Un funérarium juif de New York où la COVID-19 signifie un triste boom commercial
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Un funérarium juif de New York où la COVID-19 signifie un triste boom commercial

Dominic Carella, directeur du funérarium Gutterman, dit qu'il n'a jamais vu rien de tel que le doublement récent des décès au cours de 30 ans de carrière, et qu'il n'a jamais voulu

  • Le rabbin Jennifer Weinstein à l'intérieur de la maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Le rabbin Jennifer Weinstein à l'intérieur de la maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Les morts des suites de la COVID-19 attendent d'être enterrés. Les cercueils sont placés dans la chapelle principale de la maison funéraire Gutterman avant d'être transportés vers leur lieu d'inhumation final individuel dans un cimetière, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Les morts des suites de la COVID-19 attendent d'être enterrés. Les cercueils sont placés dans la chapelle principale de la maison funéraire Gutterman avant d'être transportés vers leur lieu d'inhumation final individuel dans un cimetière, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Le rabbin Greg Ackerman se tient à côté d'un défunt dans la chapelle du maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Le rabbin Greg Ackerman se tient à côté d'un défunt dans la chapelle du maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Dominic Carella, directeur de la maison funéraire Gutterman et entrepreneur de pompes funèbres, est assis dans l'une des salles d'attente où les familles étaient autrefois autorisées à se recueillir, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Dominic Carella, directeur de la maison funéraire Gutterman et entrepreneur de pompes funèbres, est assis dans l'une des salles d'attente où les familles étaient autrefois autorisées à se recueillir, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Une nouvelle série de morts est amenée sur la zone de chargement de la maison funéraire Gutterman avant d'être placée dans un corbillard, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Une nouvelle série de morts est amenée sur la zone de chargement de la maison funéraire Gutterman avant d'être placée dans un corbillard, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Maison funéraire Gutterman, Woodbury, NY, États-Unis, le 15 mai 2020. (Photo de Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Maison funéraire Gutterman, Woodbury, NY, États-Unis, le 15 mai 2020. (Photo de Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Un cercueil vient d'être placé dans un corbillard à la maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Un cercueil vient d'être placé dans un corbillard à la maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Des défunts sont amenés sur la zone de chargement de la maison funéraire Gutterman avant d'être placés dans un corbillard, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Des défunts sont amenés sur la zone de chargement de la maison funéraire Gutterman avant d'être placés dans un corbillard, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Le personnel du cimetière du Washington Memorial Park porte un cercueil pour l'inhumer, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Le personnel du cimetière du Washington Memorial Park porte un cercueil pour l'inhumer, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • Stanley Parnes, chauffeur de corbillard à la maison funéraire Gutterman, assiste aux funérailles d'une victime du COVID-19 sans famille, par respect, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    Stanley Parnes, chauffeur de corbillard à la maison funéraire Gutterman, assiste aux funérailles d'une victime du COVID-19 sans famille, par respect, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
  • L'enterrement d'une victime de la COVID-19 au cimetière de Washington Memorial Park, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
    L'enterrement d'une victime de la COVID-19 au cimetière de Washington Memorial Park, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

Alors que de nombreuses entreprises sont au bord de la faillite à cause de la pandémie du COVID-19, une industrie a vu son chiffre d’affaires augmenter de façon macabre. Les affaires sont en plein essor pour les morgues ou les entreprises de pompes funèbres.

Fondée en 1892, la société Gutterman’s Funeral Homes organise depuis 128 ans des funérailles pour la communauté juive de la région de New York. À la mi-mars, il est devenu évident que les pompes funèbres Gutterman seraient en première ligne de la crise COVID-19, alors que la pandémie balayait la grande région de New York aux trois États.

Début avril, la plupart des morgues fonctionnaient à pleine capacité, recevant et enterrant des corps à un rythme sans précédent.

Dominic Carella, gérant et directeur de l’agence de pompes funèbres de Woodbury, à Long Island, a été profondément affecté par ce qu’il a vécu ces deux derniers mois.

