Le Hamas se prépare à incorporer 3 000 hommes de la sécurité de l’Autorité palestinienne de Cisjordanie à son dispositif militaire de Gaza, a annoncé un dirigeant du Hamas.

Il a aussi fait référence à une « clause de sécurité » d’un accord avec le Fatah, inconnue jusqu’alors, rendant criminelle la coordination sécuritaire avec Israël.

Le secrétaire général du gouvernement du Hamas à Gaza, Abdul Salam Siyam, a expliqué aux médias palestiniens que les agences de sécurité du Hamas resteront intactes jusqu’à la formation du nouveau gouvernement d’union, prévu en juin.

« Le gouvernement et le mouvement [du Hamas] à Gaza ont pris la décision stratégique d’avancer vers la réconciliation et de créer les conditions nécessaires pour sa mise en place », indique-t-il à la presse dans une déclaration dimanche.

« Dans [cet accord], il y a une clause faisant référence aux détails de la sécurité, dont certains touchant à sa doctrine, criminalisant une coopération sécuritaire [avec Israël], et des arrangements administratifs pour le retour [à Gaza] de 3 000 personnes affectées au personnel appartenant à Ramallah. La situation restera en état pendant la période d’intérim », pouvait-on lire dans la déclaration publiée par le quotidien du Hamas Felesteen.

La déclaration de réconciliation officielle d’avril n’avait fait aucune référence à une « clause de sécurité » concernant la coopération entre l’Autorité palestinienne et Israël, qui était restée étroite ces dernières années.

L’homme d’affaires indépendant palestinien, Munib al-Masri, membre délégué par l’OLP durant les pourparlers avec le Hamas, a précisé au Times of Israel qu’ « aucune référence n’avait été faite aux discussions avec Israël pendant les pourparlers. »

« Toutes les déclarations faites par les dirigeants du Hamas hormis [le chef du bureau politique] Moussa Abu Marzouk ne sont pas crédibles », explique Masri. « Ne croyez pas aux rumeurs ».

La sécurité palestinienne coordonnée avec Israël a toujours été un point de friction entre le Fatah et le Hamas avant l’accord de réconciliation ratifié par les deux parties le 23 avril.

Lundi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rencontré le leader politique du Hamas Khaled Meshaal au Qatar pour discuter des détails du gouvernement d’unité, qui devrait comprendre des technocrates politiquement non affiliés et devrait être dirigé par Abbas.

Ziad Abu Ain, membre du Conseil révolutionnaire du Fatah, a précisé au quotidien du Hamas Al-Resalah que la réunion entre les deux dirigeants – la première depuis janvier 2013 – était « critique et importante ».

« J’espère que les heures qui suivent vont apporter des changements positifs et des mesures efficaces pour mettre en place le récent accord de réconciliation », espère Abu Ain dans le quotidien de lundi matin, avant la rencontre Abbas-Meshaal.

De telles mesures étaient déjà mises en œuvre à Gaza. Le quotidien basé à Jérusalem Al-Quds rapporte que le Hamas avait permis la distribution de son journal dans la bande de Gaza depuis lundi, appliquant l’accord avec le Fatah sur la liberté de la presse.

Ihab Ghossein, porte-parole du gouvernement du Hamas, a indiqué à AlQuds qu’un certain nombre de prisonniers politiques, du Fatah semblerait-il, seraient relâchés des prisons de Gaza dans les prochains jours.

Le Fatah, pour sa part, semble moins optimiste par cette réconciliation avec le Hamas, avec aucune indication que des mesures réciproques aient été prises au sujet de la liberté de la presse en Cisjordanie ou des libérations immédiates de prisonniers du Hamas.

Ahmad Assaf, un porte-parole du Fatah, s’est emporté lundi contre « un commentaire [inconnu] négatif fait par les leaders du Hamas et ses porte-parole sur Twitter ces derniers jours », les accusant dans une interview à la radio de « perpétuer la mentalité de la division et des coups ».

Assaf fait référence à la déclaration du Hamas accusant le Fatah de céder 78 % de la Palestine historique à Israël.

« Le peuple palestinien est doté d’une mémoire forte », a déclaré le porte-parole du Fatah à Wafa News Agency.

« Ils savent exactement comment le Hamas a abandonné 99 % de la Palestine historique, acceptant d’établir leur propre émirat sur la bande de Gaza – qui comprend moins d’1 % de la Palestine historique – contre la capacité de gouverner ».