Une Juive britannique se rappelle avoir été voisine d’Hitler dans les années 30
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Une Juive britannique se rappelle avoir été voisine d’Hitler dans les années 30

Dans une interview au Daily Mail, Alice Frank Stock se souvient des allées et venues des SS dans l'immeuble et du dictateur nazi "terrifié à l'idée que quelqu'un essaie de le tuer"

Benito Mussollini et Adolf Hitler (Crédit : CC-BY-SA-3.0-de)
Benito Mussollini et Adolf Hitler (Crédit : CC-BY-SA-3.0-de)

Une Britannique juive, qui a eu 101 ans cette semaine, a raconté son passé de voisine d’Adolf Hitler dans les années 30 à Munich, avant que sa famille ne quitte l’Allemagne pour échapper aux persécutions.

La centenaire Alice Frank Stock a déclaré au Daily Mail que, bien qu’elle n’habitât qu’à quelques portes du leader nazi sur la Prinzregentplatz, elle ne le voyait que rarement, généralement lorsqu’il entrait dans le bâtiment.

« Je l’ai vu une ou deux fois rentrer à la maison aussi. Sa voiture s’approchait. Deux SS sortaient et se tenaient de chaque côté, et il se précipitait chez lui, évidemment terrifié à l’idée que quelqu’un essaye de le tuer », se souvient-elle.

« Je ne lui ai jamais parlé ».

Elle a décrit comment la cuisinière catholique de sa famille, qu’elle présente comme « très anti-Hitler », a dit un jour que le dictateur « devrait être pendu », ce qui la terrifiait.

Alice Frank Stock s’est souvenue qu’elle la mettait en garde : « vous allez tous nous envoyer dans un camp de concentration ».

La centenaire s’est également rappelée avoir vu un cercueil quitter le bâtiment. Elle pense qu’il s’agissait de la nièce d’Hitler, Geli Raubal, qui vivait avec lui et s’est suicidée dans son appartement.

« Nous avons entendu de nombreuses [rumeurs], de la part de la cuisinière et d’autres personnes. Nous avons vu un cercueil sortir de l’entrée », a-t-elle déclaré.

« Je pense qu’une nièce d’Hitler vivait là et qu’elle est morte. Il y a eu des spéculations sur la façon dont elle est morte et sur le moment de sa mort. Je pense qu’il était vrai que le cercueil a été transporté et qu’il contenait une femme. Mais il n’y a jamais eu de confirmation, et il était impossible de parler ouvertement. »

Se confiant au Bristol Post, elle a décrit son « charmant appartement, avec quatre ou cinq chambres, un grand salon et une salle à manger ».

« Le salon était très grand, et nous avions deux pianos à queue. »

« Nous étions juifs, et une fois que les nazis sont arrivés au pouvoir, mon père a été prié de prendre sa retraite », explique Alice Frank Stock, décrivant comment elle a dû se rendre au Royaume-Uni à l’âge de 17 ans parce qu’en tant que juive elle ne pouvait pas aller à l’université en Allemagne.

« Mes parents sont restés à Munich et j’ai trouvé un emploi à Londres, mais la situation en Allemagne a ensuite empiré. Le lendemain de la Nuit de Cristal, une amie de mes parents leur a téléphoné pour leur dire que son mari avait été emmené dans un camp de concentration. »

Elle a réussi à obtenir un permis pour que ses parents la rejoignent au Royaume-Uni (ils ont dû vendre un violon de valeur pour réunir les 1 000 livres nécessaires à l’obtention d’une autorisation) juste avant que la guerre n’éclate en 1939.

Alice Frank Stock travaillera ensuite pour la BBC et l’OCDE, où elle rencontrera son mari, Roy Macdonald Stock.

Le Daily Mail lui a demandé ce qu’elle dirait à Hitler si elle pouvait lui parler, ce à quoi elle a répondu qu’elle « ne voudrait pas lui parler parce que mes sentiments seraient trop forts ».

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