Un homme qui a poignardé son voisin pour « tuer un Juif » ne devrait pas être jugé
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Un homme qui a poignardé son voisin pour « tuer un Juif » ne devrait pas être jugé

L’accusé, qui a modérément blessé sa victime non juive, ne serait par le premier auteur d’une attaque antisémite présumée à être déclaré irresponsable

L'entrée dans la commune de Bourdon. (Crédit photo : CC BY-SA 3.0 / Wikipedia)
L'entrée dans la commune de Bourdon. (Crédit photo : CC BY-SA 3.0 / Wikipedia)

Le Parquet a requis la reconnaissance en irresponsabilité pénale d’un homme aujourd’hui âgé de 20 ans qui avait déclaré à la police française l’année dernière qu’il avait poignardé son voisin parce qu’il voulait « tuer un Juif ». Il ne devrait ainsi pas être jugé, a rapporté Contact FM.

Selon cette station de radio des Hauts-de-France, l’enquête a montré qu’il n’y avait en réalité pas de caractère antisémite.

Les faits s’étaient déroulés en avril 2019, en plein après-midi, à Bourdon (Somme), commune de 396 habitants située entre Abbeville et Amiens. Un père de famille de 58 ans, ancien directeur d’école primaire et voisin de l’auteur présumé des faits, avait été violemment agressé par arme blanche. Le suspect avait été mis en examen pour tentative de meurtre en raison de l’appartenance à une soi-disant race, religion ou ethnie, réelle ou supposée. Selon plusieurs témoins, il aurait justifié son geste par sa volonté de « tuer un Juif ».

La victime avait reçu huit coups de couteau, à l’abdomen et au visage, jusqu’à ce que l’agresseur soit maitrisé par une personne tierce, présente au domicile de la victime.

La victime, blessée au foie et au visage, avait été transportée en état d’urgence absolue au CHU d’Amiens et opérée dans les heures suivantes. Son agresseur avait également été blessé au crâne et à la main par la personne tierce qui était intervenue. Il avait été hospitalisé sous le régime de la garde à vue, avant d’être écroué à la prison d’Amiens.

Lors de son hospitalisation, le suspect aurait tenté de s’évader et blessé dans sa tentative deux gendarmes chargés de le surveiller. Il a ainsi également été mis en examen pour tentative d’évasion et violences volontaires sur gendarmes.

Il a ensuite expliqué les faits en affirmant qu’il était attaqué par des « robots » et répété qu’il voulait « tuer un Juif », se présentant comme la réincarnation d’Hitler.

Les médecins qui l’ont examiné durant l’enquête ont estimé que l’antisémitisme derrière cette agression n’était pas avéré, mais qu’il était plutôt victime d’un trouble psychologique. Le voisin, qui n’est pas de confession juive, aurait lui-même confirmé qu’il s’agissait d’un acte de démence.

L’an dernier, Kobili Traoré, meurtrier de Sarah Halimi, avait été déclaré irresponsable pénalement. Selon les juges, il aurait eu un « épisode délirant » provoqué par sa consommation de marijuana. Après des réticences, ils avaient néanmoins retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme. De nombreux Juifs et organisations françaises ont protesté contre ce jugement qui, selon eux, reflétait une réticence de la justice à affronter l’antisémitisme.

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