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Un « Voyage de la Paix » mené par le rabbin Yann Boissière en Israël et Cisjordanie

Le voyage vise à "détruire les clichés par la vertu du témoignage direct et de l’expérience partagée" et "concrétiser le désir de dialogue, la compréhension mutuelle"

Du 13 au 21 juin prochains, l’association Les Voix de la Paix et son président, le rabbin parisien Yann Boissière, organisent un voyage en Israël et dans les Territoires palestiniens.

« Tolérance, respect, désir de comprendre les réalités du terrain, ouverture… Ces valeurs communes qui nous rassemblent au sein des Voix de la Paix seront les valeurs phares de ce voyage », écrit l’association, qui compte réunir 120 personnes de toutes confessions et cultures : juifs, chrétiens, musulmans, religieux ou non religieux.

La voyage les conduira de Ramallah à Jérusalem en passant par Bethléem et jusqu’à Raanana, et « s’attachera à défaire les clichés, ceux qui nous empêchent de voir la vivacité, la créativité et les énergies positives de la société israélienne et palestinienne ».

Il est possible de s’inscrire au voyage par mail (camille.glas@lesvoixdelalapaix.fr) ou téléphone (06 07 13 20 15). Organisé par l’agence de voyage Joubert Voyages, le prix estimé est d’environ 2 500 € en chambre double en hôtels 4*, en demi-pension, avec ds vols El Al aller-retour Paris-Tel Aviv, les transferts, les rencontres et visites.

« À l’heure où certaines conceptions politiques du religieux font un retour, parfois violent, au sein de nos sociétés, à l’heure où les turbulences du monde exercent une pression économique sur nos vies de plus en plus âpre, et que diverses formes de racisme n’ont pas disparues au sein de nos sociétés, la France tend à se fragmenter et à se replier en ‘communautés’ arc-boutées sur des ‘identités’ de moins en moins à l’écoute de l’autre. Résolues à lutter contre cette atomisation de la société, convaincues que la diversité des identités et des convictions est avant tout une richesse pour la nation, et que la laïcité est notre cadre idéal pour permettre le vivre-ensemble, les Voix de la Paix, depuis leur création en 2016, développent un mouvement porteur de dialogue entre les religions, spiritualités et mouvements philosophiques au sens le plus large, et la République, en insistant sur son attribut de laïcité », écrit Yann Boissière. « Parmi les tensions récurrentes qui apparaissent au sein de ce dialogue entre personnes de bonnes volontés, le conflit israélo-palestinien occupe une place de choix. Il s’agit d’une ‘importation du conflit’ illégitime, nous le savons bien. Car nous ne sommes ni ‘Israéliens’, ni ‘Palestiniens’ mais citoyens français. Mais c’est un fait, la sympathie des uns ou des autres envers telle ou telle cause emporte souvent la raison qui devrait prévaloir dans les débats. »

« Les représentations parfois entretenues par certains segments des ‘communautés d’identité’ enveniment trop souvent le débat d’idée, et détournent l’objectif d’un dialogue de fraternité, qui en premier lieu devrait concerner la société française, où il y a suffisamment à faire… Quand le prisme religieux s’y ajoute, la conversation devient souvent impossible… »

« Face à cette situation, les Voix de la Paix sont animées de deux convictions : – Les français de confession ou de culture musulmane, juive ou chrétienne sont avant tout des citoyens français. Il y a urgence à recentrer les représentations et le dialogue sur ce que nous avons en commun, ici, dans la société française. – Le dialogue ‘inter-convictionnel’, lorsqu’il crée des temps de rencontre, des moments de fraternité ou des actions communes, pulvérisent les clichés. Autrement dit, les spiritualités, lorsqu’elles s’engagent dans le sens du dialogue et de la paix dont elles sont porteuses, ne sont pas le problème. Au contraire, elles sont un élément de la solution. »

« C’est la raison pour laquelle nous proposons un ‘voyage de la paix’, un voyage en Israël et dans les Territoires palestiniens avec deux objectifs : – Détruire les clichés par la vertu du témoignage direct et de l’expérience partagée. Ce déminage ne peut se faire que par l’abandon des fantasmes, et passe par une connaissance des faits, du terrain et de ses acteurs. Face aux fake news de toutes sortes, loin des clichés mortifères des flashes d’actualité, il s’agira de donner à voir la réalité et la vivacité de la société israélienne et palestinienne. – Concrétiser par une ‘aventure de groupe’ le désir de dialogue, la compréhension mutuelle, la connaissance partagée. »

L’association précise néanmoins ne pas chercher à devenir « actrice de la situation ».

« La solution vers une paix appartient aux acteurs locaux et à eux seuls », écrit-elle. « Nous ne sommes pas davantage un lobby, et telle ne sera pas notre posture. S’il est une ‘action’ accomplie par le groupe, c’est sur nous-même qu’elle s’exercera. S’ouvrir, se transformer, en ressortir enrichi par le contact de l’autre, avec une compréhension nuancée des situations et des enjeux. Nous nous transformerons par ce voyage. Aller là-bas, y aller ensemble, c’est agir ici, en France, pour incarner le désir de fraternité, la compréhension mutuelle des identités, dans le grand cadre de la citoyenneté française et de la laïcité. »

Lors du voyage, des visites et rencontres, l’accent sera mis sur les facteurs d’espoir, les possibles, les ouvertures ; la multiplicité et la richesse des approches : politique, économique, sociétale. Mais l’accent sera mis avant tout sur la dimension spirituelle. Mais également le ‘nouveau’, les graines du futur, les hommes et les projets qui parient sur la confiance. Les acteurs rencontrés incarneront des facteurs d’espoir, éloignés des solutions de court-terme. »

Le voyage, qui incarnera toutes les sensibilités, sera encadré par quatre « référents religieux » : – pour l’islam : Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France ; pour le christianisme : le frère Louis-Marie Coudray, directeur du Service national pour les relations avec le judaïsme de 2016 à 2019, supérieur de l’abbaye d’Abou Gosh ; pour le judaïsme : Yann Boissière, rabbin du Mouvement Juif libéral de France et de JeM (Judaïsme en mouvement).

Des temps de prières communs et d’échanges seront prévus au sein du groupe, et des guides spécialisés, dont les profils seront équilibrés en termes de sensibilité, guideront les rencontres.

Le programme intégral, sujet à modifications, est disponible sur le site des Voix de la Paix.

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