Vincent Lemire finalement autorisé à se rendre en Israël
Se réjouissant que « la mobilisation paye (parfois) », l'historien français a estimé sur Instagram que "la tentative de censure d’Etat a échoué"

L’historien français Vincent Lemire, qui critique ouvertement Israël, a finalement été autorisé à se rendre dans le pays, a-t-on appris lundi soir auprès de l’intéressé, qui avait indiqué dans la journée avoir été interdit d’accès par les autorités.
Professeur d’histoire à l’université Paris-Est Gustave-Eiffel, Vincent Lemire a notamment dirigé le Centre de recherche français à Jérusalem de 2019 à août 2023.
M. Lemire, qui devait s’envoler dimanche pour Tel-Aviv pour participer à une série de séminaires et de rencontres universitaires, avait reçu le 7 janvier un courriel de l’Autorité de l’État civil et de l’immigration lui notifiant son interdiction d’entrer en Israël, sans fournir d’explications.
« En raison d’un changement de circonstances vous concernant, l’approbation ETA-IL pour la demande (…) qui vous a été accordée le 27/02/2025 est révoquée », affirmait le courriel, que l’AFP a pu consulter.
« Il s’agit d’une autorisation que j’avais obtenue en février 2025 et qui est normalement valable deux ans, je n’avais donc pas effectué de démarches particulière cette fois-ci. Cette notification quatre jours avant mon vol est très délibérée », a déclaré lundi matin Vincent Lemire à l’AFP, précisant n’avoir reçu « aucune justification » de la part des autorités israéliennes.
L’universitaire très médiatisé, qui a reçu le soutien du ministre français de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, s’était dit « très surpris » de cette décision.
Vincent Lemire a indiqué dans la soirée avoir reçu un nouveau courriel en fin d’après-midi stipulant qu’ « à la suite d’un réexamen du dossier, il a été décidé de lever les restrictions d’entrée en Israël ».
« Je pars demain matin », a-t-il indiqué à l’AFP.
Contactées par l’AFP, les autorités israéliennes n’ont pas répondu lundi.
Vincent Lemire doit participer à une vingtaine de séminaires et rencontres avec des chercheurs et étudiants, notamment israéliens et palestiniens.
Le 22 septembre, invité sur Focus Dimanche sur RTL, Lemire était revenu sur l’opération des bipeurs menée par Israël, qui avait ciblé le Hezbollah pro-Iran le 17 septembre. Présenté par l’animateur Mohamed Bouhafsi comme « le plus grand spécialiste du Moyen-Orient », Lemire y déclarait : « Ce qui est arrivé mardi et mercredi [17 et 18 septembre, au Liban], moi, je le mets en miroir avec le 7 octobre », mettant sur le même plan un pogrom ayant tué plus de 1 200 victimes et fait plus de 250 otages, à une opération anti-terroriste pour le moins minutieusement ciblée.
Lemire accorde régulièrement des interviews aux médias français sur le conflit israélo-palestinien et a été critiqué publiquement en octobre par l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, à propos de ses publications sur Gaza.
Lemire dit avoir également constaté un changement d’attitude des agents de sécurité lors de ses passages à l’aéroport de Paris, qu’il décrit comme « une forme d’intimidation ».
Dans une tribune publiée en août, Vincent Lemire avait, avec l’ancien ambassadeur d’Israël en France Elie Barnavi, exhorté le président français Emmanuel Macron à prendre des sanctions contre Israël face à la situation à Gaza.
« Monsieur le Président, si des sanctions immédiates ne sont pas imposées à Israël, vous finirez par reconnaître un cimetière. Il faut agir maintenant pour que la nourriture et les soins puissent entrer massivement à Gaza », écrivaient-ils dans le quotidien Le Monde, en référence à l’annonce française de la reconnaissance d’un État de Palestine, concrétisée en septembre à l’ONU.







