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Un rabbin et activiste américano-israélien inculpé pour obstruction à l’armée en Cisjordanie

Arik Ascherman aurait empêché de passer et aurait poussé deux soldats israéliens en octobre. Niant tout acte répréhensible, il dit avoir aidé un berger palestinien bloqué par les soldats

Le rabbin réformé israélien d'origine américaine Arik Ascherman, membre de l'organisation de défense des droits de l'homme « Rabbins pour les droits de l'homme », aide des Palestiniens à récolter des olives dans les environs de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 novembre 2023. (Photo Aris Messinis/ AFP)
Le rabbin réformé israélien d'origine américaine Arik Ascherman, membre de l'organisation de défense des droits de l'homme « Rabbins pour les droits de l'homme », aide des Palestiniens à récolter des olives dans les environs de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 novembre 2023. (Photo Aris Messinis/ AFP)

JTA — Un rabbin d’origine américaine, militant de gauche des droits de l’Homme, a été inculpé d’obstruction à des soldats en Cisjordanie, dont l’un est un résident d’implantation d’extrême droite accusé de crime de haine en 2015.

Les violences ont considérablement augmenté en Cisjordanie et l’administration Biden s’est dite favorable à la répression de la violence des résidents d’implantation dans ce territoire.

Le rabbin Arik Ascherman, qui se rend fréquemment en Cisjordanie pour aider les agriculteurs palestiniens à accéder à leurs terres, a été inculpé la semaine dernière pour avoir empêché deux soldats de passer et poussé l’un d’entre eux « avec son corps et ses mains à une quinzaine de reprises » le 10 octobre, trois jours après l’attaque terroriste du Hamas contre Israël qui a déclenché la guerre à Gaza.

Ascherman est inculpé de deux chefs d’accusation pour infraction à la loi qui oblige les citoyens à ne pas empêcher les fonctionnaires d’exercer leurs fonctions, auxquels s’ajoute une inculpation pour agression ayant causé des lésions corporelles.

L’acte d’accusation indique qu’Ascherman « a arrêté la voiture et s’est approché des soldats en pointant une caméra sur eux ». Évoquant les soldats, il aurait dit : « Ces gens essaient de faire du terrorisme ici », selon une copie du document qu’Ascherman a publiée sur sa page Facebook.

Ascherman, qui nie tout acte répréhensible, dit avoir voulu aider un berger à se rendre depuis son petit village de Wadi a-Siq, dans le centre de la Cisjordanie, dans une ville plus grande et s’être opposé aux soldats pour qu’ils laissent passer le berger. Il a expliqué à la Jewish Telegraphic Agency qu’un enregistrement de l’incident remis à la police prouvait son innocence.

Il a ajouté que l’incident s’était produit au « tout début de la guerre, à un moment où les émotions étaient à leur paroxysme » et qu’il avait demandé aux soldats : « Les gens peuvent-ils entrer et sortir du village ? » Par la suite, il aurait dit : « Ils appellent la police, qui se présente et me bouscule. J’essaie de faire retomber la tension, de calmer la situation. »

A l’issue de l’incident, Ascherman avait été arrêté puis remis en liberté quelques heures plus tard. Il s’est vu imposer une interdiction d’entrer en Cisjordanie pendant deux semaines et a été inculpé pour l’incident de la semaine dernière.

Les violences en Cisjordanie ont considérablement augmenté depuis les attaques du 7 octobre, lorsque des terroristes du Hamas ont massacré près de 1 200 Israéliens et fait 253 otages séquestrés à Gaza.

Israël a riposté en se lançant dans une contre-offensive pour démanteler le Hamas et libérer les otages. Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, plus de 27 000 Palestiniens ont été tués à Gaza. Ces chiffres, qui ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante, pourraient comprendre les victimes des tirs de roquettes manqués des organisations terroristes de Gaza et ne font pas le distinguo entre civils et hommes armés.

Israël revendique la mort de 10 000 hommes armés du Hamas à Gaza, auxquels s’ajoute le millier de terroristes tués en territoire israélien le 7 octobre dernier. Selon les chiffres de Tsahal, 226 de ses soldats ont été tués à Gaza.

Par ailleurs, des centaines de Palestiniens de Cisjordanie ont été tués lors d’opérations antiterroristes israéliennes, notamment contre des cellules présumées du Hamas. Le taux de chômage est très élevé depuis qu’Israël a révoqué les permis de travail accordés en temps normal aux Palestiniens après le 7 octobre.

Suite au départ de 16 communautés de bergers victimes de harcèlement ces derniers mois, les organisations de défense des droits de l’homme ont laissé entendre que d’autres communautés palestiniennes de Cisjordanie pourraient être expulsées.

Selon Haaretz, quelques jours après l’incident impliquant Ascherman, dans le même secteur, des soldats et civils israéliens ont battu et déshabillé des hommes palestiniens. Leur unité militaire a depuis été fermée.

Rabbin réformé et ex-dirigeant du groupe Rabbins pour les droits de l’homme, Ascherman est une personnalité clivante de la société israélienne : il a déjà été interpelé pour activisme en Cisjordanie. Cela fait des années qu’il s’affronte régulièrement aux forces de sécurité israéliennes et aux résidents d’implantations d’extrême droite, et il a lui-même subi des attaques.

La semaine dernière, le président américain Joe Biden a sanctionné quatre résidents d’implantations israéliens accusés d’avoir attaqué des Palestiniens et des militants israéliens : l’un d’entre eux était d’ailleurs impliqué dans un incident survenu en 2021 avec Ascherman.

Selon l’acte d’accusation, l’un des deux soldats qu’Ascherman aurait empêché de passer est Hanoch Ganiram, inculpé en 2015 pour l’incendie criminel contre l’abbaye Dormition à Jérusalem et d’autres incendies criminels et violences contre des Palestiniens. En 2015, Ganiram, alors âgé de 19 ans, avait été accusé d’infraction à l’interdiction d’entrer en Cisjordanie et soupçonné d’ « activités illégales et violentes mettant en danger les Palestiniens et leurs biens ».

Pour Ascherman, cette accusation est « l’occasion d’obtenir justice… et aussi de braquer les projecteurs sur ce qui se passe réellement, et plus que jamais, en matière de coopération entre forces de sécurité et résidents d’implantations en Cisjordanie.

Il assure ne pas avoir l’intention de lever le pied sur ses activités, même s’il est accusé d’avoir « attaqué des soldats » suite à la publication de l’acte d’accusation.

« Je n’ai aucunement l’intention d’abandonner ce que je fais », assure-t-il. « Malgré tous les risques que cela comporte, cela fait partie de mon engagement envers ce territoire. J’ai déjà été blessé par le passé, avec d’autres militants. »

Il ajoute : « Les Palestiniens souffrent certainement beaucoup plus que nous. »

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