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Une fillette ukrainienne de 4 ans sauvée par un médecin israélien

Yasinya, atteinte par une maladie génétique rare, est arrivée à la clinique israélienne avec les poumons presque bloqués ; "c'est la providence", commente le docteur Alex Gilelis

Yasinya, quatre ans, au centre, avec sa mère, à gauche, et le docteur Alex Gileles, à droite. (Crédit : Hôpital Hadassah)
Yasinya, quatre ans, au centre, avec sa mère, à gauche, et le docteur Alex Gileles, à droite. (Crédit : Hôpital Hadassah)

La vie d’une fillette ukrainienne de quatre ans, atteinte d’une maladie génétique rare, dont la famille a été déplacée suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, a été sauvée dans un dispensaire israélien où travaillent des médecins de l’hôpital Hadassah et qui est situé dans la ville polonaise de Przemyśl, à proximité de la frontière avec l’Ukraine.

Originaire de Dniepr, en Ukraine, Yasinya, son frère de huit ans et leur mère ont quitté leur habitation lorsque les forces russes ont intensifié leurs bombardements sur cette ville du pays.

Yasinya souffre de mucoviscidose depuis sa naissance. Cette maladie touche de nombreux organes – les poumons, le pancréas, le foie, les reins et les intestins et elle nécessite des soins et un traitement permanents et des médicaments à prendre au quotidien.

Ainsi, la petite fille doit se soumettre tous les jours à trois séances de ventilation assistée et de physiothérapie respiratoire qui visent à supprimer le mucus qui s’accumule dans ses poumons – une accumulation qui entraîne des difficultés répétées pour respirer.

Mais dans le contexte de cette fuite éperdue, la famille, partie en hâte, a dû laisser ses effets personnels derrière elle et notamment les médicaments de Yasinya, si indispensables à sa survie.

« Quand ils sont arrivés au dispensaire dans le camp de réfugiés, la mère nous a d’abord raconté comment elle et ses deux enfants avaient passé cinq jours sur les routes sans pouvoir soigner la petite, ce qui a entraîné une dégradation de son état – sa vie était en danger quand elle est arrivée », a dit devant les caméras de la Douzième chaîne le docteur Alex Gileles de l’hôpital Hadassah, expert en pneumologie pédiatrique qui s’est spécialisé dans le traitement des enfants atteints de maladie des poumons aigües et chroniques.

Photo d’illustration : Des femmes avec des enfants attendent à la gare principale de Przemysl, au sud-est de la Pologne, près de la frontière, alors que les réfugiés vont être embarqués dans des bus vers d’autres destinations dans le pays suite à l’invasion de l’Ukraine, le 24 mars 2022. (Crédit : Angelos Tzortzinis / AFP)

« Heureusement, ils sont venus ici », a-t-il continué.

« Quand on s’est rencontrés la première fois, la mère était absolument épuisée et inquiète au sujet de la maladie de sa fille », a-t-il ajouté.

Yasinya est arrivée à la clinique avec les poumons presque complètement bloqués, s’est souvenu Gileles – une situation d’un danger extrême qui nécessite un traitement immédiat.

Gileles et son équipe ont fourni à Yasinya les médicaments dont elle avait désespérément besoin, et ils ont informé sa mère des soins en physiothérapie nécessaires pour sa fille.

Après plusieurs jours difficiles, Yasinya a pu enfin aller dormir sans avoir de difficultés à respirer, a expliqué Gileles avec enthousiasme.

Les médecins israéliens ont encore soigné la fillette le matin suivant, avant que la famille n’embarque dans un train pour l’Allemagne, direction la Norvège. La mère a indiqué qu’elle espérait pouvoir y trouver un refuge jusqu’à la fin de la guerre, gardant l’espoir que la famille puisse retourner chez elle à ce moment-là.

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne, Gileles a expliqué qu’il n’y avait que 600 enfants, en Ukraine, qui souffraient de mucoviscidose et que par chance, la fillette s’était présentée dans un dispensaire où se trouvait un spécialiste.

« C’est une maladie super rare », a-t-il ajouté.

« Une enfant qui arrive au dispensaire, qui a l’air gravement malade. C’est là que je demande de quoi elle souffre et on me répond qu’elle est atteinte de mucoviscidose… Et c’est ma spécialité ! », s’exclame-t-il. « Avoir été là au moment où l’on a eu besoin de moi a été un immense privilège. »

Après avoir soigné l’enfant, le médecin israélien a dit avoir donné à la famille son numéro de téléphone et ses coordonnées au cas où elle ait besoin d’aide à l’avenir.

« C’est la providence », a-t-il déclaré.

Le dispensaire exploité par l’hôpital Hadassah a pris en charge quotidiennement des centaines de réfugiés ukrainiens entrant en Pologne. Il comprend des équipes médicales qui ont été déléguées par Hadassah et d’autres par la Croix Rouge.

A un peu plus de 30 kilomètres à l’est, l’hôpital de campagne israélien envoyé par l’État a ouvert ses portes à Mostyska, à l’ouest de l’Ukraine.

Le drapeau ukrainien flotte devant une école reconvertie en hôpital de campagne israélien, à Mostyska, dans l’ouest de l’Ukraine, le 24 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Nariman El-Mofty)

Jeudi, les Nations unies ont annoncé que plus de la moitié des enfants ukrainiens avaient été déplacés par le conflit.

« Un mois de guerre en Ukraine a entraîné le déplacement de 4,3 millions d’enfants – ce qui représente plus de la moitié des 7,5 enfants du pays, selon les estimations », a fait savoir l’UNICEF, l’agence d’aide à l’enfance de l’ONU.

Des informations diffusées précédemment ont indiqué que 81 enfants avaient perdu la vie dans l’offensive de la Russie contre l’Ukraine, mais les médias ont noté que le bilan était probablement beaucoup plus lourd.

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