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Washington impose des sanctions à l’Iran pour des violations des droits humains

Des sanctions visent aussi des Syriens accusés d'être responsables d'attaques chimiques qui ont tué de nombreux civils en 2017 et 2018 et un Ougandais

Vue sur le bâtiment de la Maison Blanche (Crédit : CC0 Domaine public)
Vue sur le bâtiment de la Maison Blanche (Crédit : CC0 Domaine public)

Les Etats-Unis ont imposé mardi de nouvelles sanctions ciblées à une douzaine d’entités et de responsables iraniens pour « violations flagrantes des droits humains » dans la République islamique, en pleine reprise de négociations cruciales pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Ces mesures visent notamment des unités spéciales des forces de sécurité chargées du maintien de l’ordre (LEF) ou de la lutte contre le terrorisme (NOPO) pour leur répression de manifestants, selon un communiqué du Trésor américain.

Ces deux entités sont accusées d’avoir commis ou ordonné, « au nom du gouvernement iranien », « de graves violations des droits humains contre des personnes en Iran ou des citoyens ou résidents iraniens, ou des membres de leur famille », indique le Trésor.

Parmi les responsables visés figurent Hassan Karami, le commandant des unités spéciales LEF, et Mohsen Ebrahimi, commandant des NOPO.

Les prisons iraniennes de Zahedan et d’Ispahan sont aussi ciblées, selon les autorités américaines, parce que des prisonniers y ont été exécutés.

Le Trésor américain « continuera à lutter contre l’autoritarisme » et à promouvoir le fait « que des individus rendent des comptes pour la violente répression des personnes cherchant à exercer leurs droits humains et leurs libertés fondamentales », a affirmé la directrice du Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), Andrea Gacki, dans le communiqué.

Ces sanctions viennent s’ajouter à une toile déjà très serrée de mesures visant l’Iran, alors même que les négociations indirectes entre Téhéran et Washington ont repris la semaine dernière à Vienne pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien, après une suspension de cinq mois.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi (à gauche), s’entretient avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, le lundi 18 octobre 2021, dans la salle Benjamin Franklin du département d’État à Washington, avant une réunion. (Crédit : Mandel Ngan/Pool via AP)

Ces pourparlers, à nouveau en pause depuis vendredi, pourraient reprendre jeudi, selon le négociateur iranien.

Un haut responsable américain n’a pas confirmé cette date à ce stade. Les Etats-Unis comme les Européens reprochent au gouvernement iranien de ne pas faire preuve de sérieux depuis la reprise des pourparlers la semaine dernière.

Les sanctions de mardi s’inscrivent dans la perspective du sommet virtuel pour la démocratie que le président américain Joe Biden organise jeudi et vendredi.

« Les Etats-Unis sont déterminés à utiliser tous les outils à leur disposition pour contrer les violations graves des droits humains et la répression à travers le monde », a déclaré le chef de la diplomatie américaine dans un communiqué.

Outre l’Iran, des sanctions visent aussi des Syriens, dont deux généraux de l’armée de l’Air, Taoufik Mouhammad Khadour et Mouhammad Youssef al-Hasouri, accusés par le Trésor d’être responsables d’attaques chimiques qui ont tué de nombreux civils en 2017 et 2018.

Enfin, un chef du renseignement militaire ougandais, le général Abel Kandiho, est aussi concerné par ces mesures. Des personnes arrêtées par ses services « ont subi d’horribles coups et d’autres actes monstrueux », « dont des abus sexuels et des électrocutions, causant souvent des blessures durables et parfois des décès », a écrit le Trésor.

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