L’AP demande des visas, pour tester l’interdiction de venue d’Abbas à l’ONU
Selon un responsable, Ramallah a été informée qu'elle pouvait soumettre des dossiers, alors que Washington entend de nouveau interdire au chef palestinien d'assister à l'AG
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L’Autorité palestinienne (AP) a déposé des dizaines de demandes de visa pour les États-Unis, mettant à l’épreuve le projet de Washington d’empêcher à nouveau la venue du chef de l’AP, Mahmoud Abbas, à l’Assemblée générale des Nations unies à la fin du mois, ont déclaré lundi au Times of Israel un responsable américain et un responsable palestinien.
Le mois dernier, un responsable américain avait indiqué au Times of Israel que l’administration Trump entendait interdire Abbas de séjour , et ce pour la deuxième année consécutive, mais récemment, un autre responsable, palestinien cette fois, a affirmé qu’il avait été dit à Ramallah qu’elle pouvait tout de même déposer des demandes.
Il est prévu qu’Abbas prenne la parole le 24 septembre prochain, soit le même jour que le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
L’an dernier, Abbas avait prononcé son discours par visioconférence en raison d’une interdiction de séjour que Washington avait justifiée par de prétendues mesures prises par l’AP pour saper les perspectives de paix.
A l’époque, Washington n’avait pas fait part de ses griefs spécifiques à l’encontre de Ramallah, et cette décision avait été perçue comme une tentative de saper une conférence organisée par la France et l’Arabie saoudite en amont de la semaine de réunions à l’Assemblée générale, dans le but de promouvoir une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.
Les responsables de l’AP tentent d’obtenir l’organisation de réunions avec leurs homologues américains, lors de leur venue en septembre, ce qui dépendra pour partie à la levée ou non de l’interdiction de séjour.
Interrogé sur la question, un conseiller d’Abbas n’a pas répondu.
Le porte-parole du Département d’État a déclaré : « L’administration Trump protège le pays et ses concitoyens en appliquant les normes les plus élevées de sécurité nationale et de sécurité publique tout au long du processus de délivrance des visas. »
« Nous ne faisons aucun commentaire sur les actions du Département concernant des cas spécifiques en raison de la confidentialité des dossiers de visa », a-t-il ajouté.
L’administration Trump a, à plusieurs reprises, tenté d’écarter l’AP de ses discussions sur le conflit israélo-palestinien, l’accusant fréquemment de corruption et en faisant peu de choses pour lutter contre des mesures israéliennes qui ont conduit Ramallah au bord du gouffre financier.
En revanche, les États-Unis ont sollicité l’aide de l’AP pour faire adopter une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU accordant au Conseil de Paix la gestion de Gaza dans l’après-guerre, et ce jusqu’à la fin du mandat de Trump.
Espérant faire annuler l’interdiction de séjour, Abbas a demandé au président turc Recep Tayyip Erdogan d’en parler au président Trump, a déclaré le mois dernier un responsable palestinien au Times of Israel.
Erdogan a répondu à la demande formulée par Abbas lors de sa visite à Ankara, le mois dernier, a indiqué le responsable palestinien, reconnaissant de l’aide du dirigeant turc.
Erdogan s’est donc entretenu par téléphone avec Trump, qui a qualifié à plusieurs reprises le président turc de « bon ami ».
Interrogé à ce sujet, un responsable de l’ONU a fait part au Times of Israel de son espoir que les États-Unis tiennent leurs engagements en tant que pays hôte de l’organisation, et autorisent le séjour des chefs de délégation qui doivent prendre la parole aux Nations unies.
Le Département d’État semble avoir parlé à mots couverts de cette interdiction de séjour dans une déclaration, le mois dernier, en confiant au Times of Israel : « La loi sur les missions étrangères autorise le Secrétaire d’État à imposer des restrictions ou des conditions aux déplacements des membres de missions étrangères sur le territoire américain. »
L’année dernière, les États-Unis avaient défendu cette politique tout en soulignant que les membres de la mission palestinienne auprès de l’ONU avaient obtenu leur visa. Ces quelques responsables palestiniens avaient été autorisés à se rendre à New York, alors même lorsque l’administration Trump avait imposé une interdiction de séjour à tous les détenteurs de passeports de l’AP, en décembre dernier.
En raison de cette interdiction, l’Assemblée générale de l’ONU avait dû adopter une résolution spéciale permettant à Abbas de s’adresser virtuellement à l’organisation. Une décision similaire devra être adoptée cette année si les États-Unis maintiennent leur interdiction.
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