Une vente aux enchères d’objets nazis annulée à Albi
Rechercher

Une vente aux enchères d’objets nazis annulée à Albi

Parmi les objets qui devaient être vendus, figuraient deux casquettes SS, un ceinturon du parti nazi, une plaque en fer arborant un soldat casqué avec le sigle SS, et autres

Une casquette militaire des SS. (Crédit : Wolfmann / CC BY-SA 4.0)
Une casquette militaire des SS. (Crédit : Wolfmann / CC BY-SA 4.0)

Une vente aux enchères, prévue ce vendredi à l’Hôtel des ventes d’Albi, aura bien lieu, mais sans une vingtaine d’artefacts nazis qui ont été retirés du catalogue – qui compte un total d’environ 350 anciennes pièces militaires.

Parmi les objets qui devaient être vendus, figuraient deux casquettes SS, un ceinturon du parti nazi, une plaque en fer arborant un soldat casqué avec le sigle SS, et autres.

Un juriste parisien avait dénoncé la vente, excédé par ce qu’il considère être une « apologie du nazisme et incitation à la haine raciale », a rapporté le journal La Dépêche du Midi.

Le commissaire-priseur albigeois en charge de la vente a ainsi préféré retirer les lots suite à « l’émotion suscitée ».

Si la loi française n’interdit pas la vente de tels objets, le « port ou l’exhibition d’uniformes, insignes ou emblèmes rappelant ceux d’organisations ou de personnes responsables de crimes contre l’humanité » sont interdits, sauf « pour les besoins d’un film, d’un spectacle ou d’une exposition comportant une évocation historique ».

Afin de rentrer dans la légalité, les vendeurs avaient ainsi masqué avec des pastilles blanches les croix gammées et autres signes nazis visibles sur les objets présents au catalogue.

Lundi, une autre vente prévue dans la ville de Pamiers, dans l’Ariège, avait également été annulée après avoir été dénoncée par le même lanceur d’alerte.

Le chasseur de nazis français Serge Klarsfeld lors de son discours à l’occasion de la Journée du devoir de mémoire, à la Grande Loge de France, à Paris, le 11 décembre 2010. Sa femme Beate est assise à gauche. (Crédit : AP / Rémy de la Mauvinière)

« On ne doit jamais oublier que ces objets militaires qui présentent des croix gammées ou le sigle des SS ont entraîné la mort de millions de personnes », a déclaré l’avocat Serge Klarsfeld, soutenant le lanceur d’alerte.

En avril dernier, une chemise de déporté avait été vendue en ligne 16 000 dollars par une maison de vente américaine.

En septembre 2019, une vente aux enchères d’une quarantaine d’objets du IIIe Reich, organisée à Vannes, avait soulevé l’indignation de la Ligue des droits de l’homme.

Lors de ces deux ventes, parmi d’autres, les maisons de vente ont rappelé la légalité de leur démarche et fait valoir que ce type d’évènements n’attiraient pas de nostalgiques ou de fanatiques du IIIe Reich, mais des collectionneurs amateurs d’histoire. Les fanatiques, eux, se tourneraient plutôt sur Internet, où ils achètent des faux, bien moins chers.

La dernière veste d’uniforme d’Hitler a elle été vendue 275 000 euros en 2014, ainsi que des sous-vêtements « partiellement moisis » de Göring, lors d’une vente organisée par la maison d’enchères Hermann Historica.

En 2013, en France, la vente aux enchères d’une tenue de déporté à l’hôtel Drouot avait causé une vive polémique. L’objet avait finalement été retiré de la vente.

En 2014, la vente d’une quarantaine d’objets nazis ayant appartenu à deux responsables du IIIe Reich, dont des passeports et de la vaisselle, avait été annulée par la maison Vermot de Pas après l’intervention d’Aurélie Filippetti, ministre française de la Culture. La même année, Pierre Bergé & Associés avait retiré de la vente un exemplaire de Mein Kampf après l’indignation du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...