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Un tribunal militaire prolonge la détention de Bassem Saadi

Israël a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de libérer le chef du Jihad islamique, bien que le groupe terroriste l'ait exigé comme condition du cessez-le-feu

Bassam Saadi, chef du groupe terroriste palestinien Jihad islamique en Cisjordanie, arrivant pour son audience de détention provisoire à la prison d'Ofer, à l'extérieur de Jérusalem, le 16 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Bassam Saadi, chef du groupe terroriste palestinien Jihad islamique en Cisjordanie, arrivant pour son audience de détention provisoire à la prison d'Ofer, à l'extérieur de Jérusalem, le 16 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mardi, un tribunal militaire a prolongé une nouvelle fois la détention provisoire d’un haut responsable du Jihad islamique palestinien, une dizaine de jours après que son arrestation a déclenché une série de combats entre Israël et le groupe terroriste dans la bande de Gaza.

Le tribunal de la base militaire d’Ofer a ordonné que Bassem Saadi soit maintenu en détention pendant six jours supplémentaires, soit jusqu’au 21 août.

Saadi a été arrêté le 1er août par les troupes israéliennes dans la ville de Jénine, en Cisjordanie. Le Jihad islamique palestinien a réagi en annonçant qu’il déclarait l’état d’alerte. L’armée israélienne, affirmant avoir des indications concrètes d’une attaque imminente à la frontière de Gaza, a verrouillé la zone pendant plusieurs jours.

Le verrouillage a été maintenu pendant quatre jours, car on craignait que le Jihad islamique palestinien ne tente de tirer des missiles anti-chars sur des cibles israéliennes le long de la frontière. Finalement, Tsahal a lancé une série de frappes aériennes à Gaza contre un commandant supérieur du Jihad islamique palestinien et plusieurs escadrons de missiles anti-chars guidés, ce qui a provoqué des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

Après près de trois jours de combats, un accord de cessez-le-feu a été signé, qui incluait « l’engagement de l’Égypte à œuvrer à la libération » de Saadi et d’un autre détenu palestinien, Khalil Awawdeh, a déclaré un porte-parole du groupe terroriste.

Israël n’a pas l’intention de libérer les prisonniers avant terme, ont déclaré des responsables après le cessez-le-feu.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré la semaine dernière qu’il n’était « pas au courant d’une promesse de libérer des terroristes ».

La semaine dernière, l’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient, Tor Wennesland, a déclaré que son bureau avait dépêché une équipe pour rendre visite à Saadi.

Wennesland a déclaré que la visite faisait partie des engagements de l’ONU dans le cessez-le-feu qui a mis fin au conflit de trois jours entre Israël et le Jihad islamique palestinien.

« Je réitère que le cessez-le-feu à Gaza est très fragile et j’appelle toutes les parties à préserver le calme », a déclaré Wennesland sur Twitter.

Le Jihad islamique palestinien, quant à lui, a menacé de reprendre les combats si Israël ne libérait pas Saadi et Awawdeh, qui mène actuellement une grève de la faim pour protester contre sa détention sans inculpation.

Le tribunal d’Ofer, situé en Cisjordanie, a déjà prolongé la détention de Saadi à deux reprises depuis son arrestation. Le groupe terroriste n’a fait aucune déclaration en réponse à la décision de mardi.

Bassem Saadi dans un tribunal militaire en Cisjordanie, le 11 août 2022. (Crédit : Doron Kadosh/Radio militaire)

Selon le Shin Bet, Saadi, 61 ans, a été emprisonné et libéré par Israël à sept reprises par le passé.

Le service de sécurité a déclaré que ces derniers mois, Saadi avait « redoublé d’efforts pour relancer les activités du Jihad islamique palestinien, et était à l’origine de la création d’une force militaire importante pour l’organisation dans le nord de la Cisjordanie en général et à Jénine en particulier ».

« Sa présence a été un facteur important dans la radicalisation des agents de l’organisation sur le terrain », a ajouté le Shin Bet.

Les tensions sont restées vives en Cisjordanie, alors que les forces de sécurité israéliennes ont intensifié leurs raids d’arrestation et leurs opérations à la suite d’une vague meurtrière d’attaques terroristes contre des Israéliens qui ont fait 19 morts au début de l’année.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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