Un député de HaBayit HaYehudi dément les rumeurs de harcèlement sexuel
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Un député de HaBayit HaYehudi dément les rumeurs de harcèlement sexuel

Bennett a parlé avec le député concerné, et appelle toute victime à se présenter ; des rabbins enquêtent

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Naftali Bennett, le président du parti HaBayit HaYehudi, pendant une réunion avec ses députés à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Naftali Bennett, le président du parti HaBayit HaYehudi, pendant une réunion avec ses députés à la Knesset, le 20 juin 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le parti HaBayit HaYehudi a été secoué jeudi par des accusations qui ont fait le tour des réseaux sociaux, affirmant qu’un important membre du parti avait agressé sexuellement des femmes durant plusieurs années.

Le député, qui n’a pas été cité, a démenti les accusations portées contre lui.

D’autre part, une équipe de rabbins affiliés au parti sioniste religieux ont annoncé qu’ils rassemblaient des témoignages et enquêtaient sur les accusations.

Naftali Bennett, ministre de l’Education et président de HaBayit HaYehudi, s’est entretenu avec le député, qui a nié tout acte répréhensible, a déclaré le parti dans un communiqué.

Bennett a appelé quiconque aurait pu être blessé à se présenter et à porter plainte.

Les accusations ont attiré l’attention des médias quand une militante de HaBayit HaYehudi les a publiées sur Facebook mercredi soir. Chagit Moriah-Gibor, qui a affirmé qu’elle connaissait certaines des victimes, a publié un appel public aux autres victimes, disant qu’aucune ne voulait porter officiellement plainte.

Le site d’informations Walla a annoncé que le député avait catégoriquement démenti les accusations.

« C’est une basse tentative de me nuire, a déclaré le député. Depuis des années, il y a des choses comme ça qui sont publiées. »

« Toutes les personnes qui ont été prises dans ces rumeurs dans le passé les ont démenties et ont dit ‘il n’y a rien’. Je ne sais pas pourquoi cela arrive, c’est un mensonge. Il n’y a jamais rien eu de ce genre et il n’y a rien… Cela peut détruire une famille quand il n’y a rien et qu’il n’y a jamais rien eu », a-t-il déclaré.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La ministre de la Justice Ayelet Shaked. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, également membre de HaBayit HaYehudi, a déclaré à la radio publique israélienne qu’elle était concernée par les accusations, et a également appelé les victimes à s’exprimer.

« Je ne commente pas les informations anonymes. Si quelqu’un a été victime d’une agression sexuelle, il doit contacter la police. Je ne commenterai pas des posts Facebook qui ne sont pas fondés sur des faits. »

« Bravo à ceux qui soulèvent le sujet des agressions, mais nous devons être équilibrés quand de l’autre côté, il faut [considérer] la vie des gens », a-t-elle déclaré.

Dans son post publié sur Facebook, Moriah-Gibor a déclaré qu’elle était informée de plusieurs incidents, mais que les victimes ne voulaient pas aller plus loin.

« Les histoires s’accumulent et le silence m’est assourdissant, a écrit Moriah-Gibor. Il y a un député en mandat qui attaque et a attaqué [des femmes] depuis des années. Je connais un incident ancien, et j’ai récemment entendu d’autres histoires scandaleuses. Le problème : le prix que ces femmes paieront est trop grand et elles ne sont pas prêtes à parler. »

Moriah-Gibor a déclaré qu’elle travaillait avec d’autres militants pour rassembler un groupe de victimes du député qui sont prêtes à témoigner, même anonymement.

« C’est un cas classique de ‘tout le monde le sait mais personne ne peut rien faire’, et en attendant, les femmes continuent d’être attaquées, a-t-elle écrit. Je demande et implore, si vous avez été attaquéé, ou si vous connaissez quelqu’un d’autre [qui l’a été], contactez-moi. Confidentialité totale garantie. Mettons fin à cela. Un groupe est puissant, et vous n’êtes pas seules. »

Pendant un entretien avec la radio militaire jeudi matin, Moriah-Gibor a déclaré qu’elle avait entendu les premières accusations d’agression par le député il y a deux ans, mais ses tentatives de localiser d’autres victimes qui parleraient de leur expérience avaient échoué.

« Je connais cinq histoires comme ça, a-t-elle déclaré. J’ai entendu moi-même trois témoignages, mais je doute qu’elles aillent voir la police parce que le prix personnel qu’elles paieront est trop important. »

Moriah-Gibor a souligné qu’elle ne voulait pas que les accusations soient utilisées politiquement.

« Je suis peut-être naïve, mais [je pense] que les 120 personnes qui nous représentent à la Knesset doivent être aussi propres que possible », a-t-elle déclaré.

Un groupe de rabbins sionistes religieux examine les accusations de comportement inapproprié envers les femmes du député soupçonné. Mais cette équipe, dirigée par le grand rabbin de Safed Shmuel Eliyahu, a déclaré jeudi qu’elle n’avait pas de preuve suffisante pour convoquer le député pour l’interroger ou pour demander sa démission.

Des médias israéliens ont annoncé que les rumeurs de comportement inapproprié de ce député avaient émergé avant les dernières élections, en mars 2015. Dans les semaines précédant le vote, les dirigeants du parti avaient été informés des accusations de femmes qui avaient travaillé avec le député dans le passé. Cependant, les responsables du parti n’ont pu convaincre aucune de ces femmes à porter plainte auprès de la police.

Yinon Magal, alors député de HaBayit HaYehudi,  à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yinon Magal, alors député de HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 24 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le parti HaBayit HaYehudi a déjà fait face à des accusations de harcèlement sexuel.

En novembre 2015, Yinon Magal avait démissionné de la Knesset pour des accusations d’agression sexuelle.

En février, le bureau du procureur du district de Tel Aviv avait annoncé qu’il mettait fin à l’enquête sur Magal quand la police avait déclaré qu’elle n’avait pas trouvé assez de preuves pour recommander une inculpation.

Les policiers avaient enquêté sur Magal pour des soupçons de harcèlement de ses subordonnées avant qu’il ne se lance en politique. Pendant l’enquête, la police avait rassemblé des témoignages de femmes qui avaient travaillé avec Magal pendant des années, notamment quand il était rédacteur du site d’informations Walla.

Les premières accusations publiques avaient été faites sur Facebook, dans un post de la journaliste de Walla Racheli Rottner, qui avait déclaré que Magal l’avait draguée pendant son pot de départ du journal.

Quelques heures après, une autre journaliste de Walla, Or Shukrun, s’était aussi plainte que Magal « a caressé mes fesses à plusieurs reprises, même après que je lui ai demandé d’arrêter », un geste qui peut être considéré comme une agression sexuelle.

Dans les jours suivants, une troisième femme, puis une quatrième, avaient porté des accusations similaires contre Magal.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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