Un funérarium juif de New York où la COVID-19 signifie un triste boom commercial
Dominic Carella, directeur du funérarium Gutterman, dit qu'il n'a jamais vu rien de tel que le doublement récent des décès au cours de 30 ans de carrière, et qu'il n'a jamais voulu
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Alors que de nombreuses entreprises sont au bord de la faillite à cause de la pandémie du COVID-19, une industrie a vu son chiffre d’affaires augmenter de façon macabre. Les affaires sont en plein essor pour les morgues ou les entreprises de pompes funèbres.
Fondée en 1892, la société Gutterman’s Funeral Homes organise depuis 128 ans des funérailles pour la communauté juive de la région de New York. À la mi-mars, il est devenu évident que les pompes funèbres Gutterman seraient en première ligne de la crise COVID-19, alors que la pandémie balayait la grande région de New York aux trois États.
Début avril, la plupart des morgues fonctionnaient à pleine capacité, recevant et enterrant des corps à un rythme sans précédent.
Dominic Carella, gérant et directeur de l’agence de pompes funèbres de Woodbury, à Long Island, a été profondément affecté par ce qu’il a vécu ces deux derniers mois.
« Je n’ai jamais rien vu de tel en 30 ans de métier », a-t-il confié au Times of Israel. Même après les attaques terroristes du 11 septembre, qui ont tué des milliers de personnes, « nous n’avons pas eu à subir de telles épreuves », a-t-il déclaré.
Au cours d’une journée pré-pandémique normale, Carella aurait pu assurer la coordination d’environ cinq enterrements. Au plus fort de la pandémie, début avril, le funérarium en faisait le double.
En outre, les directives sanitaires ont obligé les pompes funèbres à modifier leur mode de fonctionnement et à imposer de nouvelles restrictions pour les personnes endeuillées qui ont perdu des proches à cause de la pandémie.
Les rassemblements et les éloges à l’intérieur de la salle de recueillement étaient interdits, et les cercueils étaient placés directement dans le corbillard pour être transportés au cimetière pour l’enterrement.
Au plus fort de la pandémie, le funérarium et la chapelle ont été complètement fermés, et la famille – pas plus de 10 personnes et un homme de Dieu – était limitée au cimetière.
Il était fréquent qu’un membre de la famille filme les funérailles de ceux qui n’étaient pas autorisés à venir.
Pour Carella, l’aspect le plus difficile de la crise sanitaire a été le fait que les familles n’ont pas pu voir leurs proches une dernière fois. Après le décès d’un membre de la famille, ils ne pouvaient voir le défunt que pendant l’enterrement en cercueil fermé.
« Je crois que c’est probablement la partie la plus difficile du processus », a-t-il dit, car les cercueils ouverts ont été interdits, ainsi que les visites à l’hôpital. « Il est difficile de comprendre ce que les membres de la famille ont dû subir ».
Aujourd’hui, la situation s’est stabilisée et le funérarium fonctionne en grande partie comme d’habitude. Cependant, Carella et son propriétaire Philip Gutterman estiment que de nombreuses pratiques de l’ère pandémique sont là pour rester dans un avenir proche.
La « nouvelle normalité » impliquera probablement le port obligatoire de masques, la distanciation sociale et la limitation du nombre de membres de la famille à l’intérieur du funérarium.
Carella pense qu’une deuxième vague est tout à fait possible, et dit que le funérarium « doit être préparé, en ce qui concerne les équipements supplémentaires ».
« Je suis convaincu que nous serons prêts, au cas où cela se produirait », a-t-il déclaré.
Pourtant, l’entrepreneur de pompes funèbres reste optimiste et pense que le pays peut se ressaisir. « La grandeur émerge des personnes en crise », a-t-il déclaré.
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