Un expert nous emmène dans les « nouvelles » réserves inaugurées par Bennett
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Reportage

Un expert nous emmène dans les « nouvelles » réserves inaugurées par Bennett

Les réserves naturelles en question sont soit fermées au public car situées dans des zones militaires fermées ou appartenant à des Palestiniens et servent souvent à l'agriculture

  • L'entrée de la réserve naturelle de Bitronot Nahal Tirza, gardée par une soldate israélienne (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
    L'entrée de la réserve naturelle de Bitronot Nahal Tirza, gardée par une soldate israélienne (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
  • L'activiste pour la paix et expert de la Cisjordanie Dror Etkes. (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
    L'activiste pour la paix et expert de la Cisjordanie Dror Etkes. (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
  • La frontière de la "réserve naturelle" déclinée en trois langues (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
    La frontière de la "réserve naturelle" déclinée en trois langues (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
  • Les canalisations pourpres qui amènent de l'eau désalinisée dans les enclaves situées sur les terres désignées réserves naturelles (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)
    Les canalisations pourpres qui amènent de l'eau désalinisée dans les enclaves situées sur les terres désignées réserves naturelles (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

Deux semaines avant les élections israéliennes du 2 mars, le ministre de la Défense d’alors, Naftali Bennett, avait annoncé l’inauguration de sept nouvelles réserves naturelles dans la zone de Cisjordanie entièrement placée sous administration israélienne.

« Aujourd’hui, nous apportons une impulsion majeure à la terre d’Israël et nous continuons à développer les activités d’implantation juives dans la Zone C dans les faits, et pas seulement dans nos paroles », s’était-il enorgueilli.

Utilisant le terme biblique désignant la Cisjordanie et qui est souvent utilisé par les Israéliens de la droite de l’échiquier politique, l’ex-ministre – dont la formation d’extrême-droite Yamina a rejoint l’opposition politique face au nouveau gouvernement de Benjamin Netanyahu et de Benny Gantz qui a été intronisé le 17 mai – avait ajouté : « En Judée-Samarie, il y a des secteurs préservés qui offrent des panoramas d’une beauté sidérante ».

« Nous élargirons ceux qui existent déjà et nous en ouvrirons d’autres », avait-il clamé. « J’invite tous les citoyens israéliens à découvrir cette terre, à venir en Judée-Samarie pour y faire des randonnées, à apprendre à la connaître et à continuer l’entreprise sioniste ».

De gauche à droite : Naftali Bennett, Ayelet Shaked et Bezalel Smotrich lors d’un événement de campagne dans l’implantation d’Elkana, en Cisjordanie, le 21 août 2019. (Crédit : Ben Dori/Flash90)

En tant que citoyen israélien amoureux de la nature et des panoramas d’une beauté stupéfiante, il est inutile de dire que l’appel de Naftali Bennett m’avait touché au cœur. Et donc, après les élections (mais avant l’appel au confinement induit par l’épidémie de coronavirus), j’ai décidé de me lever tôt, de tourner mon regard vers l’est et d’orienter mes pas dans cette même direction pour voir de plus près ces nouvelles réserves naturelles désignées par le ministre de la Défense – ces pans de terres qui, sous les termes de « l’accord du siècle » du président américain Donald Trump, sont susceptibles à tout moment d’être annexés par Israël.

Le Tweet de Naftali Bennett, en date du 15 janvier, invitant les Israéliens dans les sept nouvelles réserves naturelles (sic). « C’est ce que les gouvernements israéliens ont eu peur de faire pendant 25 (!) ans ! », dit le Tweet (Capture d’écran )

Mon projet initial était d’arriver dans ces nouvelles réserves accompagné d’un garde de l’Autorité de la nature et des parcs. J’avais espéré découvrir ces nouvelles merveilles à travers les yeux de ces gardes chargés de leur préservation et avoir le récit direct des défis représentés par la conservation de ces terres précieuses.

Mais les représentants de l’Autorité ont poliment décliné ma demande. Ils m’ont expliqué que le ministre avait, en effet, fait une déclaration sur des réserves naturelles situées en Judée-Samarie, mais que les gardes-forestiers chargés de patrouiller et de prendre soin de ces parcs étaient placés sous la juridiction de l’Administration civile. Cette instance, placée sous l’autorité du COGAT (Coordination des activités gouvernementales dans les territoires) au sein du ministère de la Défense, est chargée de gérer le quotidien administratif dans la Zone C.

