Le syndicat des infirmiers en Norvège a demandé au gouvernement  d’interdire la circoncision, pour des raisons autres que médicales, en dessous de l’âge de 15 ans.

L’Organisation norvégienne des infirmiers a révélé la demande lors d’une interview avec sa directrice, Astrid Grydeland Ersvik, publiée mardi sur le site Internet de l’organisation.

« Nous devons obtenir l’acceptation d’une limite minimum d’âge de 15-16 ans pour la circoncision, pour que le garçon puisse choisir lui-même, » a indiqué Grydeland Ersvik lors d’une présentation à des responsables du ministère de la Santé, le 27 février.

Grydeland Ersvik a demandé la réunion pour discuter de nouvelles réglementations sur la circoncision que le ministère de la santé devrait révéler avant l’été.

Dans une interview au quotidien Atenposten, le ministre de la Santé, Bent Hoie a indiqué que sa proposition de loi exigerait que la circoncision ait lieu dans les hôpitaux mais il n’a cependant pas l’intention de l’interdire.

Lors de son interview, Grydeland Ersvik explique que malgré le fait que « les juifs sont une minorité en Norvège, il leur a été permis d’influencer le débat sur la question. »

Elle a comparé la circoncision rituelle des garçons à la mutilation génitale des filles, pratique interdite en Norvège.

« Si nous avons une loi qui légalise la pratique sur les garçons mais qui l’interdit pour les filles, alors c’est discriminant, » affirme-t-elle.

Les organisations juives ont rejeté l’analogie, et argumenté que la circoncision ne mutile pas les garçons et les aide à se protéger contre certaines maladies.

En octobre, les membres de l’assemblée du Conseil européen ont adopté une résolution contre la circoncision non-médicale des garçons, qui la décrit comme « une violation de l’intégrité physique des enfants. »

Le même mois, les conseillers du gouvernement sur le bien-être des enfants, en Norvège, au Danemark, en Suède, en Finlande et en Islande ont passé une résolution commune en faveur de l’interdiction de la circoncision rituelle des mineurs.

La médiatrice de l’enfance du gouvernement, Anne Lindboe, fait partie des dirigeants norvégiens qui combattent la circoncision.

En novembre, elle affirmait que les juifs et musulmans ne pratiqueraient pas la circoncision s’ils étaient informés des risques.

En 2012, elle avait proposé qu’ils pratiquent un rituel symbolique plutôt que la circoncision.

Selon Hoie, quelque 2 000 circoncisions rituelles sont pratiquées tous les ans en Norvège. Seulement 10 sont juives, selon Grydeland Ersvik.