Un conseiller diplomatique de Biden « préoccupé » par la vente de F-35 aux EAU
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Un conseiller diplomatique de Biden « préoccupé » par la vente de F-35 aux EAU

Tony Blinken espère qu'à mesure que d'autres pays se normalisent avec Israël, Jérusalem se sentira plus en sécurité pour faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens

En ce 10 septembre 2019, photo publiée par l'US Air Force, un avion de chasse F-35A Lightning II est dirigé depuis un hangar de la base aérienne d'Al-Dhafra aux Emirats Arabes Unis. Un accord négocié par les États-Unis, qui a vu Israël et les Émirats arabes unis commencer à ouvrir des relations diplomatiques, pourrait aboutir à l'achat par Abu Dhabi d'armes américaines de pointe comme le F-35, ce qui pourrait bouleverser à la fois un avantage militaire israélien de longue date au niveau régional et l'équilibre des pouvoirs avec l'Iran. (Sergent technique Jocelyn A. Ford/U.S. Air Force via AP)
En ce 10 septembre 2019, photo publiée par l'US Air Force, un avion de chasse F-35A Lightning II est dirigé depuis un hangar de la base aérienne d'Al-Dhafra aux Emirats Arabes Unis. Un accord négocié par les États-Unis, qui a vu Israël et les Émirats arabes unis commencer à ouvrir des relations diplomatiques, pourrait aboutir à l'achat par Abu Dhabi d'armes américaines de pointe comme le F-35, ce qui pourrait bouleverser à la fois un avantage militaire israélien de longue date au niveau régional et l'équilibre des pouvoirs avec l'Iran. (Sergent technique Jocelyn A. Ford/U.S. Air Force via AP)

NEW YORK – Le principal conseiller en politique étrangère de Joe Biden a déclaré mercredi que le candidat démocrate à la présidence était préoccupé par le projet de l’administration Trump de vendre des avions de chasse F-35 aux Émirats arabes unis.

Nous « sommes préoccupés par les engagements qui ont pu ou non être pris envers les Émirats arabes unis en ce qui concerne les F-35 », a déclaré Anthony Blinken lors d’une conférence de presse avec les médias juifs organisée par l’équipe de campagne Biden.

M. Blinken a noté que la décision de l’administration Obama de vendre l’avion furtif à Israël visait à assurer la prééminence militaire du pays au Moyen-Orient.

« L’administration Obama-Biden a fait en sorte que notre avion de combat le plus avancé soit mis à la disposition d’Israël, mais seulement pour Israël au Moyen-Orient, parce que nous voulions nous assurer qu’Israël soit en mesure de préserver son avantage militaire qualitatif, [QME – Qualitative Military Edge], et nous avons prévu la vente d’un certain nombre de F-35 pendant notre administration », a déclaré M. Blinken, qui a été conseiller adjoint à la sécurité nationale sous l’ancien président Barack Obama.

Des avions de combat du deuxième escadron de F-35 de Tsahal, les Lions du Sud, survolent le sud d’Israël. (Armé de défense d’Israël)

« Et donc les informations selon lesquelles l’administration s’est engagée à fournir ces avions aux Émirats arabes unis sont quelque chose que nous allons examiner très, très attentivement, et nous assurer que le QME est préservé et aussi que le Congrès joue un rôle très important, » a-t-il ajouté.

Les responsables de l’administration Trump ont cherché à rassurer les dirigeants israéliens en leur disant que toute vente de F-35 ne nuira pas à l’avantage militaire qualitatif d’Israël. La semaine dernière, le ministre de la Défense Benny Gantz et son homologue américain Mark Esper ont signé une « déclaration commune confirmant l’engagement stratégique des États-Unis à maintenir l’avantage militaire qualitatif d’Israël au Moyen-Orient pour les années à venir ».

Bien que l’accord semble être un geste largement symbolique puisque cette responsabilité pour le maintien du QME d’Israël est déjà inscrite dans la loi américaine, le ministre de la Défense a indiqué dans une déclaration qu’il avait des implications dans le monde réel.

