Un cadre de l’AP assure que « les relations sécuritaires sont intactes »
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Un cadre de l’AP assure que « les relations sécuritaires sont intactes »

Le responsable a ajouté qu'il y aura toutefois "des conséquences majeures" en cas d'annexion de la Cisjordanie et confirme que les liens entre les deux parties sont tendus

Des policiers palestiniens participent à une formation à leur siège de Hébron, en Cisjordanie, le 30 janvier 2019. (Crédit :  HAZEM BADER / AFP)
Des policiers palestiniens participent à une formation à leur siège de Hébron, en Cisjordanie, le 30 janvier 2019. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

L’Autorité palestinienne (AP) n’a pas suspendu sa coordination sécuritaire avec Israël, mais les liens entre les deux parties sont tendus, a déclaré dimanche un responsable palestinien.

Le responsable s’est exprimé au lendemain d’un discours du président de l’AP devant la Ligue arabe. Mahmoud Abbas y déclarait qu’il romprait tous les liens l’unissant à Israël et aux Etats-Unis, et qu’il mettrait notamment un terme à la coordination sécuritaire.

Abbas a déclaré qu’il rompait les liens à la suite de la proposition de paix de l’administration Trump, qu’il a rejetée avec l’approbation unanime des pays de la Ligue arabe.

« Pour l’instant, la coordination est en vigueur, mais les relations sont extrêmement tendues », a déclaré dimanche le fonctionnaire, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, au Times of Israël.

Les Palestiniens ont exprimé leur frustration et leur colère depuis que le président américain Donald Trump a dévoilé mardi dernier le contenu du plan conçu par son administration pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien.

Rompant avec les précédentes administrations américaines, le plan prévoit la création d’un État palestinien en Cisjordanie, avec quelques quartiers de Jérusalem-Est, la bande de Gaza et certaines zones du sud d’Israël – à la condition que les Palestiniens reconnaissent Israël en tant qu’État juif et que le Hamas et autres groupes terroristes de la bande de Gaza déposent les armes.

Le plan appelle aussi à autoriser l’annexion par Israël des implantations, à appliquer la souveraineté de l’État juif sur la vallée du Jourdain maintenir le contrôle sécuritaire à l’ouest du fleuve Jourdain. Il interdit aux Palestiniens de s’installer en Israël en tant que réfugiés.

Le responsable a suggéré que l’AP envisagerait sérieusement de mettre fin à la coopération – notamment sécuritaire – avec Israël si ce dernier met à exécution ses plans d’annexion de pans de la Cisjordanie.
Le convoi du Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la vallée du Jourdain, où s’est déroulée une réunion du cabinet, le 15 septembre 2019. (Crédit : Amir Cohen/Pool via AP)

« Il y aura des conséquences majeures » si Israël annexe des zones de Cisjordanie, a déclaré le responsable. « Toute l’équation changera. »

Dès l’annonce du plan par Trump, Netanyahu avait déclaré mardi qu’il soumettre au vote le dimanche qui suivait une proposition visant à annexer certaines parties de la Cisjordanie, mais cela ne s’est pas fait.

Citant la nécessité probable de lever certains obstacles bureaucratiques, le ministre du Tourisme Yariv Levin avait ajouté que le gouvernement intérimaire devait attendre l’avis juridique du procureur-général Avichai Mandelblit à ce sujet.

Le conseiller principal et gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, a exprimé l’espoir qu’Israël attende les élections législatives du 2 mars avant d’annexer des parties de la Cisjordanie

« L’espoir est qu’ils attendent jusqu’après l’élection et nous allons travailler avec eux pour essayer de trouver quelque chose », a déclaré le conseiller américain à GZERO Media, dans une interview publiée mercredi dernier.

A la question de savoir si l’administration Trump soutiendrait une décision immédiate d’Israël d’annexer la vallée du Jourdain et les implantations de Cisjordanie, Kushner a répondu : « Non ». Il a précisé que « nous avons besoin d’un gouvernement israélien en place pour aller de l’avant », a-t-il déclaré.

Abbas a menacé à maintes reprises de couper les liens sécuritaires avec Israël sans y donner suite. En juillet 2017, il a déclaré que la coordination de la sécurité avec Israël était suspendue en raison d’un conflit lié à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

Elle a été rétablie en octobre 2017, bien que le chef de la police de l’AP, Hazem Atallah, ait déclaré que même pendant la suspension, les Palestiniens avaient maintenu des contacts réguliers, 95 % des activités se poursuivant.

« La seule chose que nous avons arrêtée, c’est que nous ne les avons pas rencontrés sur le terrain », avait déclaré Atallah en marge d’une conférence de presse en novembre 2017.

Les responsables israéliens ont déclaré que la coordination sécuritaire avec l’AP a contribué de manière significative à la stabilité en Cisjordanie et en Israël.

L’AFP a contribué à cet article.

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