Un Palestinien dans un état critique après avoir été visé à bout portant
Rechercher

Un Palestinien dans un état critique après avoir été visé à bout portant

L'armée enquête sur l'incident, survenu pendant une opération de confiscation de matériel de construction ; un soldat pourrait avoir accidentellement déchargé son arme

Des Palestiniens opposés à des soldats israéliens à l'extérieur d'al-Tuwani en Cisjordanie, le 1er janvier 2021. (Capture d'écran)
Des Palestiniens opposés à des soldats israéliens à l'extérieur d'al-Tuwani en Cisjordanie, le 1er janvier 2021. (Capture d'écran)

Vendredi, un Palestinien non armé se trouvait dans un état critique après avoir été visé à bout portant par les forces israéliennes lors d’une opération visant à confisquer du matériel de construction illégal dans le sud de Hébron en Cisjordanie.

Le ministère palestinien de la Santé a déclaré plus tard qu’Abu Aram était resté paralysé du cou jusqu’aux pieds après l’incident.

Vendredi soir, l’armée a confirmé des informations palestiniennes selon lesquelles Haroun Abu Aram, 24 ans, habitant du village non reconnu d’al-Rakeez, avait été touché par des tirs réels.

Dans une vidéo des faits, on peut voir des Palestiniens se bagarrer avec des soldats israéliens afin de tenter de récupérer un générateur apparemment confisqué par les troupes. Lors de la bagarre, un coup de feu retentit hors du champ de la caméra. Lorsque celle-ci se retourne vers la scène du tir, Abu Aram est allongé au sol, après avoir été apparemment abattu.

Un porte-parole de l’armée israélienne a décrit les faits comme « un incident violent au cours duquel la violence a été dirigée contre les forces israéliennes par un certain nombre de Palestiniens ».

« Les Forces de défense israéliennes reconnaissent qu’un Palestinien a été abattu à balles réelles lors de l’incident. L’incident est en cours d’examen », a déclaré le porte-parole.

Celui-ci a en outre affirmé que la fusillade avait été précédée de « jets massifs de pierres » par une foule de plus de 150 Palestiniens contre les troupes israéliennes. Bien que loin d’être rare lors des manifestations palestiniennes en Cisjordanie, aucun jet de pierre n’a été filmé dans la vidéo.

La Douzième chaine a rapporté qu’une enquête initiale avait déterminé qu’un soldat avait accidentellement déchargé son arme, frappant Abu Aram.

Abu Aram ne semblait pas armé et la vidéo indiquait qu’aucun coup de semonce n’avait été tiré avant qu’il ne soit touché. Il a d’abord été emmené dans un hôpital de la ville locale de Yatta, a déclaré le groupe de défense des droits B’Tselem, ajoutant que la balle l’avait touché au cou. Il a été emmené dans un hôpital plus important à Hébron après que son état s’est détérioré.

Selon B’Tselem, le différend concernant le générateur a éclaté lors d’une opération visant à confisquer du matériel de construction, menée par les forces israéliennes pour empêcher les constructions palestiniennes illégales dans la zone. Les autorités israéliennes ne reconnaissent pas de nombreuses implantations palestiniennes dans la région du sud de Hébron et démolissent régulièrement des constructions qu’elles jugent illégales.

Les Palestiniens rétorquent qu’Israël leur délivre rarement des permis de construire dans la zone C. Environ 200 000 Palestiniens vivent dans la zone, où les accords d’Oslo accordent à Israël un contrôle civil et sécuritaire complet – y compris sur la construction. Mais entre 2016 et 2018, selon les données remises par l’administration civile au groupe de défense des droits Bimkom, seulement 1,4 % des demandes de permis émises par des Palestiniens ont été acceptés.

Selon un rapport de B’Tselem, la maison d’Abu Aram, dans le village non reconnu d’al-Rakeez, a été démolie en novembre par les autorités israéliennes dans le cadre d’une opération de démolition de constructions palestiniennes illégales.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...