Les différents groupes rebelles dans le plateau du Golan, qui contrôlent 90 % du côté syrien de la zone frontalière, n’ont pas une seule fois, en plus de trois ans de guerre, tiré un coup de feu ou procédé à d’autres actions militaires contre Israël, a déclaré lundi un haut responsable du commandement Nord de Tsahal.

L’officier, parlant sous couvert d’anonymat, n’a pas exclu la possibilité d’une action israélienne à l’est de la frontière, aux mains des rebelles en Syrie.

Il a toutefois souligné que pour l’instant, malgré la présence d’éléments d’Al-Qaïda le long de la frontière « tous les vecteurs [sont orientés] vers
Damas ».

Il décrit un processus progressif de destruction, qui permet aux forces rebelles de s’étendre. Une fois le combat terminé dans les villages au sud et à l’est de Qouneitra, à al-Madère et Ahmadiyeh, et dans le dernier régime
« poche » sur les flancs du mont Hermon, dans le village druze de Khader, les rebelles utiliseront l’autoroute reliant la ville à la frontière de Qouneitra à Damas, à seulement 40 kilomètres de long de la route, pour étendre la lutte vers la capitale – rapidement, prédit-il – et ne marcheront pas sur Jérusalem, comme certains l’ont suggéré.

« J’en suis convaincu », dit-il.

En pratique, dit-il, l’armée israélienne n’a pas enregistré une seule action d’Al-Qaïda contre Israël.

« Ces quatre dernières années, nous n’avons pas vu un seul rebelle de ce groupe prendre des initiatives hostiles en ce sens. »

Au contraire, pendant les violences à la frontière visant Israël, de décembre 2013 à mars 2014, les attaques le long de la clôture ont toutes été effectuées à l’intérieur des enclaves contrôlées par le régime, et que lorsque des mines ont été utilisées, elles portaient toutes la marque de « la maison de production Hezbollah-Iran ».

La guerre en Syrie, qui a commencé en mars 2011, avec des troubles dans la ville méridionale de Deraa, a fait plus de 150 000 morts et forcé cinq millions de personnes – environ un quart de la population – à fuir. Elle est devenue l’œil du cyclone dans la bataille entre sunnites et chiites islamiques. Elle est menée, côté sunnite, par des forces de plus en plus radicales.

En juin, le Brigadier Général Itai Brun, le commandant de la division de recherche de la Direction du renseignement militaire, avait déclaré que 80 % des 120 000 hommes qui combattent le régime sont les rebelles islamistes, qui vont brusquement changer le visage de la Syrie pour les années à venir.

Brig. Gen. Itay Brun, head of the IDF Military Intelligence research section, at a Foreign Affairs and Defense committee hearing at the Knesset on Tuesday (photo credit: Noam Moskowitz/Flash90)

Brig. Gen. Itai Brun (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

Un ancien conseiller de sécurité nationale, le major-général (à la retraite) Uzi Dayan, a déclaré dans un entretien téléphonique que cette réalité – et la façon dont elle a pris forme le long de la frontière nord d’Israël – pourrait bien nécessiter une future action militaire israélienne du côté syrien du Golan.

« Je n’exclus pas la possibilité qu’Israël, dans un mouvement coordonné, agisse pour restaurer l’armée syrienne à la frontière », a-t-il dit. « Sinon, ce qui s’est passé à Gaza qui peut arriver dans le Golan. »

Pour le moment, les forces rebelles visibles du Poste 106 poursuivent leurs opérations de combat sans relâche. Notre officier observe un village syrien à proximité, où la mosquée a été carbonisée et l’école terrassée.

Il parle du Front al-Nosra et de la manière dont ils sont devenus la force dominante le long de la frontière, rachetant la loyauté des villageois avec des écoles religieuses pour les enfants et de la nourriture pour la population. Leur loyauté, dit-il, « n’a rien à voir avec l’idéologie ».

La ville, à toutes fins utiles, a été transformée en une base militaire rebelle, dit-il. « Un membre d’Al-Qaïda qui vit en paix avec Israël, cela n’existe pas ».

Mais pour l’instant « il veut changer la réalité, de là jusqu’en Irak ». L’étape suivante, concède-t-il, peut être la Jordanie, la Turquie ou Israël.

« Nous développons des capacités, pas pour le jour où ils prendront Damas, mais pour le lendemain. Nous préparons la zone au cas où ils pointeraient vers nous ce qu’ils ont utilisé contre l’armée syrienne. C’est ce qui nous intéresse. C’est ce à quoi nous nous préparons. »