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Gantz : Les dirigeants du Jihad islamique à Gaza devraient être « inquiets »

Le ministre de la Défense a prévenu qu'Israël utilisera sa puissance militaire "autant que nécessaire", et que le chef du Jihad islamique ne sera en sécurité nulle part

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprimant lors d'une conférence de presse à l'extérieur du Commandement Sud de Tsahal, dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d'Israël, le 5 août 2022. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprimant lors d'une conférence de presse à l'extérieur du Commandement Sud de Tsahal, dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d'Israël, le 5 août 2022. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a mis en garde les dirigeants du Jihad islamique palestinien mardi, avertissant qu’ils devraient tous être « inquiets » en cas de violation du cessez-le-feu avec Israël.

S’adressant au radiodiffuseur public Kan dans sa première interview depuis qu’un cessez-le-feu négocié par l’Égypte a mis fin à l’opération Aube dimanche soir, Gantz a déclaré qu’il espérait que le cessez-le-feu tienne le plus longtemps possible mais que, si nécessaire, « Israël utilisera sa puissance [militaire] autant qu’il le faudra ».

« Tous les chefs des organisations terroristes devraient être inquiets », a déclaré Gantz, en référence aux dirigeants du Hamas de Gaza ainsi qu’à ceux du Jihad islamique palestinien. « Ziad Nakhaleh dirige le Jihad islamique palestinien, il ne sera en sécurité nulle part, qu’importe où il ira », a averti le ministre de la Défense.

Le secrétaire général du Jihad islamique palestinien, Ziad Nakhaleh se trouve en Iran depuis la semaine dernière pour des réunions avec les principaux bailleurs de fonds du groupe terroriste.

Nakhaleh était en Iran tout au long de l’opération militaire israélienne Aube, lors de laquelle ont eu lieu des assassinats ciblés de dirigeants du groupe. Le commandant du groupe dans le nord de Gaza, Tayseer Jabari, a été tué dans un raid israélien vendredi dernier, lors de la première frappe de Tsahal.

Les dirigeants israéliens ont déclaré que l’opération avait été lancée en raison des menaces concrètes que le groupe fait peser sur les civils israéliens à la frontière, après l’arrestation à Jénine, plus tôt dans la semaine, du chef du groupe terroriste en Cisjordanie, Bassem Al-Saadi.

Le chef du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, à gauche, rencontrant à Téhéran le secrétaire général du Jihad islamique palestinien, Ziad Nakhaleh, le 6 août 2022. (Crédit : Avec l’aimable autorisation)

Samedi soir, Israël a tué Khaled Mansour, commandant du Jihad islamique palestinien dans le sud de Gaza, lors d’une frappe aérienne dans la ville palestinienne de Rafah.

Le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza et qui a affronté Israël lors de quatre opérations majeures depuis qu’Israël a quitté le territoire côtier en 2005, est resté en marge des combats.

Gantz a déclaré que, bien que le Hamas soit resté à l’écart cette fois-ci, « dans les quatre confrontations précédentes à Gaza, Israël a eu le dessus et cela ne changera pas ».

Le ministre de la Défense a déclaré que la reconstruction de Gaza – après plusieurs séries de combats qui ont causé d’importantes destructions – était subordonnée à la libération par le Hamas des otages israéliens et des dépouilles des soldats tués au combat.

« Il s’agit là du principal obstacle entre la reconstruction de la bande de Gaza et son maintien dans son état actuel », a déclaré Gantz.

Le Hamas détient deux Israéliens vivants – Avraham Mengistu et Hisham al-Sayed – ainsi que les corps de deux soldats israéliens, Oron Shaul et Hadar Goldin que le groupe islamiste détient comme monnaie d’échange depuis la guerre de 2014.

Israël et le Hamas ont tenu des pourparlers indirects pour tenter de parvenir à un accord d’échange de prisonniers. Un accord similaire conclu en 2011 pour libérer le soldat israélien Gilad Shalit des griffes du Hamas a permis la libération de 1 027 prisonniers de sécurité palestiniens, dont beaucoup de terroristes condamnés.

Dans le cadre du cessez-le-feu, qui est entré en vigueur dimanche soir, le Jihad islamique palestinien a demandé la libération de deux de ses membres – une demande qu’Israël a refusée, y voyant une ouverture plus large pour négocier avec le Hamas sur un éventuel échange de prisonniers.

Dans une autre interview accordée mardi, Gantz n’a toutefois pas exclu la libération potentielle des deux prisonniers du Jihad islamique palestinien.

« Al-Saadi a été arrêté à juste titre et je n’ai pas connaissance d’une promesse de libérer des terroristes », a déclaré Gantz à la Douzième chaîne, faisant référence au chef du Jihad islamique arrêté en Cisjordanie. « Je ne peux pas non plus promettre qu’ils ne seront pas libérés. Nous n’avons pas pour habitude de garder les gens en prison pour rien. »

Il a ajouté qu’Israël était en contact avec l’Égypte – qui a négocié le cessez-le-feu – tout en lançant un avertissement au Hamas.

