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Un syndicat étudiant australien appelle de façon virulente au boycott d’Israël

Ce syndicat de l’Université de Melbourne a adopté une motion accusant Israël de nettoyage ethnique envers Palestiniens ; les organisations juives condamnent des propos "fielleux"

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken, à droite, escorté par le vice-chancelier Duncan Maskell, vient tenir une assemblée publique étudiante à l’Université de Melbourne à Melbourne, en Australie, le 10 février 2022. (Kevin Lamarque/AP)
Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken, à droite, escorté par le vice-chancelier Duncan Maskell, vient tenir une assemblée publique étudiante à l’Université de Melbourne à Melbourne, en Australie, le 10 février 2022. (Kevin Lamarque/AP)

Le syndicat étudiant de l’université la plus prestigieuse d’Australie a adopté, lundi, une motion appelant à un boycott académique complet de toutes les institutions israéliennes. Une motion similaire avait été adoptée en avril avant d’être abrogée, face aux réactions et aux menaces d’action en justice.

La nouvelle motion, adoptée lundi par l’Union des étudiants de l’Université de Melbourne (UMSU), comporte un préambule très virulent accusant Israël du « nettoyage ethnique de plus de 350 villages et villes palestiniens » et de « déplacement forcé de plus de 750 000 Palestiniens, [expulsés] de leur maison ».

Le libellé de cette motion est sensiblement le même que celui d’avril. On ignore à ce stade les motifs d’adoption de cette nouvelle motion, approuvée par 13 voix contre 3, avec une abstention.

Le préambule dit qu’Israël est un « État colonial d’apartheid » exploitant une « prison à ciel ouvert » dans la bande de Gaza. Le document suggère qu’Israël a l’intention de procéder à une expulsion forcée des Gazaouis suivie du « massacre » de ceux qui restent dans l’enclave côtière.

La motion d’avril avait déclenché une très forte réaction contre le syndicat étudiant. À l’époque, un porte-parole de l’Université de Melbourne avait pris ses distances avec ce syndicat, affirmant que la motion ne reflétait « en rien la position de l’Université de Melbourne ».

Peu de temps après son adoption, un étudiant non-juif, Justin Riazaty, avait intenté une action en justice, au motif que la motion était contraire à la loi australienne. Sous une pression juridique croissante et en proie à des accusations d’antisémitisme, le syndicat étudiant avait révoqué la motion en juin.

En réponse à cette nouvelle motion, qui assimile le sionisme à une idéologie coloniale raciste, une coalition de groupes de défense des Juifs australiens a publié une déclaration commune disant : « Il est malhonnête de suggérer que cette motion se limite à la critique du gouvernement israélien ou exprime un soutien aux Palestiniens… la motion est imprégnée de racisme et les mots employés ruissellent d’une haine pleine de fiel. »

La déclaration également fait mention de « menaces de mort et d’attaque au couteau » qui, selon elle, sont encouragées par le discours antisémite sur le campus.

« Nous nous inscrivons en faux contre les mensonges distillés dans cette motion. Nous rejetons le déni de la connexion juive à Israël, et nous soutenons les étudiants juifs qui font face à un antisémitisme permanent et à une haine implacable sur le campus en raison de ce qu’ils sont et de leurs liens familiaux, ethniques, culturels et religieux avec Israël », conclut le communiqué.

S’adressant au Times of Israel, le leader étudiant juif Josh Feldman a déclaré : « Le syndicat étudiant a envoyé un message clair, à savoir que les étudiants juifs ne sont pas les bienvenus sur le campus, et ce message aura forcément des conséquences concrètes. »

Feldman a invité ses camarades étudiants juifs à « faire en sorte que cette affaire se sache », malgré le manque de soutien du grand public. « En aucun cas, nous ne tolérerons des attaques contre la communauté juive dans les universités australiennes. »

Illustration : Un homme tient une affiche lors d’un rassemblement en soutien au mouvement BDS à Albany New York, le 15 juin 2016. (Crédit : AP/Mike Groll)
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Suite à la menace d’une nouvelle action en justice contre le syndicat étudiant, sa présidente, Sophie Nguyen, a qualifié cette réaction de « révoltante » dans une série de publications sur Twitter, lundi.

« Nous avons agi comme il se doit, fidèles aux buts et objectifs de notre syndicat étudiant. Il est honteux que des menaces juridiques soient utilisées pour saper les processus démocratiques et effrayer les étudiants », a-t-elle déclaré.

Évoquant les accusations persistantes d’antisémitisme, Nguyen a déclaré : « Je m’oppose fermement à l’antisémitisme. Cela n’a rien à voir avec notre motion et cela ne devrait jamais être toléré sur le campus – ou ailleurs. De la même manière, je refuse d’assimiler antisémitisme et soutien à la lutte palestinienne pour l’autodétermination et la liberté. »

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