Un juge de NY tacle Facebook pour son manque de sérieux face aux victimes israéliennes du terrorisme
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Un juge de NY tacle Facebook pour son manque de sérieux face aux victimes israéliennes du terrorisme

Nicholas Garaufis a déclaré qu’il est “scandaleux, irresponsable et insultant” que le géant des réseaux sociaux envoie un avocat débutant pour défendre le dossier

Mark Zuckerberg (Crédit : CC Brian Solis, www.briansolis.com and bub.blicio.us.)
Mark Zuckerberg (Crédit : CC Brian Solis, www.briansolis.com and bub.blicio.us.)

Un juge de Brooklyn a, jeudi, férocement taclé Facebook pour avoir fait peu de cas d’une action en justice à hauteur d’un milliard de dollars lancée par des victimes israéliennes du terrorisme, qualifiant « de scandaleuse, d’irresponsable et d’insultante » la décision prise par les services juridiques du géant des réseaux sociaux d’envoyer un collaborateur tout juste débutant dans sa fonction.

Au mois de juillet, les familles de cinq Américains décédés ou bléssés lors d’attaques terroristes en Israël avaient porté plainte contre Facebook pour n’être pas parvenu à interdire au groupe terroriste palestinien du Hamas situé à Gaza, l’utilisation de sa plate-forme de réseautage social.

Cette plainte avait été amenée devant la Cour Fédérale de l’Etat de New-York dans le cadre de l’Anti-Terrorism Act, qui permet aux citoyens américains victimes d’attaques terroristes à l’étranger de porter le dossier devant un tribunal fédéral des Etats-Unis.

Lors d’une audience, jeudi, le juge fédéral américain Nicholas Garaufis a fait publiquement éclater sa colère face au choix de l’avocat venu représenter Facebook.

“Vous pouvez dire à vos amis de Kirkland & Ellis qu’ils doivent tenir bien peu en estime ce tribunal puisqu’ils n’ont pas jugé utile d’envoyer un associé, ici, pour évoquer ce type de question impliquant le terrorisme international et le meurtre de gens innocents en Israël et ailleurs » s’est emporté Garaufis, selon le New York Daily News. “Je pense que c’est scandaleux, irresponsable et insultant”.

Garaufis a annoncé qu’une nouvelle audience se tiendrait le 28 septembre et qu’il voulait qu’un associé de l’entreprise soit présent.

“Je veux m’adresser à quelqu’un qui s’entretient avec les haut-responsables de Facebook”, a-t-il ajouté.

Selon Bloomberg, le juge a souligné que des poursuites similaires se sont jusqu’à présent révélées infructueuses sous les termes de la loi américaine, mais il a maintenu qu’il s’avérait néanmoins nécessaire que le géant des réseaux sociaux traite le dossier de façon sérieuse.

“Mettons la loi de côté et parlons de la réalité”, a déclaré Garaufis.

« La réalité, c’est que des gens communiquent par le biais des réseaux sociaux et que l’issue de ces recherches, que ce soit pour Google ou Facebook, a le potentiel d’amener les gens à commettre des choses très dangereuses, mauvaises et blessantes en termes de terrorisme international et national ».

Est-ce que Facebook n’est pas en train de “rassembler de manière basique des gens qui peuvent avoir le désir de s’impliquer dans le terrorisme avec d’autres qui sont des terroristes ?” , a-t-il demandé. « Est-ce que Facebook n’a pas une obligation morale d’aider à confiner les moyens de communications qui y apparaissent ?“

Il a également suggéré que Facebook détient la “responsabilité sociale” de contacter les victimes hors du cadre du système judiciaire.

“Est-ce que vous n’avez pas une responsabilité sociale en tant que citoyens du monde, sans que ces plaignants aient à se présenter devant moi à Brooklyn ?” a-t-il interrogé. “Il y a des choses qui n’impliquent pas nécessairement les tribunaux ou le système judiciaire”.

Les avocats des membres des familles des victimes de cinq attentats terroristes séparés entre juin 2014 et mars 2016, réclament 1 milliard de dollars de dommages et intérêts de la part du géant des réseaux sociaux.

“Facebook a en toute connaissance de cause fourni un soutien matériel et des ressources au Hamas sous la forme d’une plate-forme de réseautage social en ligne et de services de communication”, avait indiqué un communiqué de presse émis par les parties civiles au mois de juillet.

« Le Hamas a utilisé et s’est appuyé sur la plate-forme de réseautage social en ligne Faceook et ses services de communication comme sur l’un de ses outils les plus importants pour faciliter et mener son activité terroriste”.

Les principales victimes dans cette action judiciaire sont Stuart et Robbi Force, les parents de Taylor Force, vétéran de l’armée de 29 ans et étudiant de troisième cycle à l’Université de Vanderbilt, poignardé à mort par un terroriste du Hamas tandis qu’il visitait Israël lors d’un voyage organisé par son école au mois de mars.

D’autres parties civiles de sont ajoutées à ces victimes : les parents de Naftali Fraenkel, 16 ans, kidnappé et tué en Cisjordanie en juin 2014 ; les parents de Chaya Zissel Braun, tuée dans une attaque à la voiture-bélier à Jérusalem en octobre 2014 alors qu’elle était âgée de 3 mois, le fils de Richard Lakin, 76 ans, qui a trouvé la mort lors d’une attaque au tir et au couteau en octobre 2015 et Menachem Mendel Rivkin, qui fut gravement blessé lors d’une attaque au couteau perpétrée à Jérusalem en 2016.

Chaya Zissel Braun, le bébé de 3 mois qui a été tuée dans une attaque terroriste à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)
Chaya Zissel Braun, le bébé de 3 mois qui a été tuée dans une attaque terroriste à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit : Capture d’écran Deuxième chaîne)

Toutes les victimes étaient des citoyens américains.

Ce sont Robert Tolchin, avocat des Droits civils à New-York et Nitsana Darshan-Leitner, directrice du Shurat HaDin-Israel Law Center, qui ont amorcé la procédure judiciaire.

Au mois d’août, un juge fédéral de San Francisco avait révoqué une action judiciaire accusant Twitter de soutenir le groupe Etat islamique. Les familles des deux hommes tués en Jordanie avaient affirmé que Twitter avait contribué à leur mort en permettant au groupe de se connecter et d’utiliser des comptes Twitter accounts.

Le juge avait reconnu aux côtés de Twitter que la compagnie ne pouvait être tenue pour responsible dans la mesure où la loi fédérale protège les fournisseurs de service qui n’offrent leur plate-formes qu’à la tenue du discours, sans le créer autant pour eux-mêmes.

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