Mais – à ma grande déception – l’Administration civile a aussi rejeté ma demande d’être accompagné par un garde.

Un porte-parole m’a expliqué que tandis que Naftali Bennett avait fait part de la nouvelle désignation de ces secteurs – et qu’une déclaration ministérielle ne devait pas être sous-estimée et qu’il s’agissait, sans aucun doute, d’une affaire d’importance nationale – la mise en œuvre d’une telle déclaration (« dans les faits et pas seulement dans les paroles », comme l’avait clamé le ministre de la Défense), dépendait du chef du Commandement central.

C’est seulement une fois que ce haut gradé – un général de division officiellement souverain en Cisjordanie – traduirait la déclaration en une ordonnance spécifique qu’elle pourrait faire loi. Et tant que cette ordonnance ne sera pas émise, m’a-t-on dit, il sera impossible de pouvoir entrer en contact avec un gardien pour effectuer cette visite des réserves naturelles.

« Et quand le général de division concerné rendra-t-il publique cette ordonnance très attendue ? », ai-je demandé.

« C’est encore indéterminé », m’a-t-on répondu.

Dror l’explorateur

Et c’est ainsi que je me suis retrouvé en train de dévaler une route pleine de poussière de la Cisjordanie dans un véhicule cabossé, de fabrication chinoise, conduit par Dror Etkes, qui a accepté de m’aider à localiser ces nouvelles zones de réserves naturelles.

Cela fait presque vingt ans que Dror Etkes traque l’expansion des entreprises d’implantations. Il a commencé à le faire en tant que coordinateur au sein de l’organisation La Paix Maintenant, puis dans les rangs du groupe humanitaire Yesh Din, dont les activités se basent sur le bénévolat et, enfin, comme dirigeant de Kerem Navot, l’ONG qu’il a fondée et qu’il fait fonctionner quasiment seul.

Le militant pour la paix et expert de la Cisjordanie, Dror Etkes. (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

Dror Etkes est – selon la personne à qui l’on pose la question – « un militant qui se bat pour la paix, très inquiet pour l’avenir d’Israël » ou « un homme issu des rangs de l’extrême-gauche qui veut saper l’entreprise sioniste avec l’aide de l’argent européen ». Et pourtant, il est également – et ça, nul ne peut le mettre en doute – l’un des meilleurs experts mondiaux sur ce qu’il se passe en Judée-Samarie.

Ce jour-là, c’est avec une joie non déguisée que Dror Etkes accélère le long des routes sales de Cisjordanie, sans boussole et sans carte, plongeant les roues dans les parties inondées de la route (« Vivre n’a aucun intérêt si on ne prend pas de risque, pas vrai ? », s’exclame-t-il) et qu’il discute avec des Palestiniens rencontrés par hasard dans un arabe courant, précisant où on trouve le meilleur shawarma de Jéricho.

Deux Israéliens avec des lunettes de soleil, ça attire trop l’attention. Qui sait ce qu’il peut arriver ?

Mais à l’entrée de la ville antique, Dror Etkes ôte ses lunettes de soleil et me demande de faire de même.

« Malgré toute mon expérience, je ne suis pas à l’aise quand je traverse les secteurs de l’Autorité palestinienne. Deux Israéliens avec des lunettes de soleil, ça attire trop l’attention. Qui sait ce qu’il peut arriver ? », commente-t-il.

Sur le chemin, il me montre des bâtiments, des clôtures, des canalisations, des huttes et des systèmes d’évacuation, les replaçant dans le contexte historique, militaire et politique.

Photo d’illustration : Un homme traverse à vélo le centre vide de la ville de Jéricho, en Cisjordanie, le 25 avril 2001 (Crédit : AP Photo/Rikard Larma)

Par moments, lorsque mon guide ressent le besoin de s’étendre sur un sujet ou de se rafraîchir la mémoire, il sort son ordinateur où se trouvent des cartes de Cisjordanie affublées de séries de photographies aériennes prises depuis 1997, ce qui lui permet de retracer l’histoire des changements historiques visibles à la surface du sol aujourd’hui. Opérations, évolutions au fil du temps, faits unilatéraux sur le terrain : tout est mis à nu.

