Trois quarts des Israéliens juifs soutiendraient un accord avec les Palestiniens, basé sur l’initiative de paix arabe.

Plus de la moitié voterait pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’il quittait le Likud et créait un nouveau parti, selon un sondage publié jeudi.

L’étude, commandée par l’ONG Israeli Peace Initiative (IPI), a été réalisée en début de mois sur un échantillon de 500 Israéliens de langue hébraïque.

Selon les commanditaires, les résultats montrent qu’une majorité de la population juive du pays tient des positions jusqu’au-boutistes sur le processus de paix.

Toutefois, cette même majorité serait prête à accepter un accord si elle voyait quels profits Israël pourrait tirer d’une normalisation diplomatique et économique avec le monde arabe.

76 % des sondés se disent « sûrs » ou « pensent » qu’ils soutiendraient un accord après avoir pris connaissance de neuf éléments, tous contenus dans l’initiative de paix arabe.

Plus de 60 % estiment qu’ils soutiendraient un traité de paix régional avant même que son contenu ne soit discuté.

« Cela représente une hausse significative des statistiques, par rapport à d’autres sondages réalisés ces derniers mois », selon les auteurs de l’étude.

« Ce sondage montre que a) les Israéliens ont des positions de droite, b) ils ne font pas confiance aux Palestiniens, c) ils accepteront un accord majeur basé sur l’initiative de paix arabe s’il leur est correctement présenté, et d) ils soutiendront Bibi Netanyahu s’il prenait une telle décision historique », a expliqué jeudi Koby Huberman de l’IPI.

« Si [les Israéliens] comprennent la logique derrière l’implication des États arabes pour mettre fin au conflit, ils accepteront un accord global qui ira beaucoup plus loin qu’un simple accord bilatéral. »

Plus de la moitié des sondés disent s’estimer soit d’ « extrême-droite » (28 %) soit de « droite modérée » (24 %). Près de 30 % se définissent comme centristes et 16 % se disent de « gauche modérée » ou « d’extrême-gauche ».

Adoptée par la Ligue arabe en 2002, l’initiative de paix promet à Israël des « relations diplomatiques entièrement normalisées » avec les 57 États arabes et musulmans, en échange d’un « accord de paix global » avec les Palestiniens. Jusqu’à présent, les dirigeants israéliens ont réagi plutôt froidement à cette initiative, dont ils contestent plusieurs éléments.

Selon Huberman, les questions posées aux sondés correspondaient à une « interprétation légitime » de l’initiative de paix arabe, mais elles n’en reprenaient pas les termes exacts.

Parmi les éléments soumis aux sondés, figuraient la création d’une Palestine démilitarisée, la conservation d’implantations sous souveraineté israélienne avec des « échanges territoriaux mineurs », Jérusalem Est comme capitale palestinienne, le refus du droit au retour des réfugiés (à l’exception d’un « nombre symbolique »), des arrangements sécuritaires pour se protéger de l’Iran et du terrorisme et la promesse que l’ouverture économique à « 300 millions de consommateurs et un milliard d’habitants [dans le monde arabo-musulman] améliorera la situation des citoyens israéliens. »

Près de 70 % des sondés ont manifesté leur soutien à ces paramètres. Seuls deux des neuf éléments – la souveraineté sur lieux saints, qui seraient administrés séparément par chaque religionm et la division de Jérusalem – ont reçu moins de 50 % d’approbation.

72 % des sondés pensent que les Israéliens souhaitent signer un traité de paix pour mettre fin au conflit. Toutefois, 77 % sont convaincus que les Palestiniens ne sont pas intéressés par un tel accord.

A plusieurs reprises, Netanyahu a déclaré qu’un accord de paix devrait être soumis à un référendum. « Il est important que chaque citoyen puisse voter directement pour des décisions capitales, qui impliquent l’avenir du pays », a-t-il annoncé en juillet dernier, peu de temps après la reprise des négociations.

Selon le sondage, 73 % des Israéliens soutiendraient le Premier ministre s’il présentait un traité de paix basé sur les neuf éléments, 56 % voteraient pour lui s’il quittait le Likud, où la majeure partie des responsables s’opposent à un État palestinien, et créait un nouveau parti centriste.