Après Sony, nouvel accord entre Israël et le Japon
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Après Sony, nouvel accord entre Israël et le Japon

Incapables de résister à cette grande vague – et aux accords entre les grandes sociétés – Israël et le Japon s'embrassent

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Benjamin Netanyahu et Shinzo Abe - 12 mai 2014 (Crédit : Toru Hanai/POOL/AFP)
Benjamin Netanyahu et Shinzo Abe - 12 mai 2014 (Crédit : Toru Hanai/POOL/AFP)

Quand une grande entreprise comme Sony achète une start-up israélienne dans le cadre d’un accord, qui selon les rumeurs s’élèveraient à 220 millions de dollars, les gouvernements israélien et japonais – même s’ils ont été réticents dans le passé à le faire – ne peuvent plus maintenir les échanges commerciaux entre les deux pays secrets.

Incapables de combattre cette tendance commerciale, les deux gouvernements se joignent à cette nouvelle relation commerciale. Et cette semaine, les responsables de la région de Kansai du Japon ont signé un protocole d’accord sur l’augmentation des liens commerciaux et économiques.

La signature de ce protocole d’accord faisait partie de l’ordre du jour d’une délégation composée de 30 hauts responsables gouvernementaux et représentants d’entreprises japonais qui se sont rendus en Israël cette semaine, qui comprenait les responsables du Kansai – parmi eux les représentants des principales villes japonaises comme Osaka, Kobe et Kyoto – ainsi que des cadres des entreprises Panasonic et Hitachi, ainsi que les représentants de l’agence nationale d’exportation du Japon.

En raison de l’activité récente, le Japon est devenu un partenaire commercial important pour Israël, selon l’administration du commerce extérieur.

En 2015, les exportations israéliennes vers le pays ont atteint 770 millions de dollars. Les importations en Israël ont atteint 1,3 milliard de dollars. Les principaux secteurs d’exportation concernent l’industrie optique et du matériel de laboratoire, des machines électriques et mécaniques, et des fournitures médicales et pharmaceutiques.

Pendant des années, le commerce entre Israël et le Japon était un secret bien gardé, le japonais conservateur était réticent à embrasser Israël par peur d’offusquer ses fournisseurs en pétrole arabes, ou à cause des différences culturelles.

Mais il y a plusieurs années, les choses ont changé, quand le Japon s’est rendu compte qu’Israël était devenu un centre de technologie de pointe incontournable – fabriquant le genre de technologies nécessaires pour le Japon pour sortir son économie moribonde du marasme dans lequel il s’est embourbé et pour pouvoir rivaliser efficacement avec sa nouvelle concurrence asiatique, en particulier la Chine.

« Les Japonais ont finalement réalisé qu’il y a une Silicon Wadi au Moyen-Orient qui rivalise avec la Silicon Valley en Californie, et ils ne veulent pas se laisser distancer », a déclaré Vered Farber, le directeur de l’Asian Institute, une organisation israélienne qui cherche depuis longtemps à convaincre les entreprises japonaises et israéliennes qu’il y avait beaucoup à gagner à travailler ensemble.

« Il leur a fallu un certain temps pour s’en rendre compte mais ils ont finalement commencé à comprendre qu’Israël peut avoir ce qu’il faut pour garder leur économie dynamique et en pleine croissance ».

Ce changement a eu lieu en mai 2014, lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu au Japon. Et la relation s’est solidifiée après que le leader japonais, Shinzo Abe, est arrivé en Israël en janvier 2015.

Depuis lors, les deux gouvernements ont signé de nombreux accords – en octobre dernier, par exemple, Israël a ouvert un bureau commercial à Osaka pour promouvoir sa technologie automobile parmi les constructeurs automobiles japonais – et les entreprises japonaises comme Toyota ont organisé des événements technologiques, des hackathons, et d’autres projets en Israël, pour chercher des talents dans les start-ups.

Mais une fois qu’une entreprise comme Sony est impliquée dans des affaires commerciales avec Israël, cela ne sert plus à rien de garder les choses secrètes.

En janvier, il a été signalé (et confirmé par Sony en mars) que le géant de l’électronique japonais achetait Hod Altair Semiconductor, basé à Hod Sasharon, un développeur de puces 4G (LTE) pour les appareils.

Symbolisant exactement ce que le Japon recherche en Israël, l’accord, selon Shlomo Gradman, le président de l’Israeli High Tech CEO Forum, est très probablement axée sur les tentatives de Sony de concurrencer le marché en croissance rapide de l’Internet des choses (IOT).

« C’est un [accord] gagnant-gagnant », a déclaré Gradman. « Sony obtient une entrée dans de nouveaux marchés, comme l’Internet des choses, auquels il n’avait pas accès auparavant alors qu’Israël obtient la présence d’une véritable multinationale. – L’une des rares du Japon, de créer un précédent pour d’autres de ce pays ».

Selon l’autorité de Libre-échange [ALE] du ministère israélien de l’Economie et de l’Industrie, de tels accords sont susceptibles d’augmenter – peut-être même de façon spectaculaire – tandis que le Japon cherche à puiser dans l’expertise technologique d’Israël pour relancer son économie et la culture d’entreprise, qui « se ternissais » dans ces dernières années : en 2010, la Chine a dépassé le Japon pour la place de la deuxième plus grande économie du monde. (Il est maintenant la troisième puissance économique et la Chine elle-même en 2014 a surpassé les Etats-Unis).

Et pour limiter les pertes, a expliqué Farber, les Japonais se tournent vers l’innovation israélienne. Avec Tokyo, qui s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques de 2020, a déclaré l’ALE, le Japon va montrer encore plus d’intérêt dans la technologie israélienne, car il cherche des solutions en cyber-sécurité, dans les grosses données, la technologie médicale, et plus encore.

« L’économie et la société japonaise suit un processus unique de changement et d’ouverture, qui représente une occasion en or pour Israël », a déclaré le dirigeant de l’ALE, Ohad Cohen.

« Le dialogue entre nos pays se poursuivra et il permettra de renforcer la coopération économique entre Israël et le Japon dans le futur ».

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