Un élu du Labour aurait payé une assistante qui s’était plainte d’antisémitisme
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Un élu du Labour aurait payé une assistante qui s’était plainte d’antisémitisme

Le parti d'opposition britannique aurait acheté, avec des fonds publics, le silence d'une assistante Elaina Cohen

Portrait du député du Labour Khalid Mahmood. (Crédit : CC BY 3.0 Chris McAndrew/Wikipedia)
Portrait du député du Labour Khalid Mahmood. (Crédit : CC BY 3.0 Chris McAndrew/Wikipedia)

Un membre du parti travailliste britannique a utilisé des fonds publics pour réduire au silence une assistante après qu’elle s’est plainte de l’antisémitisme au sein du parti.

Selon The Telegraph, en 2016, le député Khalid Mahmood a suspendu son assistante et ancienne compagne Elaina Cohen après qu’elle a publié deux tweets accusant sa consœur, la députée Naz Shah d’être « antisioniste ».

Ses propos étaient survenus après qu’il a été révélé que Shah, qui sera par la suite suspendue par le chef du parti Jeremy Corbyn, avait rédigé une publication Facebook dans lequel il appelait au transfert de la totalité de l’Etat d’Israël aux Etats-Unis.

En réponse, Mahmood avait entamé des procédures disciplinaires contre elle. Quand elle a été blanchie, elle est revenue travailler mais affirme avoir été mise au placard. Elle a entamé des poursuites pour discriminations, qui se sont soldées par un accord, qui aurait été financé par l’argent du contribuable. Dans le cadre de cet accord, Cohen, qui travaille toujours pour Mahmood, a dû signer une clause de confidentialité.

« Nous sommes en pleine tempête de l’antisémitisme, et j’ai vécu deux ans d’enfer à cause de deux tweets qui visaient à attirer l’attention du parti », a déclaré Cohen au Telegraph.

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste britannique, lors d’un rassemblement à Glasgow, en Écosse, le 28 mai 2017 (Crédit : AFP / Andy Buchanan)

Le Labour peine à rejeter les allégations d’antisémitisme au sein du parti, depuis l’ascension du parlementaire d’extrême-gauche Jeremy Corbyn à la tête du parti en 2015.

Selon The Times, le département chargé d’enquêter sur les accusations d’antisémitisme contre ses membres « s’est effondré » et seul un employé enquête sur des centaines de plaintes.

La semaine dernière, une séquence vidéo datant de 2013 a fait surface et montre le chef du parti travailliste britannique Jeremy Corbyn, au cœur de plusieurs scandales sur des accusations d’antisémitisme, dire que les sionistes étaient incapables de comprendre la manière de penser des Britanniques même s’ils avaient grandi dans le pays.

Dans une vidéo d’un discours de Corbyn publié par le Daily Mail, Corbyn a déclaré aux personnes réunies lors d’une conférence à Londres que « les sionistes… ont clairement deux problèmes. L’un est qu’ils se refusent à étudier l’histoire et le deuxième, c’est que même en ayant vécu dans ce pays pendant très longtemps – probablement durant toute leur vie – ils ne comprennent pas non plus l’ironie britannique. Ils ont besoin de ces deux leçons, et nous pouvons peut-être les leur donner ».

La conférence, qui avait été relayée sur le site anglophone de l’organisation terroriste du Hamas, avait réuni des intervenants controversés, notamment une personne qui avait prôné le boycott de la Journée de commémoration de la Shoah et une autre qui avait attribué à Israël la responsabilité des attaques du 11 septembre.

Le mois dernier, le Labour a décidé d’entériner que certaines parties de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, et d’exclure les paragraphes qui évoquent la façon dont le militantisme anti-Israël peut être considéré comme de l’antisémitisme.

Le Jewish Chronicle a partagé une copie du code de conduite sur l’antisémitisme du Labour, qui a fuité sur Internet et qui vise à limiter les accusations d’antisémitisme au sein du parti. Le document vise à « mettre un terme » à « l’abus » d’allégations d’antisémitisme dans le cadre d’un programme partisan ». Certains sympathisants de Corbyn ont accusé la communauté juive britannique et le gouvernement israélien de chercher à discréditer la gauche britannique.

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