Nous nous dirigeons vers le sud du fleuve Jourdain, l’un des sept parcs proclamés par Naftali Bennett. La réserve est adjacente à un espace très ouvert où une organisation israélienne appelée Midbaran avait prévu, avant la pandémie de coronavirus, d’organiser pendant Pessah un festival de type Burning Man pour quelque 15 000 participants.

Mais il s’avère que la nouvelle réserve naturelle est impossible à atteindre : elle est située dans une zone militaire fermée et clôturée. Un véhicule militaire israélien, avec un chauffeur réserviste et un capitaine très affable qui s’est installé sur le fauteuil du commandant, nous demande de nous arrêter avant de s’enquérir de ce que nous faisons là, au milieu de nulle part, aux abords d’une zone militaire fermée.

« Le ministre de la Défense a invité les citoyens d’Israël à visiter cette réserve naturelle et j’ai décidé d’accepter cette invitation », dis-je au capitaine, demandant la permission d’entrer. Mais ce n’est pas possible : le capitaine n’a pas les clés pour le portail fermé et, même s’il l’avait en sa possession, l’entrée est interdite, ajoute-t-il, « sans coordination préalable avec le siège de la brigade ».

L’entrée de la réserve naturelle de Bitronot Nahal Tirtza, gardée par une soldate israélienne (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

C’est à peu près la même chose à l’entrée de Bitronot Wadi Tirza, même s’il apparaît clairement qu’une virgule superflue dans la déclaration du ministre sépare cette réserve en deux unités distinctes : Bitronot et Wadi Tirza. La proclamation avait ensuite été reprise dans les mêmes termes par les sites d’information très à droite comme Srugim, Kippa, et Arutz Sheva – indiquant peut-être que même ces fidèles du grand Israël, qui se délectaient d’une nouvelle réserve naturelle, n’avaient absolument aucune idée de quels lieux étaient en jeu.

Mais il faut le dire : si ces fidèles désirent s’approcher de la nouvelle réserve, eux aussi risquent d’être déçus. Une soldate gardant l’entrée du portail nous informe – une fois encore – qu’il est impossible de pénétrer dans les lieux sans coordination préalable avec le quartier-général de la brigade. Et ainsi, non seulement Bitronot Wadi Tirza — qu’on peut librement traduire comme les terres brûlées du canyon de Tirza – forme une seule réserve et non deux, mais elle se trouve de surcroît dans une zone militaire fermée infranchissable pour les civils conformément à l’Ordonnance 151.

Par ordonnance

L’Ordonnance 151, émise en novembre 1967, désignait comme zone militaire fermée environ 23 700 hectares situés entre le fleuve Jourdain et l’Autoroute 90. L’ordonnance avait été livrée à la hâte après la guerre des Six jours pour mettre un terme aux déplacements entre les deux parties de la Jordanie.

Après la désignation de ce secteur comme zone militaire fermée consécutivement à l’ordonnance, les villageois palestiniens qui avaient vécu dans ces espaces y avaient été interdits de séjour. Depuis, des hectares et des hectares de terres, au sein de la zone militaire fermée, ont été offerts aux habitants d’implantation juifs qui cultivent des parcelles situées à l’est de l’autoroute et à l’ouest du fleuve.

Les réserves naturelles créées par Naftali Bennett. (Autorisation : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

Le secteur délimité par l’ordonnance 151 a été de nouveau découpé en 2002 lorsque les travaux de la clôture électrique érigée sur la partie nord de la vallée du Jourdain se sont achevés. Mais même après cette réduction, de nombreux hectares de terres sont encore cultivés par des habitants d’implantation – qui reçoivent progressivement les parcelles concernées depuis les années 1980.

Avec l’aide des cartes aériennes, Dror Etkes identifie 1 000 hectares de terre qui sont aujourd’hui cultivées par des agriculteurs israéliens au sein de la zone fermée. Plus de la moitié était, dans le passé, la propriété de Palestiniens mais, depuis 1967, les propriétaires n’ont pas été en mesure d’y accéder.

