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Vaccination et variole du singe : stopper la propagation pour les plus à risque

La majorité des cas touche des homosexuels à partenaires multiples ; les vaccins sont réservés dans cette population aux séropositifs ou sous médication préventive du VIH

Un homme reçoit un vaccin Jynneos contre la variole du singe dans le cadre de la première campagne de vaccination organisée à Washington, le 28 juiin 2022. (Crédit : REUTERS/Gavino Garay)
Un homme reçoit un vaccin Jynneos contre la variole du singe dans le cadre de la première campagne de vaccination organisée à Washington, le 28 juiin 2022. (Crédit : REUTERS/Gavino Garay)

Les premières vaccinations contre la variole du singe, seront réservées en Israël aux hommes ayant des relations sexuelles avec les autres hommes et dont les antécédents médicaux laissent craindre une vulnérabilité particulièrement forte face au virus.

Suite à la décision prise par Israël d’acquérir 10 000 vaccins contre la variole du singe, le docteur Tal Brosh, coordinateur de l’équipe de gestion des épidémies et président de ses délibérations sur la question de la réponse à apporter à la variole du singe, s’est entretenu avec le Times of Israel sur les critères qui seront retenus pour les administrer.

Ils arriveront en deux fois – 2 000 entreront rapidement dans le pays et ils seront suivis de 8 000 de plus, a-t-il expliqué mardi en évoquant l’annonce sur la vaccination qui avait été faite la veille par le ministère de la Santé.

Brosh a précisé que dans la mesure où presque tous les cas de variole du singe, en Israël, avaient figuré parmi les MSM (les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes), ces derniers seraient au cœur de la campagne de vaccination et qu’ils seraient les premiers à bénéficier d’un vaccin.

« L’épidémiologie de l’épidémie, jusqu’à présent, est que la maladie s’est largement répandue parmi les hommes homosexuels  et tandis que les critères de distribution des vaccins ne sont pas définitivement arrêtés, cette donnée déterminante nous orientera », a-t-il indiqué.

Israël a détecté pour la première fois un cas de variole du singe au mois de mai – chez un homme qui revenait de l’étranger – et une propagation communautaire du virus a été constatée le mois dernier pour la première fois. Les cas inquiètent dans la mesure où le virus est contagieux et que si la forme de la maladie est généralement modérée, elle est toutefois susceptible d’être grave.

Cette image de microscope électronique de 2003 mise à disposition par les Centers for Disease Control and Prevention montre des virions de variole du singe matures et de forme ovale, à gauche, et des virions immatures sphériques, à droite, obtenus à partir d’un échantillon de peau humaine associé à l’épidémie de chiens de prairie de 2003. Un éminent médecin qui préside un groupe d’experts de l’Organisation mondiale de la santé a décrit l’épidémie sans précédent de la maladie rare qu’est la variole du singe dans les pays développés comme « un événement aléatoire » qui pourrait s’expliquer par un comportement sexuel à risque lors de deux événements populaires récents en Europe. (Crédit : Cynthia S. Goldsmith, Russell Regner/CDC/AP)

101 hommes étaient infectés par la variole du singe, lundi, a annoncé le ministère – même si la maladie dure habituellement deux à quatre semaines, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

La variole du singe est caractérisée par une éruption cutanée qui peut ressembler à des pustules ou à des cloques et c’est de là que peut se faire la transmission – à l’ordinaire, la maladie se transmet du contact avec la peau. Le fait que des boutons apparaissent souvent sur les parties génitales signifie que le virus a été transmis lors de relations sexuelles entre hommes.

Brosh souligne néanmoins que les relations sexuelles ne sont pas le seul contact susceptible entraîner une contamination, notant que d’autres formes de contact – comme ceux qui peuvent survenir entre les membres d’une même famille – peuvent potentiellement entraîner de nombreux nouveaux cas dans ce contexte de circulation continue du virus.

Dr Tal Brosh, chef du département des maladies infectieuses à l’hôpital Assuta Ashdod (Crédit : Twitter)

Brosh déclare que les 2 000 premiers vaccins seront réservés aux MSM qui ont eu une maladie sexuellement transmissible au cours de ces derniers mois (entre trois et six mois, en définitive), aux séropositifs ou aux personnes qui prennent un traitement prophylactique contre le VIH – des médicaments qui protègent en amont contre le SIDA.

« L’objectif, ici, c’est d’identifier les personnes présentant le risque le plus important d’être infectées – et il s’agit des hommes qui ont le plus de partenaires », continue Brosh. « Ils seront identifiés en majorité grâce à leurs caisses d’assurance-santé, sur la base des critères qui ont été établis. »

Il a ajouté que les critères pourraient être légèrement assouplis pour l’administration des 8 000 vaccins qui suivront – une campagne qui continuera néanmoins à se focaliser sur les MSM.

Pour toutes les vaccinations initiales, les caisses d’assurance-santé s’appuieront sur leurs données numériques – comme elles l’avaient fait pour la toute première campagne de vaccination contre la COVID – pour établir des listes des personnes éligibles à l’administration de la dose. Ce sont les caisses qui contacteront également les personnes concernées.

Brosh, qui dirige le département des maladies infectieuses à l’hôpital Assuta d’Ashdod, dit qu’une préoccupation majeure est qu’en cas d’augmentation du nombre de malades, il y a aura, chez les patients, des personnes présentant des comorbidités – comme l’immunodépression – et que le virus pourrait avoir un impact dévastateur sur ces populations. C’est cette raison qui a déterminé l’État juif à anticiper les choses par le biais d’une campagne de vaccination.

Il indique que « avec un nombre de cas qui irait croissant, il pourrait y avoir une morbidité très significative. ».

Il ajoute que « c’est très invalidant. Une fois que la variole du singe se sera propagée et que nous aurons des milliers de cas, alors le virus infectera des personnes qui sont immunodéprimées, des femmes enceintes, des enfants très jeunes, ou encore des publics que la maladie risque de frapper très durement ».

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