Un ex-chef d’état major traite de « singes » 2 élus du Likud qui ont critiqué le Shin Bet
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Un ex-chef d’état major traite de « singes » 2 élus du Likud qui ont critiqué le Shin Bet

Dan Halutz a critiqué Regev et Bitan, qui ont dit que l'agence était 'délirante' et 'lâche' pour avoir vivement recommandé un repositionnement sur la sécurité au mont du Temple

Dan Halutz (photo credit: Flash90)
Dan Halutz (photo credit: Flash90)

L’ancien chef d’état-major Dan Halutz s’en est pris lundi à deux membres du parti au pouvoir du Likud qui avaient critiqué le Shin Bet la semaine dernière après que l’agence de sécurité intérieure a demandé le retrait de mesures de sécurité mises en place sur le mont du Temple suite à un attentat meurtrier commis le 14 juillet dans ce lieu saint de Jérusalem.

Dans une interview accordée à la radio militaire, Halutz a fustigé la ministre de la Culture Miri Regev et le chef de la coalition David Bitan pour leurs récents propos, disant qu’ils devaient encore achever pleinement leur évolution de singes à êtres humains.

« Ces gens ne comprennent pas que leur capacité à exprimer leur opinion a été acquise grâce à l’agence ‘délirante’ et ‘lâche », a dit Halutz, se référant aux critiques proférées respectivement par Regev et Bitan.

« Ce sont ces agents qui leur ont permis d’arriver là où ils sont aujourd’hui », a-t-il ajouté. « On dit que les êtres humains descendent du singe, mais il semblerait qu’il y ait certains responsables en Israël qui n’ont pas encore terminé leur évolution ».

Bitan avait qualifié les responsables de l’organisation de « lâches » pour avoir prôné le retrait des détecteurs de métaux qui avaient été installés aux entrées du complexe du mont du Temple suite à un attentat survenu le 14 juillet au cours duquel trois hommes, des Arabes israéliens, ont tué deux policiers à l’aide d’armes qu’ils avaient clandestinement introduites sur le site.

Israël avait brièvement fermé le complexe, le rouvrant deux jours plus tard après avoir mis en place de nouvelles installations sécuritaires, notamment des détecteurs de métaux et des caméras. Ces mesures avaient déclenché des manifestations quasiment quotidiennes du côté palestinien, à Jérusalem et à ses alentours ainsi qu’en Cisjordanie. Les fidèles musulmans avaient décidé de boycotter le mont du Temple et avaient refusé de prier sur le site, qui accueille la mosquée Al-Aqsa et le sanctuaire du Dôme du Rocher, jusqu’au retrait de ces nouveaux dispositifs.

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, à la Knesset, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Face à de fortes pressions de la Jordanie, qui administre le site, et des Palestiniens, Israël a procédé au retrait des mesures de sécurité jeudi dernier et les fidèles sont retournés sur le site pour prier.

Le Shin Bet s’était opposé à cette décision de placer des détecteurs de métaux et d’opter pour de nouvelles mesures de sécurité sur le mont du Temple, avertissant que ces initiatives pourraient déclencher d’importantes émeutes.

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

S’exprimant après un attentat terroriste survenu dans l’implantation de Halamish en Cisjordanie, lors duquel un Palestinien a poignardé à mort trois membres d’une même famille en affirmant que son geste avait été motivé par la situation sur le mont, Regev avait qualifié la recommandation du Shin Bet de retirer les détecteurs de métaux de « délirante ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le leader de l’opposition Isaac Herzog et d’autres législateurs avaient défendu le Shin Bet contre les critiques de Bitan et de Regev.

Regev, qui a été porte-parole de l’armée israélienne sous les ordres de Halutz au cours du désengagement israélien de Gaza en 2005 et durant la guerre du Liban en 2006, a dénoncé les propos tenus par son ancien chef dans l’après-midi de lundi.

« Ses commentaires ne me surprennent pas, ils exposent ce qu’il est. La remarque sur le Darwinisme n’est pas un lapsus. C’est une vision du monde déformée, raciste et dangereuse qui doit être condamnée », a-t-elle indiqué dans une déclaration, ajoutant que son « arrogance et son insolence en ont fait un mauvais chef d’Etat-major ».

« Je répète ma critique de l’agence de sécurité qui, dit-on, ‘n’a jamais tort », a ajouté Regev. « L’establishment de la défense doit offrir la sécurité et laisser la prise de décision politique aux responsables élus ».

Halutz n’est pas un étranger aux controverses. Après avoir ordonné l’assassinat de l’opérateur du Hamas Salah Shehadeh en 2002 lors d’une frappe aérienne dans un quartier densément peuplé de la ville de Gaza, Halutz avait été critiqué pour avoir dit qu’il « dormait bien la nuit » malgré la mort de 14 civils. Ses propos avaient créé un tollé chez les législateurs de gauche, qui avaient déposé une requête devant la Cour suprême contre sa nomination au poste de chef d’état-major en 2005.

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