Bienvenue au paradis. Il y a des terres, de l’eau, des vergers de dattiers, une clôture contre les voleurs – la seule chose qu’il n’y a pas, c’est des Palestiniens

Les habitants d’implantation et leurs employés embauchés – la majorité est originaire de Thaïlande et du Népal – bénéficient d’autorisations spéciales qui leur permettent d’entrer et de sortir de ces zones fermées. La majorité des terres cultivées aujourd’hui (principalement des vergers de dattiers qui ont prospéré de manière démesurée, ces dernières années, dans la Vallée du Jourdain) ont été cédées aux habitants d’implantation, au cours de la dernière décennie.

« Bienvenue au paradis », s’exclame Dror Etkes. « Il y a des terres, de l’eau dessalée fournie par Israël, des vergers de dattiers, une clôture électrique contre les voleurs – la seule chose qu’il n’y a pas, c’est des Palestiniens ».

Les canalisations pourpres qui amènent de l’eau désalinisée dans les enclaves situées sur les terres désignées réserves naturelles (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

L’eau dessalée vaut le coup d’œil. Elle est amenée par le biais de canalisations pourpres, qui sont présentes partout. Il s’agit d’un projet de purification massive de l’or bleu qui utilise les eaux usées de Jérusalem-Est et des implantations du sud de la Cisjordanie. Elles sont ensuite traitées et drainées à Bet Haarava, puis sont réparties dans les plantations de dattiers de Majhool, star économique de la région.

« Plus de problème de pénurie d’eau ici », souligne Dror Etkes. « Le problème de l’eau a été résolu, et il y en aura encore davantage quand la partie sud des canalisations sera construite ».

Ce projet de purification de l’eau pourra-t-il bénéficier également aux Palestiniens ? A cette question, l’expert répond avec impartialité.

J’ai rencontré un Palestinien qui m’a dit : « Nous, sans les Israéliens, on n’aurait pas à manger

« Tout dépend de comment on considère ce qui est dans l’intérêt des Palestiniens », explique-t-il. « Si on considère que c’est une bonne chose, pour les Palestiniens, qu’il y ait des habitants d’implantation ici, alors la réponse est oui. Et il y a des Palestiniens qui seront d’accord avec vous. J’ai rencontré un Palestinien qui m’a dit : ‘Nous, sans les Israéliens, on n’aurait pas à manger’. C’est une partie de la réalité », ajoute-t-il.

« Entre 2008 et 2017, j’ai cartographié de manière organisée toutes les activités agricoles israéliennes dans la zone. Nous avons plus de 1 000 hectares de terres pour l’agriculture israélienne sous les dispositions de l’ordonnance 151. Que des dattiers. Et qui, selon vous, travaille ces terres ? Des Thaïlandais et des Népalais », continue-t-il.

Photo d’illustration : un employé thaïlandais assis à l’arrière d’un camion avec des fleurs dans l’implantation de Petsael, dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie, le 9 janvier 2014 (Crédit : AP/Oded Balilty)

« Des portails empêchent d’aller sur les terres concernées par l’ordonnance 151 qui – comme c’est déterminé – ne sont accessibles qu’aux habitants d’implantation dans cette zone militaire fermée. Les clés, ce sont les employés thaïlandais et népalais qui les détiennent ainsi que, bien sûr, leurs employeurs. Tout comme il y a des barons palestiniens de la datte, il existe aujourd’hui une nouvelle classe de barons israéliens de la datte », continue Dror Etkes.

Un mystère naturel

Les absurdités de ce voyage semblent commencer à s’accumuler. Ce n’est pas seulement le fait que certaines des réserves naturelles soient situées dans des zones militaires fermées, ces secteurs dont l’accès est interdit au public (ce qui revient à nier la notion même de parc national), et ce n’est pas seulement non plus le fait que deux des parcs n’en forment en réalité qu’un seul ; ce n’est pas non plus le fait qu’une grande partie des terres vouées à la préservation sont en fin de compte des terres agricoles offertes aux agriculteurs israéliens et qui sont aujourd’hui cultivées par des employés étrangers et pas non plus celui, enfin, que les terres adjacentes à l’une des réserves étaient, avant le coronavirus, destinées à accueillir des milliers de hipsters israéliens se déhanchant jusqu’à l’oubli pendant Pessah.

