La plus haute instance judiciaire israélienne a annulé un amendement à une loi votée en décembre dernier qui avait permis l’ouverture du centre de rétention de Holot situé en plein désert du Néguev.

La Cour suprême a ordonné la fermeture de ce centre dans les 90 jours et abrogé lors d’appels présentés par des organisations de défense de droit de l’Homme, une autre disposition de la loi qui permettait l’emprisonnement d’un immigré clandestin pendant un an sans procès, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Les immigrés détenus à Holot doivent y passer la nuit et pointer trois fois par jour, ce qui les contraignaient à rester à proximité et les empêchaient de se déplacer ou de trouver le moindre travail. Ils pouvaient être détenus en permanence s’ils ne respectaient pas ce règlement.

Le ministre de l’Intérieur Gideon Saar a critiqué la décision « erronée »‘ de la Cour suprême. « Nous ne disposons plus d’outil pour lutter contre l’immigration clandestine », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Human Rights Watch (HRW) avait affirmé au début du mois qu’Israël avait contraint illégalement près de 7 000 migrants érythréens et soudanais à retourner dans leurs pays où certains d’entre eux ont été persécutés.

Selon l’ONU, l’Etat hébreu compte 53 000 réfugiés et demandeurs d’asile, la plupart entrés via l’Egypte frontalière. Parmi eux, 36 000 sont originaires d’Erythrée dont le régime est régulièrement accusé de graves violations des droits de l’Homme, tandis que 14 000 viennent du Soudan en proie à des conflits meurtriers.

« Détruire tout espoir (des migrants) de bénéficier d’une protection et proclamer ensuite qu’ils quittent volontairement Israël constitue un abus clair », ajoute l’ONG basée à New York, qui dénonce l’utilisation d’une « législation israélienne compliquée » pour décourager les demandeurs d’asile.

L’an dernier, les autorités israéliennes ont lancé une campagne de répression, expulsant 3 920 migrants illégaux tout en achevant la construction d’une clôture le long de la frontière avec l’Egypte.