive afin de troubler la paix des morts en y enterrant un négationniste », a-t-il fustigé, réclamant le déplacement rapide de l’urne du néo-nazi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...