Une start-up israélienne veut optimiser le transport public dans la périphérie
Rechercher

Une start-up israélienne veut optimiser le transport public dans la périphérie

La société Operatti développe une application "de transport public intelligente" pour adapter la taille des véhicules au nombre d'usagers sur un itinéraire donné

Des Israéliens portant des masques dans un bus à Jérusalem, le 17 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)
Des Israéliens portant des masques dans un bus à Jérusalem, le 17 mars 2020. (Yossi Zamir/Flash90)

Si les transports publics sont critiqués pour leur non-fiabilité et leur inefficacité dans les métropoles, ce n’est rien comparé aux problèmes rencontrés dans les banlieues et les zones rurales.

Certaines régions comptent peu de passagers et les lignes de transport en commun peuvent s’étendre sur des kilomètres sans arrêt. Par exemple, une ligne de bus traversant le désert en Israël peut ne prendre qu’une poignée de passagers sur une boucle à destination et en provenance d’un grand centre urbain.

Pour régler ce problème, Shaked Karby a cofondé, en 2019, Operratti, une start-up basée à Tel Aviv qui se consacre aux « transports publics intelligents ». L’idée est de créer un service public qui soit à la fois efficace et fiable, en optimisant ses capacités grâce à l’exploitation de certaines données.

Shaked Karby, cofondateur de la start-up Operatti. (Autorisation)

Karby, aujourd’hui directeur du marketing, considère que le fait que les bus roulent souvent à vide sur des centaines de kilomètres dans le sud d’Israël, au cas où quelqu’un aurait besoin d’emprunter un bus, est un échec commercial.

Cela entraîne une pollution atmosphérique inutile, un gaspillage des fonds publics et peut conduire à une pénurie potentielle de bus et de chauffeurs là où ils sont vraiment nécessaires.

L’application développée par la start-up permet aux passagers de réserver une course sur les transports publics en avance, sur un itinéraire prédéfini, et ensuite de déployer les véhicules les plus efficaces, selon un système de gestion des capacités en temps réel.

S’il y a jusqu’à quatre passagers à un endroit donné le long d’un itinéraire, l’autorité de transport envoie simplement un taxi pour les prendre. Si plus d’une dizaine de personnes demandent à être transportées sur l’itinéraire, un bus de taille normale leur sera attribué, tandis qu’un minibus pourra prendre en charge un effectif intermédiaire. Selon Karby, il est plus rentable d’utiliser des plus petits véhicules quand il n’y a pas beaucoup de passagers.

Les usagers pourront alors bénéficier d’un service plus fiable et les bus ne circuleront plus sur les lignes où la demande est très faible, voire inexistante.

Operrati s’associerait avec le ministère des Transports, les autorités locales de transport public et les opérateurs de transport, a indiqué Karby.

Nous ne voulons pas que des bus vides « parcourent des centaines de kilomètres », a expliqué Karby. « Nous voulons utiliser les véhicules les plus efficaces, les moins coûteux et les plus pratiques pour les passagers. »

Contrairement aux autres applications de transport public comme Moovit, qui indique à ses utilisateurs le meilleur itinéraire à emprunter, Operatti a l’intention de gérer le transport public pour le compte des autorités, a indiqué Karby, non pas en changeant les circuits mais en allouant à chaque route les véhicules les plus efficaces, en optimisant la consommation de carburant, sur la base du nombre d’usagers à emprunter chaque ligne. Les données sont actuellement en cours de collecte.

Au lieu de se consacrer aux zones urbaines, qui, selon Karby, regorgent déjà de solutions de mobilité et la demande ne tarit pas, Operrati se concentre sur la rationalisation de l’efficacité du transport public dans la périphérie et en zone urbaine.

Actuellement, Operatti collabore avec l’université de Tel Aviv et l’université Bar-Ilan pour prédire le comportement de l’usager des transports publics et la façon dont les gens se déplacent dans la périphérie israélienne. Elle rassemble des données pour servir de base à l’application. La société crée des itinéraires et cherche les compagnies de transport en commun avec qui collaborer.

Un programme pilote devrait être lancé dans la région du Neguev l’an prochain, voire plus tôt, a-t-il dit.

Tentant de tirer le meilleur parti des nouvelles opportunités régionales, Karby a présenté sa solution à Dubaï à Khaled AbdulRahman Al Awadhi, directeur des systèmes de transport à l’Autorité des routes et des transports de Dubaï. Karby a toutefois fait remarquer que le programme pilote devrait prendre forme en Israël avant que quelque chose ne se passe dans le Golfe.

Operatti travaille également à la mise en place d’un pilote en République tchèque, où Karby a fait ses études il y a quelques années, espérant que cette opportunité l’aidera à s’introduire sur le marché européen.

« Partout, nous sommes confrontés à un problème similaire sur cette question », a déclaré Karby à propos de l’efficacité des transports. « Je sais que cela se manifeste aux États-Unis, en Australie, en Europe, dans tous les endroits où le pays subventionne les transports publics, et je crois que ce phénomène se retrouve presque partout ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...