Un homme arrêté pour le saccage du mémorial dédié à Shira Banki, tuée en 2015
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Un homme arrêté pour le saccage du mémorial dédié à Shira Banki, tuée en 2015

Le suspect est en détention après avoir enlevé les fleurs déposées là où l'adolescente de 16 ans a été poignardée à mort par un extrémiste ultra-orthodoxe

Un homme vandalise un mémorial dressé en l'honneur de Shira Banki, l'adolescente de 16 ans poignardée à mort lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2015. (Crédit : capture écran / Treizième chaîne)
Un homme vandalise un mémorial dressé en l'honneur de Shira Banki, l'adolescente de 16 ans poignardée à mort lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2015. (Crédit : capture écran / Treizième chaîne)

Un homme a été interpelé et placé en détention après avoir jeté les fleurs ornant le mémorial en l’honneur de l’adolescente de 16 ans poignardé à mort lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2015, a rapporté la Treizième chaîne vendredi.

Les bouquets avaient été déposés par les parents de Shira Banki et des participants au défilé annuel organisé jeudi dans la ville, lequel a réuni entre 10 000 et 15 000 personnes encadrés par plus de 2 000 policiers.

Un passant a filmé l’homme en train d’enlever les fleurs. Ce dernier a ensuite été arrêté et conduit au poste pour être interrogé.

Eran Globus de la Jerusalem Open House, une organisation LGBT de la ville, a qualifié cet acte de vandalisme de « haine lâche et hideuse ».

Shira Banki, 16 ans, avait été poignardée lors de la marche de 2015 par Yishai Schlissel, un extrémiste juif ultra-orthodoxe. Six autres personnes avaient été blessées dans l’attaque.

Schlissel a ensuite été condamné à la prison à perpétuité, alors qu’il venait juste d’en être libéré pour une autre attaque au couteau en 2005 à cette même Gay Pride, laquelle avait fait trois blessés.

Jeudi, sur l’itinéraire de la marche, les participants se sont arrêtés pour déposer des fleurs au mémorial situé rue Keren Hayesod.

Le père de la victime, Uri Banki, a pris part à l’événement, indiquant aux journalistes qu’il était là pour soutenir le message porté par la manifestation.

« Nous marchons aujourd’hui pour la mémoire de Shira et pour défendre la tolérance en Israël », a déclaré Uri Banki. « La tolérance est une chose facile à exiger des autres, mais beaucoup plus dur à observer soi-même ».

Des participants à la Gay pride annuelle de Jérusalem, le 6 juin 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le défilé de jeudi a donné lieu à de nombreuses interpellations — la police a indiqué avoir arrêté 52 personnes, dont une munie d’un couteau et ayant refusé de décliner son identité. Les individus ont été placés en détention, soupçonnés de « prévoir de perturber l’événement et la marche », selon un communiqué de la police. (Ils ont tous été libérés vendredi matin.)

Cet événement annuel est un moment phare pour la communauté LGBT de la ville, à laquelle Tel Aviv et son image gay-friendly font souvent de l’ombre et qui est souvent victime des perpétuelles tensions politiques et religieuses dans la capitale.

La marche longue de 2,5 kilomètres a démarré à 17 heures 30 jeudi, marquant le départ du mois des fiertés en Israël. Alors que 30 000 personnes étaient attendues, seules 10 à 15 000 étaient présentes dans le cortège.

Des drapeaux de la Gay Pride accrochés rue Agron à Jérusalem, dans le centre-ville, avant le défilé de la Gay Pride qui aura lieu le 6 juin. Photo prise le 4 juin 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La participation était plus faible que les années précédentes. En 2016, 25 000 participants environ avaient été enregistrés, dont de nombreux venus exprimer leur solidarité avec la communauté endeuillée par la mort de Shira Banki l’année précédente. L’année dernière, la marche avait rassemblé au moins 15 000 personnes selon les autorités.

La police avait établi une liste de dizaines de fauteurs de trouble potentiels, placés sous haute surveillance dès le matin, a rapporté la Douzième chaîne.

Mercredi, la police avait interpelé un militant de droite, Moshiko Ben Zikri, qui était vêtu comme un membre de la communauté LGBT, pour la deuxième année consécutive, afin de s’introduire dans le cortège, monter sur l’estrade et protester contre l’événement.

Les mesures préventives prises contre les militants anti-LGBT, ainsi que le recrutement de plusieurs agents transgenres ces derniers mois marquent un changement au sein des forces de l’ordre, qui ont été largement mises en cause pour ne pas avoir suffisamment sécurisé les précédentes éditions et pour ne toujours pas avoir retrouvé le responsable de la fusillade qui avait visé un centre pour les jeunes homosexuels à Tel Aviv il y a une dizaine d’années.

Bentzi Gopstein, président de Lehava, et des militants de droite protestent lors du défilé annuel de la Gay Pride à Jérusalem, le 21 juillet 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’organisation d’extrême droite Lehav a organisé une contre-manifestation à proximité de la marche.

La police était trois fois plus nombreuse que les 150 manifestants, selon la Douzième chaîne, et des barrières avaient été dressées pour les empêcher de s’approcher du cortège.

Le dirigeant de Lehava, Bentzi Gopstein, a déclaré : « La marche [des fiertés] a pour but de détruire les valeurs familiales juives et transformer Jérusalem et tout Israël en Sodome. Nous manifesterons pour que chacun sache que l’abomination et la destruction de l’identité juive du pays ne sont pas acceptables ».

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