« Je tiens à préciser – le Hamas n’est pas un partenaire d’Israël, il est toujours dans notre ligne de mire… Nous nous sommes préparés à la possibilité que le Hamas se joigne à la bataille », a déclaré Gantz.

Les hauts commandants palestiniens du Jihad islamique Khaled Mansour, à droite, et Tayseer Jabari, à gauche, sur une photo non datée. Les deux hommes ont été tués lors de frappes aériennes israéliennes distinctes les 5 et 6 août 2022. (Crédit : Ashraf Amra)

« Nous sommes absolument conscients qu’il y a une réelle opportunité dans ‘l’après-coup’ que nous ne voulons pas manquer », a déclaré un responsable israélien aux journalistes lors d’un briefing lundi, soulignant les tentatives en cours pour organiser le retour des captifs civils israéliens et des corps des soldats de Tsahal détenus par le Hamas, entre autres impératifs.

Le Jihad islamique palestinien, quant à lui, a menacé de reprendre les combats si Israël ne libère pas Saadi, le responsable des activités de l’organisation en Cisjordanie, et Khalil Awawdeh, qui mène actuellement une grève de la faim pour protester contre sa détention administrative par Israël.

Des dégâts importants

Plus tôt dans la journée de mardi, l’armée israélienne a déclaré qu’elle pensait avoir infligé des dommages « importants » au Jihad islamique palestinien, en détruisant des infrastructures, dont un tunnel vers Israël décrit comme un projet « phare », et en éliminant ses hauts responsables.

Israël et le Jihad islamique palestinien ont mis fin dimanche à trois jours de combats intenses au cours desquels des centaines de roquettes ont été lancées sur des villes israéliennes et des frappes aériennes intenses ont eu lieu dans la bande de Gaza. Des dizaines de Palestiniens ont été tués au cours de cette opération, selon les autorités du Hamas à Gaza, bien qu’Israël ait attribué la plupart de ces décès aux tirs errants des combattants palestiniens.

Dans un briefing concluant l’opération Aube, qui a duré 66 heures, Tsahal a déclaré avoir « considérablement endommagé le Jihad islamique palestinien et ses dirigeants ».

L’armée a lancé les premières frappes aériennes après avoir reçu des indications d’une attaque imminente de missiles guidés antichars du Jihad islamique palestinien contre des civils ou des soldats israéliens à la frontière. C’est lors de ces frappes que Jabari a été tué.

Selon de nouveaux détails révélés par Tsahal mardi, l’armée a utilisé une petite bombe planante pour atteindre l’appartement de Jabari au sixième étage d’une tour de 14 étages dans la ville de Gaza.

La munition est entrée au niveau du septième étage, a fracassé le plafond du sixième avant d’exploser, afin de minimiser les dommages collatéraux, ont déclaré des officiers supérieurs.

Dans une autre frappe aérienne opérée la deuxième nuit de l’opération, c’est le commandant du Jihad islamique palestinien au sud de Gaza, Khaled Mansour, qui a été tué.

Une unité d’artillerie tire dans la bande de Gaza pendant l’opération Aube, dans une image publiée par l’armée le 9 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Tsahal a retardé la frappe sur Mansour à plusieurs reprises, car son appartement était proche d’une aire de jeux. L’armée a publié une vidéo du report de la frappe, dans le but de montrer ses efforts pour éviter de nuire aux civils, même dans le cas d’une cible de première importance.

Au total, Tsahal a frappé 170 cibles au moyen d’avions de combat, de drones armés, d’hélicoptères de combat et d’éléments d’artillerie, précise le briefing.

Ces cibles comprenaient 17 postes d’observation (dont six étaient tenus par des agents du Jihad islamique palestinien), 45 sites de lancement de roquettes et de mortiers, huit camps militaires, huit caches d’armes, six installations de production d’armes, trois cibles liées à la force navale du Jihad islamique palestinien et un « tunnel d’attaque ».

Au total, au cours des trois jours, ce sont 1 175 roquettes et mortiers qui ont été tirés depuis la bande de Gaza sur Israël. Le système anti-roquettes Dôme de fer a intercepté plus de 380 projectiles tirés vers des zones peuplées, avec un taux de réussite sans précédent de 97 %, a déclaré Tsahal.

L’armée israélienne a déclaré que la cible la plus importante de l’opération avait été le tunnel d’attaque touché ce dimanche. Elle a précisé que le tunnel, construit sous la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, devait être utilisé pour « entrer et attaquer Israël par surprise ». C’était le projet « phare » de Mansour, selon un officier supérieur de Tsahal.

Tsahal a précisé que le tunnel ne traversait pas le territoire israélien, car Israël dispose d’un mur souterrain de haute technologie qui protège sa frontière avec Gaza contre les tunnels d’attaque, qui menaçaient autrefois les villes du sud.

Les autorités du Hamas dans la bande de Gaza ont déclaré que 45 personnes avaient été tuées lors des combats, dont 16 enfants, sans toutefois préciser combien d’entre elles appartenaient à des groupes terroristes. On estime à 15 le nombre de morts membres du Jihad islamique palestinien, du Hamas et d’un autre groupe terroriste, moins important.

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