Un frère et une sœur inculpés pour le meurtre du chef du Mouvement islamique
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Un frère et une sœur inculpés pour le meurtre du chef du Mouvement islamique

Orhan Turk et sa sœur Sabria Koab auraient tendu une embuscade à Muhammad Abu Nijm et à son neveu Omar Kurdi, supposant qu'ils étaient à l'origine d'une attaque contre leur famille

Muhammad Abu Nijm (Autorisation)
Muhammad Abu Nijm (Autorisation)

Les procureurs ont déposé jeudi un acte d’accusation contre d’une frère et une sœur pour la fusillade mortelle d’un responsable du Mouvement islamique dans la ville de Jaffa en janvier.

Orhan Turk, 22 ans, et sa sœur Sabria Koab, 28 ans, sont accusés du meurtre de Mohammad Abu Nijm, un militant bien connu du mouvement politique, et de la tentative de meurtre de son neveu Omar Kurdi.

Les deux suspects vivaient dans le même quartier que les victimes.

Dans la nuit du 23 janvier, deux assaillants ont ouvert le feu et jeté une grenade en direction du domicile d’un ami des accusés. Peu de temps après, plusieurs assaillants ont ouvert le feu en direction du domicile des parents des accusés, ont lancé une grenade paralysante et ont pris la fuite, selon l’acte d’accusation.

Koab et sa famille sont partis après l’attaque, et peu de temps après, deux autres suspects sont arrivés et ont lancé d’autres grenades assourdissantes et un cocktail Molotov sur leur maison.

Les suspects ont supposé que les familles Nijm et Khil (dont Kurdi est membre) étaient responsables de l’attaque coordonnée, et savaient que Kurdi était hébergé chez Abu Nijm ce soir-là.

D’après l’acte d’accusation, le lendemain, le 24 janvier, Koab et Turk ont tendu une embuscade à Kurdi.

Habillé en noir, portant un masque de ski et armé d’un pistolet de 9 mm, Turk a tiré sept fois sur le véhicule de Kurdi, près de la maison d’Abu Nijm, selon l’acte d’accusation.

La scène où Mohammad Abu Nijm a été tué à Jaffa, le 24 janvier 2021. (Crédit : Police israélienne)

Abu Nijm était assis sur le siège passager, et il a également été touché par les tirs. Lui et Kurdi ont été emmenés à l’hôpital Wolfson de Holon pour y être soignés, où Abu Nijm a succombé à ses blessures.

Turk se serait ensuite réfugié dans le véhicule de fuite de sa sœur, qui les a conduits loin de la scène.

Les deux hommes ont été arrêtés en juillet avec trois autres suspects. On ignore encore si ces suspects ont été relâchés ou s’ils seront inculpés à une date ultérieure.

« Orhan Turk et sa sœur Sabria ont planifié le meurtre de Kurdi tout en faisant preuve d’audace et de détermination dans la mise en œuvre de leur projet : ils ont ôté la vie à un homme parce qu’ils soupçonnaient Kurdi d’appartenir à un gang rival », ont écrit les procureurs.

« Bien qu’ils aient remarqué qu’une autre personne était assise dans le véhicule de Kurdi, ils n’ont pas hésité et ont poursuivi l’exécution du projet de meurtre », ont-ils ajouté.

Abu Nijm, 39 ans, n’avait aucun antécédent criminel mais était lié à l’une des familles qui était partie à un conflit plus large dans le quartier.

Il était un militant bien connu du Mouvement islamique, une organisation politique, un groupe de sensibilisation religieuse et un prestataire de services sociaux fondé dans les années 1970. Le mouvement s’est divisé il y a vingt ans ; la branche sud, plus modérée, est représentée par le parti Raam de la coalition, tandis que la branche nord, plus radicale, a été interdite en Israël.

Les villes arabes ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, le crime organisé étant considéré comme le principal moteur.

Les Arabes israéliens accusent la police, qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et ignore largement la violence, qui comprend des querelles familiales, des guerres de territoire mafieuses et des violences contre les femmes.

Le chef de la police israélienne Kobi Shabtai. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Soixante-six Arabes israéliens ont été tués dans des homicides depuis le début de l’année 2021, selon l’organisation à but non lucratif Abraham Initiatives. Douze autres Palestiniens ont été tués dans des homicides présumés criminels à l’intérieur du territoire israélien.

En 2020, 96 Arabes israéliens ont été tués dans des violences, ce qui constitue de loin le bilan annuel le plus lourd de mémoire récente.

Le commissaire de police Kobi Shabtai a convoqué dimanche une réunion d’urgence sur la violence après que quatre Arabes israéliens ont été tués en l’espace de 48 heures.

Deux jours plus tard, la police israélienne a présenté une nouvelle unité d’infiltration chargée de lutter contre la criminalité et la violence endémiques dans les communautés arabes israéliennes.

Selon un rapport de la Knesset de 2020, quelque 400 000 armes illégales circulent en Israël, essentiellement dans les communautés arabes.

Le mois dernier, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes constituaient une « calamité nationale », alors qu’il rencontrait de hauts responsables du gouvernement et de la police pour formuler un plan national de lutte contre ce problème.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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