Un cadre de Pfizer qualifie Israël de « laboratoire » pour les vaccins COVID
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Un cadre de Pfizer qualifie Israël de « laboratoire » pour les vaccins COVID

Les responsables de la santé nient que le pays ait signé un accord exclusif avec le géant pharmaceutique, notant que les vaccins Moderna sont également administrés

Un homme d'une trentaine d'années reçoit une troisième dose de vaccin COVID-19, dans un centre de vaccination à Jérusalem, le 24 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un homme d'une trentaine d'années reçoit une troisième dose de vaccin COVID-19, dans un centre de vaccination à Jérusalem, le 24 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un haut dirigeant de Pfizer a qualifié Israël de « sorte de laboratoire » pour le vaccin COVID dans des commentaires qui ont été repris par les anti-vaxx locaux et rejetés par les responsables de la santé israéliens, avant d’être clarifiés par la société pharmaceutique.

Philip Dormitzer, directeur scientifique de Pfizer, a fait ces commentaires lors d’un rassemblement d’universitaires sur Zoom la semaine dernière. Ils ont été rapportés pour la première fois par la Douzième chaîne vendredi soir.

« Au début de la pandémie, nous avons établi une relation avec le ministère israélien de la Santé, qui a utilisé exclusivement le vaccin Pfizer et l’a suivi de très près », a déclaré M. Dormitzer à l’assemblée, « de sorte que nous disposions d’une sorte de laboratoire où nous pouvions observer les effets ».

Il a ajouté qu’Israël « a vacciné très tôt une très grande partie de la population, ce qui nous a permis d’anticiper : ce que nous voyons se produire en Israël se reproduit aux États-Unis quelques mois plus tard ».

Dimanche matin, le directeur général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a rejeté l’affirmation selon laquelle Israël avait une sorte d’accord exclusif avec Pfizer. « Il n’y a aucune exclusivité avec Pfizer, sous quelque forme que ce soit », a-t-il déclaré à la radio 103FM, rappelant que les personnes de plus de 18 ans pouvaient recevoir le vaccin Moderna.

Ash a déclaré qu’Israël « étudie les statistiques, et le monde en tire certainement des leçons, mais je ne suis pas prêt à utiliser le mot ‘laboratoire’. Oui, la société apprend de nous sur l'[efficacité] de la troisième dose, mais il n’y a aucun lien avec le fait de nuire aux intérêts des citoyens israéliens ».

Philip Dormitzer, responsable scientifique en chef chez Pfizer. (Crédit : capture d’écran)

Israël a été un leader précoce dans les vaccinations COVID après avoir conclu un accord avec Pfizer pour recevoir un grand nombre de doses de vaccin avant de nombreux autres pays. Il a également acheté un plus petit nombre de vaccins Moderna, qu’il a commencé à utiliser plus largement en juillet et en août, lorsque les stocks de Pfizer sont arrivés à expiration. Israël a rapidement distribué ses vaccins à de grandes parties de la population, vaccinant 50 % de tous les résidents en mars, puis a entamé un déploiement sans précédent de troisièmes rappels en août. Dimanche, plus de 2,8 millions de personnes avaient reçu une troisième dose.

D’éminents militants anti-vaccins, tant en Israël que dans le reste du monde, se sont emparés des commentaires de M. Dormitzer au cours du week-end. Eldad Yaniv, un critique virulent de l’approche COVID du gouvernement, a partagé le reportage de la Douzième chaîne et a déclaré qu’il apportait un soutien supplémentaire à la décision des Israéliens « qui n’acceptent pas de prendre part à l’expérience Pfizer menée en Israël ».

D’autres ont affirmé que les commentaires de Dormitzer avaient été sortis de leur contexte et traduits de manière inappropriée et exagérée par la Douzième chaîne. Le scientifique de Pfizer n’a pas dit qu’Israël et Pfizer avaient un accord exclusif, mais plutôt qu’Israël « utilisait exclusivement le vaccin Pfizer ». Il n’a pas non plus qualifié Israël de laboratoire, mais a déclaré que le déploiement de son vaccin offrait l’occasion de créer « une sorte de laboratoire ».

Pfizer a ensuite clarifié les commentaires de Dormitzer dans une déclaration à la Douzième chaîne.

« Pfizer est au courant d’un clip vidéo présentant une interview de l’un de nos scientifiques qui s’est malheureusement mal exprimé sur un point essentiel que nous souhaitons clarifier : nous sommes reconnaissants de la coopération entre Pfizer et le ministère israélien de la Santé. Il ne s’agit pas d’une étude de recherche clinique. Il s’agit d’une collaboration non interventionnelle de collecte de données factuelles dans le monde réel. »

La société pharmaceutique a également fait remarquer qu’elle n’avait pas d’accord exclusif avec Israël et que « le pays ne sert pas de laboratoire, mais plutôt, en tant que première nation à atteindre des taux significatifs d’adoption du vaccin, il a pu évaluer le vaccin et la durée de protection dans le monde réel, et partager les données avec le monde entier ».

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