Une unité d’infiltration luttera contre le crime dans les communautés arabes
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Une unité d’infiltration luttera contre le crime dans les communautés arabes

L'unité du Sinaï comprendra 45 policiers en civil qui cibleront les zones sensibles et le crime organisé dans les communautés arabes en proie à la violence dans tout le pays

La scène du meurtre de Shara Ismail, 50 ans, à Rameh, le 15 août 2021. (Crédit : Police israélienne)
La scène du meurtre de Shara Ismail, 50 ans, à Rameh, le 15 août 2021. (Crédit : Police israélienne)

La police israélienne a présenté mardi une nouvelle unité d’infiltration chargée de lutter contre la criminalité et la violence endémiques dans les communautés arabes israéliennes.

L’unité du Sinaï a été introduite lors d’une cérémonie à laquelle a assisté le commissaire de police Kobi Shabtai. Elle comprendra 45 agents en civil, qui cibleront les zones sensibles et le crime organisé dans les communautés arabes du pays.

Il s’agira de la première unité d’infiltration chargée de lutter contre la criminalité, plutôt que contre le terrorisme, et elle sera principalement chargée de faire respecter la loi parmi les citoyens israéliens.

Shabtai avait fait pression pour que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet participe à la lutte contre la criminalité dans les communautés arabes israéliennes, mais il s’est heurté à l’opposition du procureur général Avichai Mandelblit et du Shin Bet lui-même, qui a fait valoir qu’une telle tâche ne relevait pas de son mandat.

Quelques heures à peine avant le déploiement de l’unité Sinaï, un homme de 57 ans a été abattu par des inconnus à son domicile dans la ville de Haïfa, au nord du pays.

Selon des témoins oculaires, les assaillants ont frappé à la porte du domicile de Muhammed Faiz Dhiab, et comme il n’a pas ouvert, ils ont ouvert le feu dans la maison, a rapporté le site d’information Ynet. D’autres informations indiquent qu’il avait ouvert la porte pour se rendre au travail et qu’il a ensuite été abattu.

Dhiab, père de trois enfants, était chauffeur routier.

Des manifestants allument des fusées éclairantes tandis que d’autres agitent des drapeaux palestiniens lors d’une manifestation des Arabes israéliens dans la ville arabe d’Umm al-Fahm dans le nord d’Israël le 5 mars 2021, alors qu’ils manifestent contre le crime organisé et appellent la police israélienne à arrêter une vague de violences intra-communautaires. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

La mort de Dhiab est le 66e meurtre d’un Israélien arabe cette année, selon l’organisation à but non lucratif Abraham Initiatives. Les villes arabes ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années, le crime organisé étant considéré comme le principal moteur. Douze autres Palestiniens ont été tués dans des homicides criminels présumés à l’intérieur du territoire israélien.

En 2020, 96 Arabes israéliens ont été tués dans des violences, ce qui constitue de loin le bilan annuel le plus lourd de mémoire récente.

Les Arabes israéliens accusent la police, qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et ignore largement la violence, qui comprend des querelles familiales, des guerres de territoire mafieuses et des violences contre les femmes.

Le commissaire de police Kobi Shabtai a convoqué dimanche une réunion d’urgence sur la violence après que quatre Arabes israéliens ont été tués en l’espace de 48 heures.

Selon un rapport de la Knesset de 2020, quelque 400 000 armes illégales circulent en Israël, essentiellement dans les communautés arabes.

Le mois dernier, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que la violence et la criminalité dans les communautés arabes israéliennes constituaient une « calamité nationale », alors qu’il rencontrait de hauts responsables du gouvernement et de la police pour formuler un plan national de lutte contre ce problème.

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