Une fillette de 12 ans enfourche son handbike pour collecter des fonds pour Alyn
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Une fillette de 12 ans enfourche son handbike pour collecter des fonds pour Alyn

Privée de ses membres inférieurs, Meital Weiss, fan de handbike, célèbre son 12è anniversaire en rejoignant 500 autres cyclistes pour une course annuelle de collecte de fonds

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Meital Weiss, paraplégique et participatrice régulière à la course cycliste annuelle d'Alyn qui a lieu du 10 au 14 novembre 2019 (Autorisation :  Atara Weiss)
Meital Weiss, paraplégique et participatrice régulière à la course cycliste annuelle d'Alyn qui a lieu du 10 au 14 novembre 2019 (Autorisation : Atara Weiss)

En montant mardi sur son handbike, Meital Weiss a participé pour la troisième fois à la course cycliste des « Roues de l’Amour » de l’hôpital Alyn – un parcours permettant de collecter des fonds qui célèbre cette année sa 20e édition.

Mais elle sera probablement la seule à arborer un casque brillant portant le chiffre 12, en l’honneur de son anniversaire qui aura lieu dans trois semaines.

Ses parents, Dubi et Atara Weiss, ont également enfourché leur vélo, dédiant leur course à la bat mitzvah de Meital qui aura lieu au mois de décembre.

Weiss avait 10 mois lorsqu’on lui a décelé une tumeur dans la moelle épinière, entraînant une paralysie de ses membres inférieurs. Elle avait été une première fois opérée aux Etats-Unis, une intervention suivie par une période de rééducation au sein de l’hôpital Alyn pour enfants et jeunes adultes à Jérusalem, et par des contrôles réguliers.

Après une autre intervention chirurgicale au dos, il y a trois ans, Meital a passé encore deux mois intensifs à Alyn pour y retrouver des forces. Son physiothérapeute au sein de l’établissement lui a alors conseillé de rejoindre un groupe cycliste formé d’anciens malades et ou de patients actuels d’Alyn, qui prennent part à la course de vélo annuelle des Roues de l’amour.

Ce parcours cycliste de cinq jours, qui vise à collecter de l’argent pour le service de rééducation, s’est élancé dimanche depuis la forêt de Biria, près de Safed, et s’achèvera jeudi à Jérusalem, fort de 500 cyclistes et bénévoles venus de 12 pays.

Les coureurs circuleront sur l’un des six itinéraires proposés, notamment sur un parcours Challenge grimpant au sommet du mont Hermon et sur un parcours du Siècle long de 100 kilomètres.

La course devrait permettre de lever 3 millions de dollars. Elle est connue pour rassembler des soutiens dévoués d’Alyn – avec notamment six coureurs présents depuis la course d’origine, un cycliste âgé de 86 ans s’alignant au départ pour la cinquième fois et avec la participation, cette année, de la joueuse de hockey néerlandaise Carina Benning, médaillée d’or olympique.

Carina Beninnga, l’une des cyclistes participant à la course des Roues de l’amour en 2019, médaillée d’or de hockey sur glace aux Jeux Olympiques avec l’équipe de Hollande. (Autorisation : Tomer Feder)

La famille Weiss a commencé le vélo au moment où Meital – surnommé Mati – a débuté cette activité. Ses parents l’ont accompagnée à ses séances de rééducation à Alyn, à l’ouest de Jérusalem, depuis leur habitation située dans un moshav aux abords de Modiin.

Le couple n’avait pas vraiment fait de cyclisme depuis son mariage, il y a 18 ans. Les vélos achetés l’avaient été pour le plaisir.

Maintenant, clame Weiss, elle se sent à nouveau en bien meilleure forme, et la famille s’entraîne la nuit et, parfois, le vendredi matin.

Meital Weiss entre ses parents, Dubi (à gauche) et Atara Weiss (à droite) dans leurs tee-shirts pour la course de vélo d’Alyn (Autorisation : Atara Weiss)

Pour sa part, Meital adore faire du vélo avec son groupe.

« C’est un groupe de bénévoles formidable avec beaucoup de camaraderie », dit Weiss. « C’est particulier d’être impliqué, de rencontrer ces gens, d’entrer dans leurs vies. Ce sont des personnalités totalement différentes, de tous âges. Elles se réunissent pendant presque toute l’année pour faire du vélo avec les enfants ».

Meital Weiss participera à sa troisième course des Roues de l’Amour pour Alyn sur son handbike (Autorisation : Atara Weiss)

Meital Weiss, élève de cinquième dans une école locale pour filles, est l’une des 17 cyclistes du groupe d’Alyn à prendre part à la course. Elle avait presque 10 ans quand elle a commencé à faire du handbike (vélo couché).

« Il fallait qu’elle puisse manipuler le guidon », explique son père. A cette époque, il fallait placer deux coussins pour pousser vers l’avant la petite fille – c’est la troisième de leur sept enfants – sur le vélo qui avait été emprunté.

« On disait : ‘promenade à vélo ?’, et elle répondait, ‘C’est sympa’, » se souvient-il. « Dans notre lexique, l’incapacité de faire quelque chose n’existe pas ».

« L’expérience au sein du groupe et avec les cyclistes professionnels est étonnante », ajoute Dubi Weiss. « Elle a l’impression d’être une athlète parmi d’autres. Cela la place sur un pied d’égalité avec les autres adultes, avec les autres valides ».

Une partie de l’amusement de la course Roues de l’amour d’Alyn est la camaraderie qui règne avec tous les cyclistes (Autorisation : Atara Weiss)

« Il ne s’agit pas tant de handicap, plutôt du fait qu’il n’y a pas de handicap et qu’il y a des capacités », ajoute-t-elle. « On fait ça tous ensemble et on le fait précisément selon nos capacités. On est tous à vélo, sur des modèles différents, et on est tous sur la piste ».

La famille a des objectifs différents également, indique Atara Weiss. Son époux veut faire les cinq jours de l’épreuve, et son but à elle est de courir pendant un peu plus d’une journée. Meital, pour sa part, cherche en permanence à améliorer ses compétences et les distances et respecte scrupuleusement les entraînements.

« C’est quelque chose que nous voudrions voir se réaliser », espère sa mère.

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