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Un Arabe israélien abattu à Bina, le 100e homicide dans la communauté pour 2021

La police a ouvert une enquête sur ces tirs mortels alors que les violences se poursuivent dans la communauté arabe ; 2021 serait une année particulièrement meurtrière

La police sur les lieux du meurtre de Sahar Ismail, l'assistante du ministre de l'Education pour la société arabe, dans la ville de Rameh, au nord d'Israël, le 15 août 2021. (Crédit : Flash90)
La police sur les lieux du meurtre de Sahar Ismail, l'assistante du ministre de l'Education pour la société arabe, dans la ville de Rameh, au nord d'Israël, le 15 août 2021. (Crédit : Flash90)

Un homme a été abattu dans la matinée de lundi dans la ville arabe israélienne de Bina, dans le nord du pays, selon la police et les responsables locaux.

Dans un communiqué, les forces de l’ordre ont dit que des hommes armés qui n’ont pas été identifiés avaient ouvert le feu depuis une voiture sur un autre véhicule en circulation. « Suite à ces tirs, un homme âgé d’une quarantaine d’années a été grièvement blessé. Sa mort a ultérieurement été confirmée par les personnels médicaux », ont noté les policiers.

Le maire de Bina, Ali Abu Iyad, a annoncé que la victime s’appelait Salim Abd al-Karim Hasarma, un homme âgé de 44 ans. Son frère, Ibrahim Hasarma, avait été tué par balle au mois de décembre 2019.

« Il y a eu une course-poursuite en voiture et il a fui pour rester en vie avant d’être tué. Les violences dans la communauté arabe sont écrasantes et la police doit encore résoudre les meurtres qui ont pu survenir à Bina. Ils viennent patrouiller pour se montrer puis ils partent sans rien faire », a déploré Abu Iyad dans un appel téléphonique.

Abu Iyad a confirmé que la famille Hasarwa était en conflit avec une autre famille, dont il a refusé de donner le nom. Il a toutefois souligné qu’il n’était pas en mesure d’affirmer que cette querelle était liée aux coups de feu.

Une enquête a été ouverte, a fait savoir la police. Si cette dernière, dans un premier temps, avait indiqué que les tirs avaient eu lieu à Deir al-Asad, le maire de la ville a confirmé qu’ils étaient survenus à Bina, une ville voisine. Un porte-parole de la division du nord de la police israélienne n’avait pas répondu à une demande de commentaire au moment de l’écriture de cet article.

Des images tournées par les caméras de surveillance montrent la victime circulant dans une allée, pourchassé par un deuxième véhicule. Des coups de feu sont tirés alors qu’il tente de prendre la fuite à pied.

Ce meurtre marque un triste tournant : Depuis le début de l’année 2021, il y a eu cent homicides dans les communautés arabes, selon l’organisation à but non-lucratif Abraham Initiatives. Environ 85 étaient des citoyens d’Israël et 15 étaient des Palestiniens qui se trouvaient dans le pays.

« Cent personnes assassinées depuis le début de l’année dans la société arabe. Des milliers de blessés, des dizaines de milliers de personnes traumatisées et une peur ressentie par chacun d’entre nous », a écrit sur Twitter Issawi Frej, ministre du Meretz.

Alors que l’année va s’achever dans deux mois, 2021 pourrait devenir l’année la plus sanglante connue par la communauté arabe depuis qu’une vague criminelle a commencé à s’abattre sur cette dernière, il y a plusieurs années.

Le nombre de meurtres a augmenté nettement depuis 2015, où 64 Arabes israéliens avaient été tués – contre 38 Juifs israéliens. En 2020, les Juifs israéliens ont connu 42 homicides et les Arabes israéliens 96, selon Abraham Initiatives.

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Posted by ‎عرب 48‎ on Sunday, October 17, 2021

Les responsables gouvernementaux attribuent la responsabilité de ces violences aux rackets des gangs puissants du crime organisé qui ont fait leur apparition suite à des décennies de négligence de la part de l’État israélien et à l’anarchie qui règne dans les villes et villages de la communauté.

Ces violences sont encouragées par une importante circulation d’armes illégales. Des centaines de milliers d’armes à feu illégales se trouveraient sur le territoire israélien, la majorité dans les communautés arabes. La police a cherché à réprimer ce fléau – par des programmes de collecte et des opérations sur le terrain – avec peu de succès.

Le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett a promis de prendre des mesures exceptionnelles pour mettre un terme à ces violences. Début octobre, les ministres ont convenu d’impliquer la puissante agence de sécurité intérieure du Shin Bet dans cet effort – une participation inhabituelle qui a suscité la controverse. L’agence, qui dispose d’outils juridiques et technologiques performants, est mieux connue pour ses actions contre les terroristes présumés palestiniens.

« Nous sommes en train de perdre le pays », a dit Bennett pendant la réunion hebdomadaire de cabinet en soulignant la situation dure vécue par les Arabes israéliens.

Dimanche, le gouvernement a prôné une proposition qui élargirait les capacités de la police israélienne à effectuer des perquisitions sans mandat, une initiative visant à réduire la vague criminelle qui a toutefois entraîné la polémique.

« Nous sommes en guerre. Nous devons accorder à la police et aux forces chargées de faire respecter la loi de meilleurs outils pour mener à bien leur mission », a commenté le ministre de la Justice Gideon Saar pendant la réunion, des propos rapportés par son porte-parole.

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