L’accord ne semble pas inclure la vente d’armes, mais un responsable de la sécurité a déclaré au Times of Israel qu’un certain nombre de nouvelles plateformes sont envisagées pour leur transfert en Israël.

Quelques jours après la signature de cette déclaration, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé qu’Israël avait annulé son opposition à la vente de F-35 par les États-Unis aux Émirats arabes unis. Cette question a suscité une controverse en Israël, Gantz accusant Netanyahu de lui cacher les négociations sur les F-35, ainsi qu’à l’armée. Netanyahu a nié.

Plus tard au cours de l’appel, Blinken a salué l’accord de normalisation entre Israël et les Émirats Arabes Unis qui a été concomitant à la vente proposée des jets.

Biden « a été très clair sur le fait que la reconnaissance d’Israël par les pays arabes, la normalisation avec Israël, est une étape positive que nous devons soutenir et applaudir », a déclaré M. Blinken.

Le secrétaire d’État adjoint américain Antony Blinken arrive au Capitole à Washington, le jeudi 29 septembre 2016, pour témoigner devant la commission sénatoriale des relations étrangères sur la Syrie. (AP Photo/Jose Luis Magana)

Commentant la possibilité que l’Arabie saoudite normalise également ses relations avec Israël, M. Blinken a déclaré au Jewish Insider, dans une autre interview, qu’une administration Biden prévoit d’“entreprendre un examen stratégique” des relations des États-Unis avec Ryad « pour s’assurer qu’elles servent réellement nos intérêts et sont conformes à nos valeurs ». Mais au-delà de cela, je ne peux pas dire grand-chose pour l’instant ».

Le mécontentement à l’égard de l’Arabie saoudite s’est accru à Washington ces dernières années, en particulier chez les démocrates, à propos de la campagne militaire saoudienne au Yémen et de l’assassinat brutal du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.

M. Blinken a exprimé l’espoir qu’à mesure qu’un plus grand nombre de pays arabes normaliseront leurs relations avec Israël, Jérusalem se sentira plus sûre et disposée à faire également avancer le processus de paix avec les Palestiniens – un point de vue contradictoire avec celui de l’Autorité palestinienne, qui a maintenu que ce n’est qu’après la paix avec les Palestiniens qu’Israël pourra ensuite normaliser ses relations avec le reste du monde arabe.

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il y a jusqu’à 10 pays qui, selon lui, devraient bientôt normaliser leurs relations avec Israël, mais que ces développements se produiraient en grande partie après les élections présidentielles de la semaine prochaine.

Le conseiller en politique étrangère a déclaré que des accords de normalisation supplémentaires pourraient également être en mesure « d’envoyer un message aux Palestiniens qu’ils doivent réellement s’engager, négocier de manière significative ».

« Ignorer la dimension israélo-palestinienne ne la fait pas disparaître – comme le coronavirus, elle ne va pas disparaître miraculeusement », a déclaré M. Blinken. « Bien sûr, on n’est pas en 2009, on n’est pas en 2014, on n’est pas en 2017. Les parties sont loin d’être prêtes pour toutes sortes de négociations en vue du statut final. À l’heure actuelle, il est difficile de savoir exactement de quelle situation l’administration Biden héritera. Mais je pense qu’au minimum, [Biden] voudrait s’assurer qu’aucune des deux parties n’éloigne encore plus les perspectives d’une éventuelle négociation ».

Toujours dans l’interview, M. Blinken a réitéré les intentions de l’administration Biden de réintégrer l’accord nucléaire iranien négocié par Obama si Téhéran se remettait à le respecter.

Toutefois, il a réaffirmé que même si l’Iran devait rentrer dans le rang, ce qui conduirait à un assouplissement des sanctions nucléaires, une administration Biden maintiendrait les sanctions non liées au nucléaire en place comme « une solide protection contre la mauvaise conduite de l’Iran dans d’autres domaines ».

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