Un milliardaire israélien s’attaque à la crise de l’eau à Gaza
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Un milliardaire israélien s’attaque à la crise de l’eau à Gaza

Avec sa machine qui extrait l'humidité de l'air et la transforme en eau potable, Mikhael Mirilashvili entend répondre au besoin en eau de la population de Gaza

L’ingénieur palestinien Raed Nakhal du Palestine Children's Relief Fund, à droite, et l'ingénieur Abdullah Dewik, vérifient la machine GEN-M qui génère de l'eau potable à l'hôpital pédiatrique al-Rantisi à Gaza, le 30 avril 2020. (Crédit : AP / Adel Hana)
L’ingénieur palestinien Raed Nakhal du Palestine Children's Relief Fund, à droite, et l'ingénieur Abdullah Dewik, vérifient la machine GEN-M qui génère de l'eau potable à l'hôpital pédiatrique al-Rantisi à Gaza, le 30 avril 2020. (Crédit : AP / Adel Hana)

Mikhael Mirilashvili, milliardaire géorgien-israélien, entend s’attaquer à la crise de l’eau à Gaza.

Alors qu’il a délivré sa première machine GEN-M au centre médical Al-Rantisi de Gaza la semaine dernière, l’homme d’affaires explique vouloir fournir d’ici un an assez d’unités de sa technologie dans la zone afin de répondre au besoin en eau de toute la population.

L’engin, fabriqué par la société Watergen de Mirilashvili, ressemble à un générateur électrique. Il fonctionne de la même façon qu’un déshumidificateur, en extrayant l’humidité de l’air et en la transformant en eau potable.

Le modèle qui a été envoyé à l’hôpital de Gaza génère environ 800 litres par jour. Watergen affirme que ses plus grands générateurs peuvent fournir de l’eau potable à des milliers de personnes et peuvent coûter jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

En raison des fréquentes coupures d’électricité à Gaza, la machine sera prochainement branchée à des panneaux solaires.

La technologie de Watergen a été initialement développée pour un usage militaire en 2009. Mirilashvili entend généraliser son usage depuis qu’il a fait l’acquisition de la société en 2017.

S’il affirme avoir été confronté aux restrictions et à la bureaucratie israélienne avant de pouvoir exporter sa machine à Gaza, il espère maintenant que la procédure sera simplifiée. Si la première machine a été offerte à l’hôpital, les prochaines seront vendues avec une réduction importante.

Le projet à Gaza a été réalisé en collaboration avec l’homme d’affaires palestinien Fayez Husseini, basé à Jérusalem, qui est propriétaire d’une société de développement à Gaza.

Les machines de Watergen ont déjà été déployées dans plus de 60 pays à travers le monde.

Mikhael Mirilashvili, homme d’affaires et philanthrope israélo-géorgien. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’empire familial Mirilashvili s’est bâti dans le domaine de l’immobilier en Russie. Depuis, il s’est étendu à différents secteurs, et notamment la construction de centres commerciaux, les casinos, l’industrie pétrolière, les énergies renouvelables ou encore les médias (Yitzchak Mirilashvili, le fils de Mikhael Mirilashvili, est l’un des principaux investisseurs de VK, le premier réseau social russe).

Mikhael Mirilashvili est le président du Congrès juif de Saint-Pétersbourg. Dans les années 2000, il a passé huit ans derrière les barreaux en Russie suite à une affaire de kidnapping – il a toujours nié les accusations. La Cour européenne des droits de l’homme a jugé en 2008 que son procès n’avait pas été équitable. Il vit aujourd’hui principalement en Israël, où il a participé à de nombreuses œuvres philanthropiques.

Depuis la prise du pouvoir du groupe terroriste palestinien du Hamas en 2007, Gaza se trouve enclavé, avec des échanges commerciaux restreints avec Israël et l’Egypte. Faute de moyens adéquats et en raison des coupures d’électricité incessantes qui entraînent de nombreux dysfonctionnements des stations d’épuration existantes – mais inadéquates –, les eaux usées sont généralement déversées directement dans la mer Méditerranée et s’infiltrent dans les eaux souterraines de Gaza. 97 % de ses réserves en eau sont ainsi jugées impropres à la consommation humaine.

Aujourd’hui, si Gaza a besoin d’environ 200 millions de mètres cubes d’eau par an, les aquifères naturels ne peuvent en fournir que 50 millions.

On compte également trois canalisations transportant de l’eau potable depuis Israël vers Gaza, établies sur trois sites localisés le long de la frontière. Une quatrième canalisation d’eau, la plus grande, est en cours de construction par Israël.

Dans des accords passés avec les Palestiniens, Israël s’est engagé à transférer 10 millions de mètres cubes d’eau à Gaza chaque année. En pratique, le pays en transfère approximativement 11,5 millions.

En 2018, un centre d’urgence de traitement des eaux usées du nord de Gaza ayant coûté 43 millions de dollars et parrainé par la Banque mondiale a été inauguré. Il permet de jouer un rôle important dans les problèmes d’eau et aide à protéger les aquifères menacés de la bande. Il fournit également de l’eau recyclée sans danger pour l’irrigation.

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