Un policier mis en examen pour avoir uriné sur un prisonnier palestinien
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Un policier mis en examen pour avoir uriné sur un prisonnier palestinien

Yaakov Ben Nissim Cohen était accusé d’avoir agressé un détenu menotté et les yeux bandés, après que la Cour suprême a annulé la décision de classer l’affaire

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un soldat israélien devant un tribunal militaire. Illustration. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)
Un soldat israélien devant un tribunal militaire. Illustration. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Les procureurs ont mis en examen un agent de police israélien le mois dernier. Il est accusé d’avoir uriné sur un détenu palestinien menotté et les yeux bandés, dans un poste de police en Cisjordanie il y a 10 ans.

Selon l’acte d’accusation, le 6 novembre 2007, le policier Yaakov Ben Nissim Cohen aurait amené un suspect palestinien, Muhammad Warani, aux toilettes, dans l’implantation de Maalé Adoumim, en Cisjordanie.

Cohen, qui avait 18 ans au moment des faits, a forcé le suspect, qui avait les poings liés et un bandeau sur les yeux, à s’asseoir sur la cuvette des toilettes. L’agent a ensuite « uriné sur le visage du plaignant, pendant que le plaignant hurlait et secouait sa tête de part et d’autre », ont écrit les avocats de la défense.

« Dans les actes décrits ci-dessus, l’accusé à psychologiquement agressé une victime sans défense », précise l’acte d’accusation qui a été déposé le premier novembre, mais n’a été diffusé que dimanche.

La plainte a été déposée par le département des enquêtes policières, au sein du ministère de la Justice.

L’affaire avait été classée par le procureur général Avichai Mandelblit, mais en mars, la Cour suprême avait annulé cette décision après un appel à la Cour suprême déposé la Commission publique contre la torture en Israël au nom du plaignant.

Les juges n’ont pas statué sur l’affaire elle-même, mais ont déterminé que les accusations justifiaient des poursuites judiciaires.

La cour a indiqué que la preuve se basait en partie sur des conversations entre les prisonniers qui ont été enregistrés à leur insu.

« L’odeur de l’urine est répugnante… heureusement qu’ils ne m’ont pas forcé à la boire… ils pissent dans un sac et le mettent sur ta tête », avait raconté la victime à son compagnon de cellule.

Le policier en question a démenti les faits durant l’interrogatoire, mais son ADN a été retrouvé sur les vêtements de l’accusation. Il été arrêté et a avoué que les faits se sont effectivement produits, mais qu’il s’agissait d’un accident.

Il a affirmé qu’il avait emmené le détenu menotté et avec un bandeau sur les yeux aux toilettes, et une fois que le détenu avait fini, il lui a demandé de se mettre de côté pour qu’il puisse lui-même aller aux toilettes.

Le policier a ajouté qu’il avait demandé au détenu de se mettre à genoux, afin qu’il reste en position de force si quelque chose se produisait. Quand le détenu a bougé de manière inattendue, le policier s’est tourné et l’a attrapé. C’est probablement à ce moment-là que des gouttes d’urine ont atterri sur les vêtements du prisonnier, a-t-il dit.

Quand les enquêteurs lui ont demandé pourquoi il avait nié les faits, il a répondu qu’il avait honte de sa « maladresse ».

Les juges ont estimé que la réponse de l’officier pouvait être considérée comme un aveu, mais aussi comme un mensonge, et c’est donc à la cour qu’il reviendra de statuer.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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