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Une substance cancérigène détectée dans des bureaux WeWork d’Amérique du Nord

Déjà en proie à des difficultés financières, l'entreprise d'espaces de coworking indique avoir fermé 2 300 salles de vidéoconférence en raison de la présence de formaldéhyde

Un bureau de WeWork à New York, le 19 juillet 2019. (TIMOTHY A. CLARY/AFP)
Un bureau de WeWork à New York, le 19 juillet 2019. (TIMOTHY A. CLARY/AFP)

WeWork, l’entreprise de location d’espaces de travail partagés multi-milliardaire dont la stabilité financière a récemment été remise en cause, a fait savoir qu’elle avait détecté une substance chimique cancérigène dans certaines salles de conférence téléphonique présentes dans ses bureaux, ce qui a provoqué la fermeture de milliers de salles.

Dans un courriel adressé à ses locataires lundi, WeWork a ainsi indiqué avoir découvert des taux potentiellement dangereux de formaldéhyde dans des salles utilisées pour passer des appels privés ou faire des vidéoconférences, a rapporté Reuters.

« Une exposition à long terme au formaldéhyde […] est associée à certains types de cancers », a écrit l’entreprise à ses locataires.

Après que des utilisateurs se sont plaints d’odeurs étranges et d’irritation occulaire, WeWork a décidé d’analyser les cabines, ce qui a conduit à la fermeture de 1 600 d’entre elles dans ses 223 sites aux États-Unis et au Canada. D’après Reuters, 700 autres pièces de vidéoconférence ont été fermées en attendant la fin des analyses.

« La sécurité et le bien-être de nos membres est notre principale priorité, nous nous efforçons de remédier à cette situation le plus vite possible », a assuré WeWork à Reuters dans un communiqué, tout en refusant de désigner le fabricant de ces cabines.

Le scepticisme à l’égard du modèle économique de WeWork s’était intensifié après le retard de son introduction en bourse en août dernier. Les récentes difficultés de l’entreprise ont poussé son cofondateur israélien controversé, Adam Neumann, à démissionner.

C’est au charismatique Neumann qu’a été attribué le développement de WeWork, fondé en 2010, en un géant de l’immobilier avec des activités dans 111 villes, le tout dans 29 pays.

Toutefois, l’entreprise a fait l’objet de doutes sur ses perspectives de rentabilité et Neumann d’une attention minutieuse en raison de conflit d’intérêts présumés entre ses biens personnels et WeWork et d’un comportement non conventionnel, qui comprend la consommation de drogues.

Adam Neumann s’exprime devant une foule réunie lors d’un événement WeWork au Microsoft Theater à Los Angeles, le 9 janvier 2019. (Michael Kovac/Getty Images for WeWork)

Avant le remaniement de la direction, les banquiers de WeWork envisageaient une introduction en bourse beaucoup plus modeste que celle prévue initialement. Elle était évaluée à 47 milliards de dollars à l’origine, mais le chiffre a chuté à quelque 15 milliards de dollars lorsque les investisseurs ont consulté les comptes de l’entreprise et émis des doutes.

Le chiffre d’affaires de l’entreprise a fortement augmenté pour atteindre 1,8 milliard de dollars en 2018. Mais ses pertes ont connu une hausse presque aussi rapide, s’élevant à 1,6 milliard de dollars l’an dernier.

Un portrait du Wall Street Journal publié en septembre décrivait Adam Neumann et son épouse comme des cadres excentriques qui prenaient des décisions irréfléchies. On y apprenait également qu’il avait pour ambition de devenir Premier ministre d’Israël et le premier trillionaire du monde.

Cet Israélien de 40 ans a grandi dans un kibboutz et aux États-Unis, et a servi comme officier dans la marine israélienne.

Au début du mois, WeWork a suspendu ses projets d’ouverture d’unités d’habitation partagées à Tel Aviv et à Jérusalem en raison des retombées de l’annonce désastreuse de son introduction en bourse en août dernier.

L’entreprise dispose actuellement de 11 espaces WeWork en Israël.

WeLive, qui comme WeWork est une branche de We Company, gère deux programmes de vie partagée à New York et Washington, DC. WeLive offre des unités résidentielles temporaires et à long terme et aspire à créer une « expérience communautaire » dans ses projets de logement en reliant les résidents à leurs voisins par des événements et des espaces communs.

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