Un soldat d’élite inculpé après un tir accidentel; des responsables mis en cause
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Un soldat d’élite inculpé après un tir accidentel; des responsables mis en cause

L’armée a inculpé un sergent de l’unité Duvdevan pour homicide après qu’il a abattu le sergent chef Shahar Strug en "jouant" avec son pistolet avant un exercice

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Shahar Strug (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)
Shahar Strug (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)

Mardi, l’armée a annoncé qu’elle tiendrait pour responsables plusieurs officiers qui ont régulièrement manqué à leur devoir en termes de respect des protocoles de sécurité en matière d’armes, alors qu’un sergent a été inculpé pour avoir accidentellement tué un camarade de l’unité d’élite Duvdevan plus tôt cette année.

L’armée a fait savoir que toute la chaîne de commandement, jusqu’aux commandants de l’unité, risquait d’être sanctionnée et réprimandée dans l’affaire de la mort du sergent chef Shahar Strug.

Une enquête interne de l’armée a démontré que les commandants n’ont pas assez fait pour empêcher l’accident, au cours duquel le sergent – qui peut seulement être identifié par la première lettre de son nom de hébreu, « Nun » – a déchargé son arme dans les quartiers de l’unité avant un séance d’entraînement, tuant Strug.

« La commission [d’enquête] a mis en évidence des pratiques défaillantes dans l’usage illégal d’armes au sein de l’unité de combattants à laquelles les deux soldats appartenaient, et cela ne semble pas être un incident isolé », a expliqué l’armée dans un communiqué.

Jeudi, « Nun » a été inculpé pour homicide à la Cour martiale du Commandement central à Jaffa.

Selon l’acte d’accusation, lui et Strug étaient en train de jouer avec les pistolets Glock-19 fournis par l’armée dans leur caserne sur la base de Nachson, au centre la Cisjordanie, à l’approche d’un exercice, tirant leurs armes de leurs étuis alors qu’il se tenaient l’un en face de l’autre.

Strug, âgé de 20 ans et originaire de Givatayim, avait bloqué le canon de son pistolet avec un embout de sécurité en plastique. Pourtant, « Nun » ne l’avait pas fait et a chargé son pistolet, selon l’acte d’accusation.

« Après que l’accusé a sorti son arme, il a visé dans le centre du tronc du corps de la victime, a chargé son pistolet et a appuyé sur la gâchette. En conséquence des actions de l’accusé, une balle a été tirée du pistolet, qui a atteint la victime au torse, la tuant », pouvait-on lire sur l’acte.

La commission d’enquête interne du Commandement du Centre a mis en évidence le fait que l’unité avait des antécédents de violations des règles de sécurité en matière d’armes à feu.

Un des incidents les plus publics s’est déroulé en 2015, quand deux soldats de l’unité Duvdevan se sont filmés en train de tuer un chameau en passant à côté dans leur voiture alors qu’ils étaient en permission.

« La commission a déterminé qu’il y avait une surveillance insuffisante de la part de commandants pour empêcher cette utilisation des armes en violation des ordres et des protocoles, en dépit de la prise de conscience de tels incidents, après des trois autres incidents au cours desquels une balle avait été tirée par accident dans l’unité », a expliqué l’armée.

Dans ce contexte, une promotion prévue pour le commandant de l’unité, un lieutenant colonel, a été annulée, et il ne pourra pas monter en grade avant au moins deux ans.

Le commandant du peloton, un major, a reçu une « réprimande sévère », a dit l’armée. Lui aussi ne pourra pas obtenir de promotion pendant au moins deux ans.

Le chef de l’équipe de Strug, un lieutenant, et le sergeant de l’équipe ont été démis de leurs fonctions.

Pour des raisons de sécurité, les officiers et le sergent ne peuvent pas être identifiés par leur nom.

L’armée a noté que la commission d’enquête a proposé un certain nombre de modifications dans les règles de sécurité des armes de l’unité, et le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a approuvé ces modifications.

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