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Nous somme plus qu’el Chapo

Une rencontre avec Del Toro donne le 1er festival du film juif mexicain de New York

Après sa rencontre avec le célèbre cinéaste lors d'un cocktail, Deborah Koenigsberger Gutierrez a eu une révélation sur son identité et a lancé le nouveau festival

Un extrait de "My Mexican Shivah", l'un des dix films projetés lors du tout premier festival du film juif mexicain à New York, le 2 avril 2023. (Crédit : Capture d'écran YouTube/utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Un extrait de "My Mexican Shivah", l'un des dix films projetés lors du tout premier festival du film juif mexicain à New York, le 2 avril 2023. (Crédit : Capture d'écran YouTube/utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

JTA – Quand Deborah Koenigsberger Gutierrez a assisté à un cocktail en présence du célèbre cinéaste mexicain Guillermo del Toro en décembre dernier, elle ne s’attendait pas à repartir avec un nouveau projet pour la collecte de fonds d’une synagogue.

Or, en discutant avec del Toro et quelques autres invités, présents pour la première de son dernier long métrage, « Pinocchio », le célèbre cinéaste a fait une remarque qui l’a marquée.

« Il a dit quelque chose qui m’a vraiment touchée », se souvient Koenigsberger Gutierrez, présidente de la Tribeca Synagogue. Il a dit : « Chaque Mexicain hors du Mexique est un ambassadeur de la culture mexicaine. »

Mme Koenigsberger Gutierrez, qui est née à Mexico, était à la recherche de moyens plus créatifs que la traditionnelle vente aux enchères silencieuse et le dîner de gala, pour encourager la participation des jeunes familles de sa congrégation. Grâce au cinéaste, elle a trouvé un programme qui attirerait un public et rendrait hommage à l’art de del Toro, et a entrepris d’organiser le tout premier festival du film juif mexicain à la synagogue, qui a débuté le dimanche 2 avril.

« Je me suis dit : ‘Comment puis-je organiser un grand événement qui attire du monde et qui célèbre les Juifs mexicains ?’ », confie Koenigsberger Gutierrez. « Et tout le monde aime aller au cinéma. »

Le festival de trois jours présentera dix films sous-titrés en anglais, tous réalisés, écrits ou interprétés par des Juifs mexicains. Les Juifs sélectionnés pour le festival ont des origines juives diverses, notamment ashkénazes, séfarades et syriennes, et les films couvrent une variété de genres, dont l’horreur, la comédie et le drame.

Guillermo del Toro, à droite, avec Tom Cruise lors du 95e déjeuner des nominés des Oscars, le 13 février 2023, à l’hôtel Beverly Hilton de Beverly Hills, en Californie. (Crédit : Willy Sanjuan/Invision/AP)

Outre les projections de films, le festival proposera des séances de questions-réponses avec deux des réalisateurs : Guita Schyfter, qui a réalisé Like a Bride, un film sur le passage à l’âge adulte de deux jeunes femmes dans le Mexique des années 1960, et Isaac Ezban, qui a réalisé deux films d’horreur, Evil Eye et The Similars. Il y aura également une représentation du chœur Nashir !, des échoppes pop-up de produits artisanaux dans le foyer, du café de la région mexicaine du Chiapas, ainsi que des cocktails et de la nourriture mexicaine casher du restaurant Carlos & Gabby’s.

Les projections de films terminent le 4 avril et une dernière journée d’événements divers sera organisée à l’occasion du festival le 5 avril, la veille de Pessah, dont une « fête du pain » au cours de laquelle les participants dégusteront des produits levés, traditionnellement interdits pendant cette fête. Des œuvres d’art populaire mexicain et des biscuits mexicains casher seront aussi proposées.

La synagogue de Tribeca, qui s’appelait il y a encore une dizaine d’années la synagogue des arts, loue souvent son espace sacré et a accueilli en novembre le 2022 NYC Bicycle Film Festival (festival du film sur le vélo de New York). En installant un écran géant à l’avant du lieu de culte, elle peut se transformer en salle de spectacle improvisée. Selon Koenigsberger Gutierrez, il a suffi de sélectionner les films et d’obtenir les droits de projection pour organiser le festival du film juif mexicain (et dans un cas, d’ajouter des sous-titres anglais à l’un des films, le drame de 2008 « 3:19 », pour la toute première fois).

Parmi les autres films projetés au festival figurent la comédie de 1955 The Criminal Life of Archibaldo de la Cruz, qui raconte l’histoire d’un tueur en série en herbe qui prépare sans cesse de nouveaux assassinats sans jamais parvenir à les mettre à exécution ; One for the Road, un film de 2014 sur trois amis octogénaires qui partent en voyage ensemble ; et la comédie de 2007 My Mexican Shivah, qui raconte l’histoire d’une famille dont les secrets sont révélés alors qu’elle pleure son patriarche.

Deborah Koenigsberger Gutierrez lors d’une interview en 2022. (Crédit : Capture d’écran/YouTube ~ utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Au-delà de la communauté de sa propre synagogue, qui compte moins de 100 membres actifs, Deborah Koenigsberger Gutierrez espère une participation diversifiée au festival. Jorge Islas Lopez, consul général du Mexique à New York, prononcera un discours et encourage les Mexicains de New York à y assister. La Fédération sépharade américaine et le groupe juif syrien Kanisse se sont également associés au festival.

Koenigsberger Gutierrez espère que les films permettront aux spectateurs de voir au-delà des clichés américains sur le Mexique, qui, selon elle, se focalisent trop sur la violence alimentée par les cartels de la drogue.

« Nous avons plus à offrir qu’un seul genre », affirme Koenigsberger Gutierrez. « Nous ne sommes pas uniquement El Chapo et tous ces trafiquants de drogue que l’on voit souvent à Hollywood. Nous avons bien plus que cela à offrir. Le festival du film a pour but de célébrer les Juifs mexicains et leur travail. »

Elle a ajouté : « Les gens pensent que les Juifs ont un certain aspect. Et, de la même manière, les gens semblent penser que les Mexicains ont un certain aspect aussi. »

Lorsque Mme Koenigsberger Gutierrez est venue aux États-Unis pour obtenir son master il y a huit ans, elle a été surprise de constater que les gens doutaient de sa nationalité.

« Au Mexique, personne n’a jamais remis en question le fait que je sois Mexicaine », dit-elle. « Il n’y avait aucun doute à ce sujet. Mais quand je suis arrivée en Amérique, les gens m’ont dit : ‘Tu n’es pas vraiment Mexicaine parce que tu es Juive.’ Je n’avais jamais entendu cela. Je me suis dit : « Qu’est-ce que tu veux dire ? Je suis 100 % Mexicaine, je suis 100 % Juive. Je suis Mexicaine et Juive. »

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