Tunisie : 600 fidèles juifs d’Israël au pèlerinage de la Ghriba
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Tunisie : 600 fidèles juifs d’Israël au pèlerinage de la Ghriba

Des milliers de fidèles juifs venus notamment de France et d'Israël, des ministres et des dignitaires étaient à la plus ancienne synagogue d'Afrique, sur l'île tunisienne de Djerba

Une pèlerine juive allume une bougie le premier jour du pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l'île balnéaire de Djerba, en Tunisie, le 22 mai 2019. (Crédit : FATHI NASRI / AFP)
Une pèlerine juive allume une bougie le premier jour du pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l'île balnéaire de Djerba, en Tunisie, le 22 mai 2019. (Crédit : FATHI NASRI / AFP)

Les pèlerins ont défilé mercredi pour prier, allumer des bougies et inscrire des voeux sur des oeufs, placés ensuite dans une cavité de la synagogue. Au milieu des youyous et des chants, certains ont fait bénir fruits secs et boukha – l’alcool de figue local – par les rabbins.

Organisé au 33e jour de la Pâque juive, ce pèlerinage coïncide cette année, pour la première fois depuis 1987, avec le mois sacré de jeûne musulman du ramadan. Plusieurs centaines de dirigeants politiques, religieux et économiques juifs et musulmans ont dîné ensemble à la rupture du jeûne mercredi soir devant la Ghriba, avec des diplomates et des membres de la communauté djerbienne.

Plus de 5 000 personnes, dont environ 600 venues d’Israël, et d’autres de France, Angleterre, ou de Russie, sont attendues pour ce pèlerinage de deux jours, dans la petite synagogue couverte de faïences.

« La culture de la tolérance et de l’ouverture garantit la capacité à développer la citoyenneté et la démocratie (…) ainsi que le sentiment de l’appartenance à ce cher pays », a déclaré le Premier ministre Youssef Chahed, qui est venu rompre le jeûne à la Ghriba avec M. Trabelsi, le ministre des Affaires religieuses Ahmed Adhoum, et le vice-président de la conférence des rabbins européens Moché Lewin.

En 2002, un attentat suicide visant la synagogue avait tué 21 personnes. Plusieurs centaines de policiers et militaires, accompagnés de tanks et d’hélicoptères sont déployés pour protéger les pèlerins sur l’île, située à 125 km de la frontière libyenne.

Un pèlerin juif allume une bougie le premier jour du pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l’île balnéaire de Djerba, en Tunisie, le 22 mai 2019. (Crédit : FATHI NASRI / AFP)

Avec l’amélioration de la sécurité en Tunisie ces dernières années, et la publicité faite au pèlerinage, ce dernier renoue peu à peu avec sa fréquentation d’avant 2002, quand il attirait quelque 8.000 fidèles chaque année.

« Mes parents ont quitté la Tunisie dans les années 60, c’est la première fois que je viens découvrir mes racines, et nous avons été accueillis avec chaleur, comme des cousins », explique avec émotion Rami Trabelsi, un quadragénaire venu de Tel-Aviv, sans lien de parenté avec le ministre tunisien.

« Je reviendrai peut-être avec mes enfants, car c’est très important pour nous, en Israël nous avons conservé notre culture, ces chants, cet accent, j’ai l’impression d’entendre la voix de mon père » défunt, confie-t-il.

Le pèlerinage de la Ghriba est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1 500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant la fin du protectorat français en 1956.

« Chaque fois que je viens ici, je rentre plein d’espoir pour l’avenir », indique à l’AFP Israël Elia, originaire de Djerba et rabbin d’une des principales synagogues londoniennes.

« La Tunisie est une pionnière courageuse du respect mutuel, il y a une cohabitation extraordinaire », souligne-t-il.

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