Non. Une absurdité plus grossière encore saute aux yeux : ces réserves naturelles ne sont même pas une nouveauté.

La frontière de la « réserve naturelle » déclinée en trois langues (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

Elles avaient été autorisées comme réserves naturelles il y a de nombreuses années, et elles sont désignées comme telles sur le site internet de l’Autorité de la nature et des parcs. Et, en effet, les écosystèmes locaux, dans ces réserves, semblent plutôt sains – et l’une des raisons les plus importantes de leur bonne santé, semble-t-il, c’est que les visites de l’extérieur n’y sont pas fréquentes. Alors pourquoi le ministre de la Défense a-t-il ressenti une telle urgence à annoncer leur nouveau statut de préservation présumé, deux semaines avant les élections ?

La réponse se trouve dans la question. Cette annonce a sûrement réjoui les électeurs penchant à droite qui l’ont entendue, tous ceux qui désirent ardemment l’application de la souveraineté israélienne sur cette partie du territoire. De surcroît, il y a une différence entre une réserve « certifiée » et une réserve « déclarée ». Une fois qu’une réserve naturelle voit son statut révisé à la hausse – de « certifiée » à « déclarée » – les gardes qui patrouillent dans la région (les mêmes qui n’ont pas désiré que nous nous joignions à eux) bénéficient de l’autorité nécessaire pour faire appliquer la loi dans tout le périmètre du parc.

Selon La Paix Maintenant, la proclamation de Naftali Bennett a inclus des dizaines de milliers d’hectares de terres privées appartenant à des Palestiniens. La réserve de Wadi Malcha toute entière appartient à des personnes privées (environ 1 500 hectares). Dans la réserve des terres brûlées se trouvent vingt hectares de terres privées, et il en existe 570 hectares à Wadi Og.

Une fois publiée la déclaration très attendue du Commandement central, les gardes de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs bénéficieront de compétences semblables à celles de la police dans les parcs – et on peut présumer que les contrevenants à la loi seront traités plutôt différemment s’ils sont Israéliens ou Palestiniens.

Le militant pour la paix et expert de la Cisjordanie Dror Etkes. (Crédit : Amir Ben-David/ Zman Yisrael)

« L’agriculture israélienne s’infiltre dans les réserves naturelles », révèle Dror Etkes. « Et il y a un phénomène plus grave de constructions israéliennes à l’intérieur des réserves naturelles. Dans les ‘nouvelles réserves naturelles seulement’, il y a 80 hectares de terres cultivées par les agriculteurs israéliens. Au total, 120 hectares de terres sont exploitées par des Israéliens dans les réserves naturelles de la Cisjordanie. Et 21 implantations et au moins dix avant-postes sont situés – au moins en partie – dans les réserves naturelles et dans les parcs nationaux ».

L’agriculture israélienne s’infiltre dans les réserves naturelles

En d’autres mots, explique Dror Etkes, la déclaration de ces terres en tant que réserves naturelles n’a rien à voir avec la préservation de la nature – mais beaucoup à voir avec le type de violations qui feront l’objet de poursuites à l’avenir, et celles qui seront ignorées.

« Par exemple, dans la réserve de Wadi Kana – qui est l’une des plus grandes et des plus belles de la Cisjordanie, située à l’ouest de Naplouse – là-bas, en 2002, un avant-poste appelé El Matan a été construit à l’intérieur d’une réserve naturelle », indique Dror Etkes. « Et savez-vous ce qu’ils ont fait pour lui accorder une légitimité ? Ils ont réduit la réserve, ils en ont sorti l’avant-poste. La déclaration d’un secteur comme réserve naturelle, c’est un outil politique. Aucun doute là-dessus. C’est un outil politique et un outil de travail qui permet de contrôler une zone ».

Selon Dror Etkes, venir dans ces réserves intéresse « très peu de visiteurs », car elles « n’attirent pas les randonneurs » – et pas même ceux qui vivent dans les implantations.

« Les réserves naturelles évoquées par Bennett ne comptent pas de ruisseau et n’ont rien de particulièrement attirant », souligne-t-il.

« Ici, ce n’est pas une histoire de tourisme. Ce ne sont que des déclarations ».

L’article original a été publié sur le site Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

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