Un article satirique suggérant que le philosophe juif Bernard-Henri Lévy prévoyait de quitter la France si Jean-Luc Mélenchon était élu à la présidence a déclenché une série de commentaires antisémites sur Twitter.

NordPresse, un site satirique, a publié la semaine dernière de fausses citations d’une interview de Lévy, comme « si Mélenchon est élu, je quitte la France. »

Mélenchon, candidat du mouvement d’extrême gauche ‘La France Insoumise’ aux présidentielles françaises, pourrait, selon les sondages, être en mesure de se qualifier pour le second tour de l’élection.

Avec le hashtag #BHL, des centaines de partisans de Mélenchon ont fait circuler la fausse interview sur Twitter, en y ajoutant des commentaires antisémites.

« Pars en Israël ou aux Etats-Unis, fils de p*te », a écrit un utilisateur de Twitter, une référence au fait que Lévy, qui n’est citoyen ni d’Israël, ni des Etats-Unis, est juif. Un autre a écrit, « si Mélenchon gagne, BHL peut retourner d’où il vient. » Ce dernier a ajouté une bannière faisant de la publicité pour Jérusalem et Tel Aviv.

L’hebdomadaire L’Express a accusé le site internet satirique d’encourager l’antisémitisme en inventant une citation de Lévy. En réponse, L’Express a écrit, ironiquement, « les juifs, c’est bien connu, sont riches… »

Lévy a critiqué Mélenchon, dont il trouve les politiques « dangereuses ». Cette semaine, le philosophe a écrit sur Twitter : « Rappel des déclarations indignes de #Mélenchon après les manifs de juillet 2014 où avait été crié ‘Mort aux Juifs’ ».

Ce tweet comprenait un lien vers un article sur Mélenchon publié sur le site d’opinion de BHL, La Règle du Jeu, rappelant la déclaration de Mélenchon le 24 août sur les manifestants anti-Israël à Paris, qui ont su « se tenir digne et incarner mieux que personne les valeurs fondatrices de la République française. » Plus de neuf synagogues avaient été attaquées en juillet de cette année-là à Paris par des manifestants pro-palestiniens, dont certains avaient utilisé des bombes incendiaires. A là synagogue de la rue de la Roquette, 150 assaillants avaient assiégé des dizaines de fidèles.

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, en 2013. (Crédit : Pierre-Selim/CC BY 3.0/WikiCommons)

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, en 2013. (Crédit : Pierre-Selim/CC BY 3.0/WikiCommons)

L’auteur de l’article, François Heilbronn, accuse Mélenchon de raviver un thème antisémite sur un sentiment présumé de suprématie juive lié à l’expression de « peuple élu » utilisée dans la Torah pour désigner les Juifs.

Heilbronn faisait référence à un extrait d’un discours prononcé le 24 août par Mélenchon, dans lequel il a dit, en parlant de la défense de la cause palestinienne, « pas la paix aux uns, la guerre aux autres. Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. »

Le CRIF a pour politique de boycotter le parti de Mélenchon, comme celui de Marine Le Pen.

« Ils traînent tous les deux dans la haine », avait déclaré Francis Kalifat, le président de CRIF, en février.