Les morts des suites de la COVID-19 attendent d’être enterrés. Les cercueils sont placés dans la chapelle principale de la maison funéraire Gutterman avant d’être transportés vers leur lieu d’inhumation final individuel dans un cimetière, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

« Je n’ai jamais rien vu de tel en 30 ans de métier », a-t-il confié au Times of Israel. Même après les attaques terroristes du 11 septembre, qui ont tué des milliers de personnes, « nous n’avons pas eu à subir de telles épreuves », a-t-il déclaré.

Au cours d’une journée pré-pandémique normale, Carella aurait pu assurer la coordination d’environ cinq enterrements. Au plus fort de la pandémie, début avril, le funérarium en faisait le double.

Le rabbin Greg Ackerman se tient à côté d’un défunt dans la chapelle du maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

En outre, les directives sanitaires ont obligé les pompes funèbres à modifier leur mode de fonctionnement et à imposer de nouvelles restrictions pour les personnes endeuillées qui ont perdu des proches à cause de la pandémie.

Maison funéraire Gutterman, Woodbury, NY, États-Unis, le 15 mai 2020. (Photo de Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

Les rassemblements et les éloges à l’intérieur de la salle de recueillement étaient interdits, et les cercueils étaient placés directement dans le corbillard pour être transportés au cimetière pour l’enterrement.

Au plus fort de la pandémie, le funérarium et la chapelle ont été complètement fermés, et la famille – pas plus de 10 personnes et un homme de Dieu – était limitée au cimetière.

Dominic Carella, directeur de la maison funéraire Gutterman et entrepreneur de pompes funèbres, est assis dans l’une des salles d’attente où les familles étaient autrefois autorisées à se recueillir, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

Il était fréquent qu’un membre de la famille filme les funérailles de ceux qui n’étaient pas autorisés à venir.

Pour Carella, l’aspect le plus difficile de la crise sanitaire a été le fait que les familles n’ont pas pu voir leurs proches une dernière fois. Après le décès d’un membre de la famille, ils ne pouvaient voir le défunt que pendant l’enterrement en cercueil fermé.

Un cercueil vient d’être placé dans un corbillard à la maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

« Je crois que c’est probablement la partie la plus difficile du processus », a-t-il dit, car les cercueils ouverts ont été interdits, ainsi que les visites à l’hôpital. « Il est difficile de comprendre ce que les membres de la famille ont dû subir ».

Le personnel du cimetière du Washington Memorial Park porte un cercueil pour l’inhumer, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

Aujourd’hui, la situation s’est stabilisée et le funérarium fonctionne en grande partie comme d’habitude. Cependant, Carella et son propriétaire Philip Gutterman estiment que de nombreuses pratiques de l’ère pandémique sont là pour rester dans un avenir proche.

La « nouvelle normalité » impliquera probablement le port obligatoire de masques, la distanciation sociale et la limitation du nombre de membres de la famille à l’intérieur du funérarium.

Le propriétaire, Phil Gutterman, se tient dans la salle d’exposition de la maison funéraire Gutterman, le 15 mai 2020, à Woodbury, New York. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

Carella pense qu’une deuxième vague est tout à fait possible, et dit que le funérarium « doit être préparé, en ce qui concerne les équipements supplémentaires ».

« Je suis convaincu que nous serons prêts, au cas où cela se produirait », a-t-il déclaré.

L’enterrement d’une victime de la COVID-19 au cimetière de Washington Memorial Park, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)

Pourtant, l’entrepreneur de pompes funèbres reste optimiste et pense que le pays peut se ressaisir. « La grandeur émerge des personnes en crise », a-t-il déclaré.

Stanley Parnes, chauffeur de corbillard à la maison funéraire Gutterman, assiste aux funérailles d’une victime du COVID-19 sans famille, par respect, le 15 mai 2020. (Photo par Jonathan Alpeyrie/Polaris Images)
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