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Un ex-procureur général condamne un possible accord dans le procès Netanyahu

Eran Shendar estime qu'un arrangement judiciaire dans le procès de l'ex-Premier ministre serait "indigne" ; pour Moshe Gafni, un tel dénouement causerait la chute de la coalition

L'ancien procureur de l'État Eran Shendar, le 17 décembre 2007. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
L'ancien procureur de l'État Eran Shendar, le 17 décembre 2007. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Un ancien procureur de l’État a fustigé, mardi, l’éventuel arrangement judiciaire qui pourrait être conclu dans le cadre du procès de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Eran Shendar a qualifié la perspective d’un arrangement judiciaire « d’indigne » et de « déraisonnable ».

« Du point de vue de Netanyahu, l’intérêt est évidemment formidable. Mais pour l’intérêt général, c’est honteux », a dit Shendar dans un entretien accordé à la station de radio 103FM.

Shendar a ajouté que les discussions sur cet arrangement judiciaire avaient délibérément débuté – apparemment à la demande de Netanyahu et de ses avocats – à la dernière minute, juste avant que le procureur-général Avichai Mandelblit ne quitte son poste, à la fin du mois, et avant le prochain témoignage au procès de Shlomo Filber, témoin de l’accusation.

Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications durant une audience à la Cour Suprême sur la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Selon les analystes, le successeur de Mandelblit sera moins en capacité de négocier un accord en tant que nouveau procureur-général.

Shendar a estimé qu’un arrangement judiciaire transmettrait un message erroné aux politiciens.

« Dans un marathon, le dernier kilomètre est assurément le plus dur et, bien sûr, il y a une sensation d’épuisement, mais il y a un message clair qui est transmis ici – tous les politiciens les plus en vue sauront que s’ils sont accusés d’un crime, plus ils s’en prendront au système judiciaire ou aux médias et mieux ils s’en sortiront ».

« C’est un message terrible », a-t-il déploré.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Pour l’ancien procureur, si un arrangement devait voir le jour, Netanyahu lancerait assurément une campagne de communication pour se poser définitivement en victime.

Shendar a été procureur de l’État de 2004 à 2007. Il avait poursuivi pour viol et d’autres chefs d’accusation l’ex-président Moshe Katsav pendant son mandat.

Des informations ont fait savoir, lundi, que Netanyahu avait accepté la présence de la dite « clause de turpitude morale » exigée par Mandelblit dans le cadre d’un arrangement judiciaire – une disposition qui lui interdirait tout rôle public pendant une période de sept ans.

Suite à ces informations, le porte-parole de Netanyahu a diffusé un communiqué citant ses avocats qui disait que l’ancien Premier ministre « n’a pas annoncé qu’il accepte la clause de turpitude morale ».

Le procureur général Avichai Mandelblit à la conférence annuelle de l’INSS à Tel Aviv, le 28 janvier 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Netanyahu lui-même a semblé minimiser les rumeurs portant sur le fait qu’il aurait décidé de conclure un arrangement judiciaire. « Je n’ai pas de nouvelle information à vous transmettre, les gars. S’il y a une nouvelle information à vous transmettre, je vous la transmettrai », aurait dit Netanyahu aux députés du Likud, selon un communiqué.

Dans ce contexte de rumeurs sur la conclusion d’un éventuel accord, Moshe Gafni, chef du parti Yahadout HaTorah, a indiqué que si l’ex-Premier ministre devait signer un accord, le gouvernement actuel s’effondrerait d’ici le printemps.

Gafni a déclaré à la radio militaire que si Netanyahu devait quitter la tête du Likud, la coalition au pouvoir s’écroulerait.

« Si Netanyahu signe un arrangement judiciaire, tout le ciment qui maintient la coalition va se fissurer », a dit Gafni, « et il y aura un nouveau gouvernement à Pessah ».

Le député de Yahadout HaTorah Moshe Gafni en séance plénière de la Knesset, le 26 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pessah, cette année, aura lieu à la mi-avril ; soit le délai le plus court pour une élection est de 90 jours.

Gafni a déclaré que son parti ultra-orthodoxe « va se maintenir dans le bloc de droite, au sein des partis religieux et traditionnels » et que Yahadout HaTorah attendra de voir qui prendra la tête du Likud, à venir, avant de prendre une quelconque décision.

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